Les fruits à coques= quand les introduire chez le nourrisson? Allergie? Pas allergie?

Que sont les fruits à coques (FAC)?

Un fruit à coque (tree nut en anglais) est un fruit sec issu d’un arbre dont la graine comestible est enfermée dans une coque dure.

On y retrouve : l’amande, la noisette, la noix de Grenoble, la noix de pécan, la noix de macadamia, la noix du Brésil, la noix de cajou, la pistache 

Les aliments suivants ne sont pas des FAC : l’arachide (il s’agit d’une légumineuse = légume sec poussant sur une plante basse, avec ici comme graine la cacahuète), la noix de coco, la châtaigne, la noix de muscade, le sésame et le pignon de pin. 

Les FAC sont de plus en plus con sommés en raison de leurs bienfaits nutritionnels allégués et de leur intégration dans l’alimentation parfois inspirée des cuisines du monde. On les retrouve ainsi dans les apéritifs (ex. : pistaches grillées), les sauces (ex. : noix de cajou dans le pesto), les compotes (ex. : aman de), les pâtes à tartiner (sous forme crue ou cuite, ex. : noisette), les gâteaux et biscuits (ex. : amande dans les macarons, financiers ; noisettes dans les biscuits ou les chocolats, amande, pistache, noix dans les pâtisseries orientales ; noix et noix de pécan dans les brownies), les glaces (ex. : noisette, pistache, noix de pécan et de macadamia), etc. 

 

L’introduction des fruits à coque est recommandée entre 4 et 6 mois

L’allergie aux fruits à coque est l’une des allergies alimentaires les plus fréquentes chez l’enfant. Le diagnostic est en général simple, et la recherche de réactivités croisées est indispensable. La prise en charge comprend l’éviction allergénique, le port de la trousse d’urgence et, dans certains cas, l’immunothérapie orale.

En France, l’allergie aux fruits à coques serait d’environ 1 % en population globale et de 0,5 % chez les enfants de moins de 5,5 ans (étude Elfe). Cette allergie persiste généralement à l’âge adulte, le potentiel de guérison spontanée étant faible (10-15 %).

Allergies possibles?

La prévalence des allergies aux FAC est variable selon les régions géographiques. En France, elle concerne environ 1 % de la population globale et 0,5 % des enfants avant l’âge de 5,5 ans (cohorte ELFE).

La noisette, la noix de cajou, la pistache et la noix (de Grenoble) sont les principaux allergènes motivant des consultations.

L’évolution de ces allergies est variable mais on rapporte un taux de guérison spontanée de l’ordre de 10%, surtout avant l’âge adulte.

Peut-il y avoir des allergies croisées?

Les fruits à coque présentent des réactivités croisées entre eux, avec un risque plus important pour les duos noix de cajou et pistache, noix de Grenoble et noix de pécan. Si la sensibilisation à l’amande est fréquente, l’allergie (réactivité clinique) est rare. Des allergies associées à celles des fruits à coque sont possibles : allergie à l’arachide et au sésame par exemple.

Pour les patients polliniques (bouleau), dont la réactivité à un fruit à coque (amande, noisette, noix de Grenoble) s’intègre dans un syndrome d’allergie pollens-aliments, d’autres aliments partageant la protéine PR10 commune sont susceptibles d’être gênants sous forme crue : pomme, poire, pêche, cerise, céleri, carotte, arachide, soja. Cela se manifeste cliniquement par le syndrome oral, avec un prurit oropharyngé, et parfois un léger œdème des lèvres, dans les minutes suivant l’ingestion.

En attendant l’expertise d’un allergologue, on conseille d’éviter la consommation de ceux phylogénétiquement proches (si réaction à la noix de cajou : éviter la pistache, si réaction à la noix de Grenoble : éviter la noix de pécan), même en cas de prises antérieures tolérées. 

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Quelle prévention et quid du régime d’éviction et des traces ?

L’éviction du ou des allergènes identifiés est impérative. L’enfant et la famille sont formés à les identifier dans la liste des ingrédients. La législation européenne oblige les industriels (produits emballés) et les métiers de bouche (menus) à indiquer de façon évidente la présence des fruits à coque dans la composition des plats, comme d’autres allergènes à déclaration obligatoire (14 au total).

Un point essentiel est de rassurer en ce qui concerne l’existence des mentions « traces de », « peut contenir », « fabriqué dans un atelier utilisant… ». Il s’agit d’un étiquetage de précaution fourni par les industriels agroalimentaires, qui ne doit pas conduire le sujet allergique à exclure le produit concerné.

Un groupe de travail de la Société française d’allergologie, composé de diététiciennes spécialisées en allergie alimentaire, propose des fiches pratiques librement accessibles sur le site allergodiet.org (modalités d’éviction, pièges). 

Trousse d’urgence au cas où

L’enfant doit  disposer d’une trousse d’urgence avec un antihistaminique oral à prendre en cas de réaction modérée. Si la réaction est grave (anaphylaxie), l’adrénaline en intra musculaire est indiquée en première intention.

Les corticoïdes ne sont pas indiqués.

La trousse doit aussi contenir du salbutamol et une chambre d’inhalation en cas d’antécédent de crise d’asthme.

En collectivité d’enfants, un projet d’accueil individualisé (PAI) est mis en place. Les modalités de repas (éviction simple de l’allergène, le plus souvent dans le cadre de l’allergie aux fruits à coque) y sont précisées, avec une vigilance pour les goûters.

Quand et comment introduire les fruits à coque chez le nourrisson ?

L’introduction des fruits à coque est recommandée entre 4 et 6 mois chez tous les nourrissons (atopiques ou non) avec une texture adaptée à l’oralité. Un bilan allergologique préalable peut se justifier selon les cas, notamment si terrain atopique marqué et/ou suivi pour allergie alimentaire (lait de vache, œuf). Il existe de nombreuses fiches conseils à disposition sur le site https://allergodiet.org pour aider les parents.

Les recommandations actuelles préconisent une introduction entre les âges de 4 et 6 mois révolus chez tous les nourrissons, y compris atopiques. Une évaluation allergologique préalable peut être parfois proposée, notamment si médecins et/ou familles sont réticents à l’introduction du fait d’antécédents allergiques sé vères. Les études LEAP et EAT ont démontré qu’une introduction précoce et régulière, au minimum 2 g de pro téines d’allergène par semaine, réduit significativement le risque d’allergie, notamment en cas d’eczéma modéré. En pratique, l’équivalent d’une petite cuillère à café de pâte de FAC (2 g) consommée 4-5 fois par semaine, ou 1 cuillère à café rase (5 g) 2 fois par se maine, voire 1 cuillère à café bombée (10 g) 1 fois par se maine, est recommandé. 

On peut également conseiller la consommation de poudre de FAC mélangée aux plats ou desserts, de compote de pomme-amande, de gâteaux aux FAC, de desserts végétaux au jus d’amande, ou encore de yaourts ou glaces à la pistache. Malgré ces données, les enquêtes françaises révèlent une connaissance insuffisante de ces recommandations chez les médecins et un retard persistant à l’introduction chez les familles. 

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