L’introduction des fruits à coque est recommandée entre 4 et 6 mois
L’allergie aux fruits à coque est l’une des allergies alimentaires les plus fréquentes chez l’enfant. Le diagnostic est en général simple, et la recherche de réactivités croisées est indispensable. La prise en charge comprend l’éviction allergénique, le port de la trousse d’urgence et, dans certains cas, l’immunothérapie orale.
En France, l’allergie aux fruits à coques serait d’environ 1 % en population globale et de 0,5 % chez les enfants de moins de 5,5 ans (étude Elfe). Cette allergie persiste généralement à l’âge adulte, le potentiel de guérison spontanée étant faible (10-15 %).
C’est quoi les fruits à coque?
Les principaux fruits à coque sont la noix de cajou, la pistache, la noisette, la noix de Grenoble, la noix de pécan, la noix de macadamia et l’amande.
Attention, l’arachide est souvent considérée à tort comme un fruit à coque (c’est en réalité une légumineuse), de même que la noix de coco, la noix de muscade ou la châtaigne.
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Peut-il y avoir des allergies croisées?
Les fruits à coque présentent des réactivités croisées entre eux, avec un risque plus important pour les duos noix de cajou et pistache, noix de Grenoble et noix de pécan. Si la sensibilisation à l’amande est fréquente, l’allergie (réactivité clinique) est rare. Des allergies associées à celles des fruits à coque sont possibles : allergie à l’arachide et au sésame par exemple.
Pour les patients polliniques (bouleau), dont la réactivité à un fruit à coque (amande, noisette, noix de Grenoble) s’intègre dans un syndrome d’allergie pollens-aliments, d’autres aliments partageant la protéine PR10 commune sont susceptibles d’être gênants sous forme crue : pomme, poire, pêche, cerise, céleri, carotte, arachide, soja. Cela se manifeste cliniquement par le syndrome oral, avec un prurit oropharyngé, et parfois un léger œdème des lèvres, dans les minutes suivant l’ingestion.
Quelle prévention et quid du régime d’éviction et des traces ?
L’éviction du ou des allergènes identifiés est impérative. L’enfant et la famille sont formés à les identifier dans la liste des ingrédients. La législation européenne oblige les industriels (produits emballés) et les métiers de bouche (menus) à indiquer de façon évidente la présence des fruits à coque dans la composition des plats, comme d’autres allergènes à déclaration obligatoire (14 au total).
Un point essentiel est de rassurer en ce qui concerne l’existence des mentions « traces de », « peut contenir », « fabriqué dans un atelier utilisant… ». Il s’agit d’un étiquetage de précaution fourni par les industriels agroalimentaires, qui ne doit pas conduire le sujet allergique à exclure le produit concerné.
Trousse d’urgence au cas où
L’enfant doit disposer d’une trousse d’urgence avec un antihistaminique oral à prendre en cas de réaction modérée. Si la réaction est grave (anaphylaxie), l’adrénaline en intra musculaire est indiquée en première intention.
Les corticoïdes ne sont pas indiqués.
La trousse doit aussi contenir du salbutamol et une chambre d’inhalation en cas d’antécédent de crise d’asthme.
En collectivité d’enfants, un projet d’accueil individualisé (PAI) est mis en place. Les modalités de repas (éviction simple de l’allergène, le plus souvent dans le cadre de l’allergie aux fruits à coque) y sont précisées, avec une vigilance pour les goûters.
Quand et comment introduire les fruits à coque chez le nourrisson ?
L’introduction des fruits à coque est recommandée entre 4 et 6 mois chez tous les nourrissons (atopiques ou non) avec une texture adaptée à l’oralité. Un bilan allergologique préalable peut se justifier selon les cas, notamment si terrain atopique marqué et/ou suivi pour allergie alimentaire (lait de vache, œuf). Il existe de nombreuses fiches conseils à disposition sur le site https://allergodiet.org pour aider les parents.
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