Œil rouge : quand est-ce une urgence ?
La rougeur oculaire constitue un motif fréquent de consultation en pédiatrie et en ophtalmologie pédiatrique. La majorité des causes sont bénignes, dominées par les conjonctivites infectieuses ou allergiques. Cette fréquence expose cependant au risque de banalisation du symptôme, à surveiller donc et faire le point avec le médecin.
L’enjeu principal est de reconnaître les atteintes de la cornée ou intra-oculaires, qui représentent les véritables urgences ophtalmologiques en raison du risque de séquelles visuelles.
Quatre signes d’alerte majeurs doivent être systématiquement recherchés :
– une douleur oculaire vraie (à différencier d’une simple gêne) ;
– une photophobie ;
– une baisse d’acuité visuelle ;
– et une anomalie de transparence cornéenne.
En l’absence de ces signes, l’atteinte est le plus souvent conjonctivale et bénigne. En présence d’au moins un critère, une atteinte cornéenne ou intra-oculaire doit être suspectée et justifie un avis ophtalmologique rapide.
Le plus souvent banal
Le plus souvent, l’écoulement d’un oeil ou des deux yeux est banal, d’origine infectieuse ou allergique.
Mais rarement, il peut être le signe annonciateur d’un cause et grave comme le glaucome congénital. Celui peut être présent dès la naissance ou n’apparaître que plus tard.
.
.
La conjonctivite du nouveau-né
Le diagnostic est facile : l’œil ou les yeux sont « sales », présentant des sécrétions. La transmission se fait par voie materno-fœtale pendant l’accouchement par voie basse.
Rarement, le médecin demandera un frottis selon les antécédents médicaux de la maman (staphylocoque, herpès, gonocoque, chlamydiae).
En cas de conjonctivite du nouveau- né, un traitement antibiotique curatif en collyre est obligatoire, pendant 3 à 5 j.
Un traitement antibiotique par voie générale (sirop) est requis en cas d’infection prouvée par prélèvements. Votre pédiatre vous dira.
Larmoiement par mauvais drainage des larmes
Le larmoiement peut être dû à une hypo-excrétion du fait d’un obstacle ou d’une sténose des voies lacrymales (bouchées), les fameux canicules au niveau de l’angle interne de l’oeil (contre le nez). Il faudra masser avec un collyre (le médecin vous montrera).
Dans les deux tiers des cas, ca disparait avant l’âge de 1 an. Au delà très rarement, il faudra alors faire un « sondage » avec une petite sonde. Mais il est exceptionnel d’avoir à le faire avant l’âge de 1 an. Elle se fera obligatoirement sous anesthésie générale, pour permettre à l’ophtalmologiste de bien explorer l’ensemble des conduits lacrymaux.
Et la dacryocystite, c’est quoi?
Une dacryocystocèle correspond à une dilatation du sac lacrymal (angle interne de l’oeil, vers la narine) dans lequel stagne un mucus dense, avec souvent imperforation de la valve inférieure de la voie lacrymale. On observe une tuméfaction bleutée en bas et en dedans du canthus (angle) interne de l’œil. La guérison est spontanée dans 80 % des cas, sans traitement. Avec simples massages.
Elle s’observe surtout pendant les 3 premiers mois de la vie d’un nouveau-né.
Très rarement, une surinfection peut se voir, alors un traitement antibiotique par voie générale sera institué.
La dacryocystite est habituellement bénigne mais les nourrissons sont plus vulnérables à une infection bactérienne grave. Le diagnostic en est clinique ; la tuméfaction rouge, chaude, douloureuse du sac et du canal lacrymal s’accompagne d’un œdème palpébral inférieur et de larmoiement.
Les nourrissons risquent une cellulite orbitaire ou périorbitaire, une méningite et une septicémie mais l’importance du danger est mal connue. De fait, des prélèvements bactériologiques, une évacuation de l’abcès et une antibiothérapie s’imposent.
Et chez l’enfant plus grand, une allergie?
Le diagnostic en est alors facile, cela dépend aussi de la saison. L’écoulement sera clair, bilatéral. Avec parfois de la toux, les yeux rouges. Un traitement anti-histaminique sera alors instauré.
Un bilan allergologique sera programmé si cela récidive ou devient handicapant.
Apprenez à votre enfant à se rincer souvent les yeux, MAIS SURTOUT les cils et les sourcils: les allergènes s’y déposent, et en se frottant les yeux, l’enfant va les disséminer et aggraver les symptômes.
Ca peut être autre chose?
- Très rarement il peut y avoir une paralysie d’un nerf trijumeau qui va donner une atteinte de la conjonctive et de la cornée récurrente.
- un entropion inférieur: il s’agit d’un cil recourbé vers l’intérieur qui frotte sur la conjonctive
- un glaucome congénital: grave, mais rare, moins de 100 diagnostiqués par an en France. Il y a souvent une anomalie interne de l’oeil (la partie antérieur surtout): cu coup du liquide s’accumule, ce qui augmente la pression interne du globe oculaire. Une asymétrie de taille des yeux ou un aspect particulier (une opacité) alertera le médecin qui demandera un examen approfondi.
En savoir davantage ICI













