Syndrome des jambes sans repos : L’adénosine, le maillon faible ?

credit @sirimaderes

Une personne sur 10 ?

Une personne sur 10 connaîtra dans sa vie cette envie de bouger, souvent en conjonction avec des sensations désagréables, généralement dans les jambes. Cependant le syndrome des jambes sans repos reste une condition mal comprise. L’adénosine est-elle le chaînon manquant dans le processus qui conduit au syndrome des jambes sans repos ? Ces chercheurs du National Institute on Drug Abuse (NIDA/NIH) identifient un mécanisme commun impliquant l’adénosine dans l’apparition des symptômes du syndrome des jambes sans repos. Des données présentées dans le Journal of Caffeine and Adenosine Research qui suggèrent que le ciblage de la régulation négative du récepteur A1 de l’adénosine (A1R) pourrait constituer une stratégie thérapeutique prometteuse.

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Des mécanismes physiopathologiques intriqués

La pathologie de ce syndrome repose sur plusieurs mécanismes. Le métabolisme du fer joue un rôle central, avec une diminution paradoxale du fer intracérébral malgré des indices martiaux sanguins souvent normaux. Cette anomalie résulte principalement d’une dysfonction de la barrière hémato-encéphalique et d’une altération des protéines de transport du fer. Les études d’imagerie par résonance magnétique et les analyses de liquide céphalorachidien confirment ce déficit cérébral en fer, particulièrement dans les régions du striatum.

Une prédisposition génétique est fréquemment observée, avec un mode de transmission autosomique dominant dans la plupart des cas familiaux. Les études d’association pangénomique ont identifié 164 loci de susceptibilité, dont les gènes MEIS1 et BTBD9, ce dernier étant impliqué dans l’homéostasie du fer. L’héritabilité du syndrome est estimée à environ 20 %. Par ailleurs, le système dopaminergique présente une activité accrue dans le cerveau des patients atteints, notamment au niveau du striatum. Des études en tomographie par émission de positons ont démontré une augmentation de l’activité dopaminergique présynaptique. Enfin, un déficit en opioïdes endogènes, particulièrement en bêta-endorphine, a été récemment été mis en évidence dans le liquide céphalorachidien des patients symptomatiques.

Syndrome des jambes sans repos (SJSR), c’est quoi?

Dans le syndrome des jambes sans repos, le repos et l’inactivité déclenchent les symptômes, le mouvement les apaise temporairement.

Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) est aussi appelé la maladie de Willis-Ekbom» ou «paresthésie agitante nocturne des membres inférieurs».

Le SJSR est un trouble sensimoteur caractérisé par une envie irrésistible de bouger les jambes, et, dans certains cas, d’autres parties du corps, par exemple les bras. Cette envie s’accompagne habituellement de troubles sensoriels variant de l’inconfort à la douleur au niveau des régions touchées.

Les symptômes du SJSR se manifestent habituellement pendant les périodes de repos ou d’inactivité, et ils sont soulagés ou supprimés par le mouvement. Le SJRS suit habituellement un rythme circadien, les symptômes s’intensifiant en soirée et au cours de la nuit. Les symptômes peuvent être légers ou sévères, et se manifester de manière intermittente ou quotidienne. dans les cas les plus sévères, les symptômes peuvent entraîner des perturbations marquées de la qualité du sommeil ou de la vie de tous les jours.

La condition est chronique et peut s’aggraver progressivement, avec des effets durables sur la santé mentale et physique des patients. Les personnes atteintes du syndrome des jambes sans repos ont une durée de sommeil et une qualité de vie réduite ainsi qu’un risque accru de dépression, de troubles anxieux, d’hypertension et, dans certains cas de maladies cardiovasculaires. Malgré une prévalence d’environ 10% chez les personnes âgées, la physiopathologie du syndrome des jambes sans repos reste mal comprise. Probablement plus d’un mécanisme pathogénique est en cause et les chercheurs ont longtemps recherché un lien biochimique qui pourrait servir de nouvelle cible thérapeutique. Une combinaison de résultats précliniques et cliniques a ainsi suggéré que la déficience en fer dans le cerveau est un facteur précoce de la physiopathologie du syndrome des jambes sans repos.

Les causes du SJSR ? 

Le syndrome SJSR primaire aura une cause plutôt génétique. On croit que c’est trouble du système nerveux central (SNC). Il n’est pas causé par des troubles psychiatriques ni par le stress, mais peut contribuer ou être exacerbé par ces conditions. On rapporte également une fréquence élevée de cas familiaux de SJSR, ce qui concorde avec l’origine génétique, mais complexe.

Mais comme on le voit là, d’autres pistes, chimiques, sont possibles.

Niveaux trop bas?

Des niveaux d’adénosine extracellulaires trop à la baisse : Ici, l’équipe du NIDA identifie, chez le rat, un mécanisme commun impliquant l’adénosine dans le développement du syndrome : sur la base de cette précédente hypothèse de déficience cérébrale en fer, les chercheurs ont émis en effet l’hypothèse qu’un état hypo-adénosinergique lié à une régulation à la baisse du récepteur d’adénosine « A1R » pourrait être principalement responsable des états hyperglutamatergique et hyperdopaminergique du syndrome des jambes sans repos. Ces états déterminent en effet les symptômes sensorimoteurs du syndrome ainsi que sa composante d’hyper-excitation. Les chercheurs concluent que la régulation à la baisse de A1R constitue le lien « pathogénétique » commun longtemps recherché entre les mécanismes cérébraux et les symptômes sensorimoteurs et d’excitation du syndrome des jambes sans repos.

Ces données suggèrent que des médicaments permettant d’augmenter les taux d’adénosine extra-cellulaires, dans le cerveau, pourraient fournir une nouvelle approche thérapeutique pour ce syndrome. A suivre, donc.

En savoir davantage ICI

Le syndrome des jambes sans repos est une affection neurologique fréquente caractérisée par des sensations désagréables et un besoin impérieux de bouger les jambes, symptômes souvent désignés par le terme « impatiences ». Cette pathologie touche environ 3 % de la population adulte et prédomine chez les femmes, les individus d’ascendance nord-européenne et ceux présentant une carence martiale. Elle entraîne une altération significative de la qualité de vie, s’accompagnant de troubles de l’humeur, d’anxiété et de manifestations cardiovasculaires. Cette revue générale s’appuie sur les articles de langue anglaise publiés entre janvier 2010 et août 2025. 

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