Dois-je installer un capteur pour surveiller mon bébé?

Des électrodes ont été placées pour surveiller mon bébé pendant le séjour à la maternité. Et ensuite?

 

Peut-être a-t-il fallu dans les heures suivant la naissance de votre bébé, le mettre sous surveillance. Les raisons sont diverses :

  • Il est né prématurément ou hypotrophe
  • Il a fait quelques régurgitations qui ont provoqué un petit malaise qui l’a fait devenir un peu pâlot, vous avez eu l’impression qu’il s’arrêtait de respirer
  • Il a eu de petits problèmes au « démarrage » comme on dit dans notre jargon. Par exemple, il a fallu l’aider par une ventouse à la naissance ou par un forceps et au début cela a provoqué une petite détresse respiratoire qui a progressivement disparu (des petits râles lorsqu’il respire)
  • Ou bien il a eu du mal à démarrer sa respiration et son cœur dans les premières minutes de vie (vous avez dû subir une césarienne en urgence, car il avait peut-être le cordon autour du cou, c’est très rare, mais il faut agir vite). Et ensuite, tout est rentré dans l’ordre.

 

Il a eu besoin d’une surveillance à la maternité ?

L’équipe pédiatrique aura contrôlé sa respiration et sa fréquence cardiaque pendant quelques heures ou peut-être 2 ou 3 jours. Cela se fait avec des petites électrodes autocollantes sur le thorax de votre bébé pour vérifier ses constantes ou par un petit capteur à infra rouge enroulé autour de son pied (pour surveiller la teneur en oxygène de son sang, ce qu’on appelle la saturation en O2).

 

Et désormais, il va mieux :

Une fois que son état général s’est amélioré, le pédiatre décidera qu’il n’est plus nécessaire de le surveiller avec ces appareils. C’est souvent une étape qui angoisse les parents, car ils se disent : « il risque de s’arrêter de respirer et je ne m’en rendrai pas compte ». On appelle cela « le stress du sevrage de la machine ». L’équipe soignante prendra le temps de vous rassurer.

 

Et une fois à la maison ?

Il est souvent proposé dans les magasins de puériculture des appareils détecteurs d’apnées du nouveau-né. Et si vous allez sur le web et que vous tapez « détecteur d’apnée pour mon bébé » , les sites marchands vont vous culpabiliser en affichant des messages très anxiogènes du type « Éviter la mort subite du nourrisson avec telle marque » ou « Mort subite du nourrisson : un bébé sauvé grâce à un tapis détecteur, etc. ».

Vous vous sentirez quasi obligés d’acheter et d’installer chez vous un appareil anxiogène.

Anxiogène pourquoi ?

Parce qu’il lui arrivera fréquemment de sonner inutilement, la technologie a ses limites, nous le savons bien nous médecins hospitaliers avec nos propres appareils pourtant très performants.

De plus que ferez-vous si un jour vous allez chez des amis et que vous l’avez oublié ?

Mais quand arrêter ces appareils ?

Malgré les conseils du médecin, certains parents poursuivent cette surveillance trop longtemps et inutilement. Il y a une étape des premières semaines à passer, pendant laquelle des signes objectifs et favorables permettront au praticien de décider de ne plus utiliser de capteurs: absence de pause respiratoire, bonne prise de poids, alimentation sereine, sommeil régulier.

Un conseil :

Évitez ce genre d’appareil à la maison, sauf si le pédiatre vous y a incité, en cas de prématurité et d’épisodes de pauses respiratoires avérés. Ou en cas de régurgitations importantes pour lesquelles un malaise vagal et déjà arrivé (bébé qui devient un peu tout bleu quelques instants avant de reprendre des couleurs).

Pour accédez à la suite de l’article dans mon livre Dr Pfersdorff, pédiatre « Premier bébé Mode d’emploi » publié aux éditions Hachette Famille 2017 dans toutes les librairies en France, Canada, Belgique, Suisse, Luxembourg et sur Amazon, Fnac , etc.

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