Le tabagisme passif chez l’enfant: oui le risque est majeur, et aller fumer sur le balcon ne suffit pas !

Tout le monde le sait, le tabac est nocif et afficher des photos de lésions cancéreuses sur les paquets ne semble pas servir à grand-chose, le fumeur a besoin de sa clope, point barre.

Et pendant ce temps-là, les enfants vont subir. Les études fleurissent depuis 1976, et plus personne ne met en doute les effets délétères sur l’organisme, en particulier pour les enfants qui n’ont rien demandé.

On parle d’Inhalation Passive de fumée de tabac (IPFT), on aime bien les acronymes.  Ça fait plus mieux.

On dose la nicotine dans les cheveux, le sang, les urines de bébé

On peut désormais doser des marqueurs biologiques qui permettent de s’assurer que tel ou tel enfant subit bien ce tabagisme passif, car il peut arriver à certains parents…de ne pas vouloir le reconnaître. On dose dans les urines, le sang, les cheveux le taux de nicotine, ce qui permet d’évaluer le taux d’exposition.

Qui fume devant ses enfants?

Des études récentes en Angleterre, en Allemagne, montrent que les bébés les plus exposés le sont dans les classes sociales dites les moins favorisées et lorsque certaines déficiences parentales apparaissent.

D’un pays à l’autre.

Les habitudes ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre, par exemple des études estiment qu’en Grande-Bretagne 40% des enfants sont soumis à un tabagisme passif.

Un enfant sur 6 en Iran, qui exposé au Hookah (narguilé).

En Allemagne, le taux d’exposition des enfants de moins de 6 ans est de 7%.

En France on est à mi chemin.

Quels sont les dangers?

  1. On connait les effets délétères pendant la grossesse, avec les risques de prématurité, d’hypotrophie (petit poids), de cardiopathies, de morts foetales, de malformations de type spina-bifida (moelle pas fermée), de cerveau de petite taille, de mauvais développement des bronches et de l’appareil pulmonaire.
  2. Mais hélas, il y a chez le nouveau-né le risque de mort subite qui est facilement multiplié par deux, voire par trois.
  3. L’asthme: les enfants dont les mamans ont fumé pendant la grossesse ont un risque plus élevé de développer un asthme ou des toux de type wheezing. Il en va de même pour le tabagisme passif.
  4. Allergies: Un tel enfant exposé fera davantage de rhinites allergiques, de dermatites atomiques (eczéma), d’asthme allergique.
  5. Le risque de développer des infections, en particulier au niveau de la sphère ORL (otites, rhino-pharyngites), mais aussi les bronchioles.
  6. les coliques du nourrisson: le tabagisme passif y joue hélas aussi son rôle.
  7. Sans oublier le risque pour l’enfant de développer plus tard un cancer de type rétinoblastome (cancer de la rétine).

Quels sont les mécanismes d’action de ce tabagisme passif chez l’enfant?

Les composants du tabac vont provoquer des inflammations de la muqueuse de ses voies respiratoires, mais aussi nasales. Ainsi qu’une atteinte de la constitution des bronches (augmentation de leur perméabilité).

D’autres mécanismes agissent désormais bien connus en particulier chimiques et biologiques: hyperproduction de mucus, diminution de l’activité des cils vibratiles le long des bronches, diminution de l’activité des cellules luttant contre les infections (macrophages alvéolaires, polynucléaires).

Mais docteur, je fume sur le balcon !

Soyons honnêtes, toutes les cigarettes sont-elles vraiment fumées sur le balcon? Et jamais dans l’appartement? Et en hiver quand il fait -10°?

On sait très bien que non.

Tout l’intérieur du logement va s’imprégner des nombreuses molécules du tabac: rideaux, canapés, literie, tapis. Or un enfant commence par mettre son nez dans le canapé , surtout lorsqu’il cherche à se redresser et à vouloir se mettre debout. 

Sans compter les vêtements. Quand un fumeur prend son bébé dans ses bras, son visage (donc son nez, sa bouche) va s’enfouir dans les vêtements imprégnés, ce qui augmente encore le tabagisme passif.

Il y a donc deux types de tabagisme passif : 

  1. la combustion directe, avec le courant de celle-ci lorsqu’elle entre dans les bronches (ou la bouche et le nez) du fumeur: c’est ce qu’on appelle le courant primaire.
  2. Puis il y a le courant secondaire et le courant tertiaire provenant de la fumée exhalée par le fumeur et qui vont aller dans les narines, la bouche et les bronches du voisin (le fumeur passif, l’enfant donc). Il est bon de savoir que ce courant secondaire et tertiaire est plus riche en oxyde de carbone, en composés toxiques et en agents cancérigènes que le courant primaire. Dont acte !
  3. et le contact direct du massif facial de bébé avec les vêtements du fumeur.

Fumer sur le balcon, oui, mais toujours, toujours, toujours, pour chaque cigarette.

Aucune à l’intérieur. Et fumer devant la fenêtre ouverte ne sert à rien, car tout rentre dans la maison.

Enfin, pour les adeptes qui ne savent se retenir de fumer alors que bébé bien d’arriver, il est conseiller de mettre des vêtements dédiés à la « clope » et en changer tout de suite une fois la cigarette fumée.

Mais qui le fera? Ça demande une certaine énergie et de l’organisation.

Pourquoi ne pas profiter de l’arrivée de bébé pour arrêter de fumer? Que des avantages et pour tout le monde!

Vaste sujet, pas simple, nous en sommes tous conscients.

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