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Myopie : qu’est-ce que c’est ?
La myopie n’a plus rien à voir avec celle d’il y a trente ans, lorsque l’on se contentait de prescrire une paire de lunettes et de laisser évoluer la situation. Aujourd’hui, du fait d’un déclenchement plus précoce et d’une évolution plus rapide, elle est encore plus susceptible d’entraîner des complications sévères et potentiellement cécitantes. En effet, les enfants deviennent myopes de plus en plus tôt, ce qui les expose à un degré de myopie plus élevé et à des complications susceptibles d’apparaître vingt à trente ans après le début du trouble. Il est donc essentiel que les enfants bénéficient d’un bilan ophtalmologique précoce, avec une attention particulière portée aux stratégies de freination, afin de prévenir les complications à long terme qui peuvent altérer leur vision et leur qualité de vie
La myopie n’est pas une maladie, mais un trouble de la vision qui se caractérise par une vision nette de près, mais une vision floue de loin. Affectant environ un tiers des adultes en Europe et en Amérique du Nord, la myopie est le défaut visuel le plus répandu, et sa prévalence ne cesse d’augmenter.
La myopie ne constitue pas seulement une pathologie réfractive, mais elle est aussi source de complications rétiniennes, et cause de cécité.
Elle apparaît généralement à l’âge scolaire (dans l’enfance ou l’adolescence) et elle évolue jusqu’au début de l’âge adulte, où elle a tendance à se stabiliser. Certaines myopies fortes, appelées myopies « maladies », évoluent malheureusement toute la vie.
Il existe différents niveaux de myopie variant d’un sujet à un autre qui se traduisent par une pénalisation visuelle plus ou moins importante. Les myopes « légers » ne sont pas obligés de corriger leur myopie en permanence, mais seulement dans des situations à risques ou nécessaires comme conduire, aller au cinéma, etc. D’autres auront une vision très détériorée, même de près.
En ophtalmologie, la gravité des anomalies de la réfraction (dont fait partie la myopie) est mesurée en dioptries. Par convention, le degré de myopie est décrit avec un signe « moins », allant par exemple de -0,25 à -2,50 dioptries pour les myopies légères, – 2,75 à -6 dioptries pour les myopies moyennes, -6 dioptries et au-delà pour les myopies fortes.
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De plus en plus de jeunes touchés
En Europe, près d’un jeune sur deux âgé de 25 à 29 ans environ.
Ce sont des données récentes, probablement à mettre en lien avec la généralisation des études supérieures. Hé oui. Passer beaucoup de temps à lire, de trop près souvent, les écrans aussi, est l’explication que les scientifiques retiennent. Faute de mieux.
Les caractères génétiques familiaux naturellement aussi. Si c’est le cas, penser à faire contrôler votre nourrisson à 1 an au plus tard.
2026 : vers une nouvelle ère dans la freination de la myopie
Le développement et la progression de la myopie chez l’enfant sont influencés par plusieurs facteurs, notamment l’intensité et la durée de la scolarité, l’intensité des activités en vision de près et le temps quotidien passé à la lumière naturelle .
L’hérédité est également décisive, le risque de myopie est ainsi multiplié par deux lorsqu’un seul parent est myope et par trois à huit lorsque les deux parents le sont.
Une fois installée, la myopie, et plus encore la myopie forte, augmente significativement le risque de développer des complications telles que la cataracte, le glaucome, le décollement de rétine ou encore la maculopathie myopique, pouvant conduire à une perte de vision irréversible, voire à la cécité.
Au-delà de l’impact individuel, la myopie non corrigée représente également un enjeu sociétal majeur : la perte de productivité mondiale qui lui est attribuée est estimée à 244 milliards de dollars par an, illustrant l’ampleur de son fardeau économique.
« Aujourd’hui, l’enjeu majeur est de dépister les jeunes myopes le plus tôt possible, afin de freiner la progression de leur myopie, c’est-à-dire l’allongement de leur œil, responsable des complications évoquées précédemment »
Que faire en préventif?
- Donc il faut penser à préserver ses yeux. Les écrans pas trop et jamais d’écrans avant l’âge de 3 ans, même la télévision !
- Ne pas mettre l’intensité du rétro éclairage trop fort par commodité, sinon gare, apprenez à votre enfant ou adolescent et expliquez lui pourquoi. Car la rétine peut aussi prendre un coup et plus tard gare aux décollements, aux hémorragies rétiniennes, à la DMLA (la dégénérescence maculaire liée à l’âge qui apparait de plus en plus tôt…).
- Et bien entendu faire un dépistage précoce, votre pédiatre adressera votre enfant chez un ophtalmologue ou un orthoptiste en cas de doute.
- Les mesures environnementales sont maintenant bien connues ; elles ont l’avantage de s’adresser à tous mais ne sont pas toujours simples à mettre en pratique. L’épidémie de Covid a fait la preuve de ce qu’il ne fallait pas faire ! Le peu d’exposition à la lumière extérieure et l’augmentation du temps passé sur les écrans a augmenté la myopie et sa progression.
- Chez les enfants, il faut augmenter les activités extérieures, améliorer l’ensoleillement des classes, l’exposition à la lumière du jour (mais avec une protection solaire), respecter une distance de lecture d’au moins 30 cm, réduire le travail sur écran, favoriser le « coucher tôt », du fait des interactions myopie/mélatonine.
Des verres correcteurs efficaces
L’orthokératologie a l’intérêt de libérer le myope (jusqu’à –6D) du port de lunettes ou de lentilles dans la journée. Le port nocturne quotidien de lentilles semi-rigides permet d’aplatir la partie centrale de la cornée et d’épaissir la périphérie. Le risque d’infections ou de mauvaise oxygénation de la cornée est relatif. Cette méthode est prometteuse, mais il est difficile de mener des essais randomisés
Il existe quatre types de verres correcteurs défocalisants sur le marché en France. Ils créent une défocalisation non hypermétropique en moyenne périphérie tout en gardant une correction myopique optimale dans la zone centrale de la vision du verre. Ils s’adressent à toutes les myopies. « Des études cliniques robustes montrent l’efficacité de ces verres freinateurs, mais on n’a de recul important que pour Miyosmart (Hoya) et Stellest (Essilor) », souligne l’ophtalmologiste.
Les lentilles de contact souples défocalisantes MySight (Cooper), journalières et jetables, assurent une bonne freination de la myopie (autour de 60 % sur les dioptries) ; on manque d’essais aussi convaincants pour les autres lentilles défocalisantes.
Des stratégies de freination en pleine évolution
Au-delà des mesures environnementales – augmenter l’exposition à la lumière naturelle, maintenir une distance de plus de 30 cm lors des activités de près, ou encore porter le regard au loin toutes les vingt minutes en cas de travail prolongé en vision rapprochée – « plusieurs interventions, qu’elles soient optiques ou médicamenteuses, ont également connu des avancées significatives »
_ Les verres freinateurs : ils reposent sur le principe de la défocalisation rétinienne myopique périphérique, utilisée pour contrôler la progression de la myopie. « Parmi ces verres, les technologies HAL (Highly Aspherical Lenslet) et DIMS (Defocus Incorporated Multiple Segments) permettent à la fois de corriger la vision et de freiner la progression de la myopie.
Cette évolution permet de couvrir un champ visuel plus large, y compris avec de grandes montures ».
_ Les lentilles freinatrices : « Il s’agit notamment des lentilles souples défocalisantes à port diurne donc le jour. La nouveauté concerne surtout les lentilles jetables journalières (MiSight), qui bénéficient désormais d’un matériau plus sûr pour la surface oculaire et d’une amélioration de la zone de traitement pour un peu plus d’efficacité. En revanche, aucune innovation notable n’a été observée du côté de l’orthokératologie »
_ La lumière rouge pulsée : « Les études asiatiques ont montré des résultats particulièrement impressionnants, avec une efficacité nettement supérieure à celle des autres moyens de freination, pour des traitements appliqués deux à trois minutes, une à deux fois par jour. Toutefois, les données récentes soulignent également un profil de sécurité qui interroge : nous ne savons pas encore clairement si ces traitements présentent un risque ou non »
_ L’atropine : « Celle dosée à 0,05 % offre un bon compromis entre efficacité dans la freination de la myopie et absence d’effets indésirables tels que la photophobie ou les difficultés de lecture »












