Insomnies chez le bébé? le jeune enfant? le pré ado?

Les rythmes du sommeil depuis la naissance

De la naissance à l’adolescence, la structure et le rythme de sommeil se modifient considérablement : ce qui explique la fréquence des difficultés de sommeil à ces âges de la vie.

Les insomnies touchent 25 à 50 % des enfants de moins de 5 ans. Elles correspondent à des troubles de l’installation et du maintien du sommeil qui se traduisent par des difficultés d’endormissement, des éveils nocturnes et/ou un réveil précoce. La durée de sommeil est propre à chaque enfant et varie en fonction de l’âge. Des recommandations édictées en 2015 proposent des fourchettes larges et approximatives qui peuvent servir de repères.

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Le nouveau-né : cycles courts de sommeil agité et de sommeil lent

À la naissance, le nouveau-né (jusqu’à 2 mois) dort de 16 à 19 heures par jour par périodes de 3 à 4 heures composées de cycles courts de 50 à 60 minutes de sommeil agité (le futur sommeil paradoxal de l’adulte [REM pour Rapid Eye Movement]) et de cycles plus longs de sommeil lent.

Ces périodes sont entrecoupées de microréveils physiologiques qui correspondent à des moments de veille calme au cours desquels le nouveau-né est attentif à son environnement, et de veille agitée avec ou sans pleurs. Lors de ces microréveils qui durent de 1 à 10 minutes, l’enfant doit être encouragé à se rendormir seul.

L’horloge biologique du nouveau-né n’est pas encore réglée sur l’alternance jour/nuit. On dit que « bébé ne fait pas ses nuits ».

Pour l’aider à se régler, il faut respecter :

  • des « donneurs de temps » : horaires des tétées, du lever, des siestes, des sorties, du bain, etc. ;
  • et différencier le jour de la nuit, ne laissant pas le bébé dans l’obscurité et le silence pendant la journée.

L’horloge biologique se met progressivement en place au cours du premier mois. À la fin de celui-ci, le nouveau-né peut dormir 6 heures d’affilée et ne plus avoir besoin de téter la nuit.

Puis, la durée de sommeil diminue peu à peu, sa structure change avec l’apparition des fuseaux de sommeil (spindles) d’origine thalamique, caractéristique du sommeil lent vers 3 mois. Les cycles s’allongent et, après 6 mois, le nourrisson ne s’endort plus en sommeil agité (phase de sommeil paradoxale), mais en sommeil lent comme l’adulte.

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Stabilisation du sommeil entre 2 et 6 ans

Le sommeil se stabilise entre 2 et 6 ans et dure de 10 à 12 heures (9 heures en moyenne à 6 ans) avec de fortes variations individuelles

À 3 ans, certains enfants ne font plus la sieste, mais peuvent compenser en se couchant plus tôt.

L’entrée à l’école maternelle marque une étape importante dans la vie de l’enfant. L’emploi du temps intense a tendance à résoudre spontanément tous les problèmes d’insomnie.

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Après 6 ans : des insomnies d’endormissement

Les insomnies qui concernent 15 à 27 % des enfants de 6 à 12 ans  sont souvent des troubles de l’endormissement en rapport avec des difficultés concernant l’environnement familial ou scolaire (camarades, pression parentale), ou encore l’obligation d’un coucher à heure fixe, alors que l’enfant n’a pas encore sommeil ou est un court dormeur. Dans ce dernier cas, la solution sera d’expliquer aux parents que tous les enfants n’ont pas les mêmes besoins de sommeil et que si leur enfant se réveille en forme et ne présente pas d’épisodes de somnolence dans la journée, c’est qu’il dort assez ! Les habitudes de coucher seront à modifier en laissant par exemple l’enfant avoir une activité calme dans sa chambre, sans déranger ses parents, en attendant que le sommeil vienne.

À 7 ans, seuls 1 % des enfants font encore la sieste. La réapparition de la sieste à cet âge peut être le signe d’une privation de sommeil ou d’un trouble de la vigilance (narcolepsie, hypersomnie).

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Des causes comportementales, organiques et psychologiques

Chez un enfant en bonne santé et ayant un développement psychomoteur normal, les troubles du sommeil sont le plus souvent dus à des causes comportementales (73 % des cas [4, 5]) en rapport avec :

  • le mode de vie ;
  • un conditionnement anormal à l’endormissement ;
  • un problème de « limites » ;
  • une mauvaise organisation des siestes ;
  • un trouble de l’installation du rythme jour/nuit ;
  • des erreurs alimentaires.

Les causes organiques ou psychologiques (20 % des cas) sont en rapport avec :

  • des pathologies :
    • périnatales ou néonatales (prématurité par exemple),
    • neurologiques : retard mental, déficit neurosensoriel,
    • dermatologiques : eczéma,
    • respiratoires : asthme, syndrome d’apnée obstructive du sommeil (rechercher un ronflement sachant qu’il n’est pas normal qu’un enfant ronfle),
    • digestives : intolérance alimentaire, intolérance aux protéines du lait de vache,
    • douloureuses : coliques (de 1 à 4 mois), douleurs dentaires (avant 1 an), reflux gastro-œsophagien, infections ORL, etc. ;
       
  • des troubles d’ordre psychologique/psychiatrique :
    • contexte de mort ou angoissant : décès ou maladie grave d’un parent ou d’un proche,
    • histoire familiale « lourde » (secret, non-dit),
    • difficultés relationnelles parent/enfant : relation trop fusionnelle, parent angoissé, ou souffrant de dépression,
    • présence d’un trouble du neurodéveloppement comme un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Le trouble du sommeil est parfois un indicateur d’un dysfonctionnement au sein de la famille. Un enfant qui pleure la nuit pose souvent une question à ses parents : il peut avoir perçu un changement dans leur humeur ou leur comportement et exprimer son inquiétude ou son mal-être par des réveils nocturnes.

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