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Santé mentale des enfants et des adolescents : un panorama à géométrie variable
Malgré quelques améliorations, la santé mentale des enfants et des adolescents reste préoccupante. Deux études de Santé publique France, Enabee (sur les élèves du primaire) et EnClass (sur les collégiens et les lycéens), documentent ce phénomène.
Les nouveaux résultats des enquêtes EnClass (Enquête nationale en collèges et en lycées chez les adolescents sur la santé et les substances) et Enabee (Étude nationale sur le bien-être des enfants) apportent un éclairage sur les vulnérabilités et les facteurs de risque, mais aussi sur les signes d’amélioration de la santé mentale des plus jeunes.
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Des troubles genrés chez les plus jeunes
Menée en 2022, l’étude Enabee (sur les enfants de 6 à 11 ans) a déjà produit des résultats en 2023, révélant que 13 % des enfants scolarisés en élémentaire présentent au moins un trouble probable de santé mentale. L’analyse portait sur les réponses à un questionnaire de plus de 8 000 enfants, mais aussi de leurs parents et de leurs enseignants. Dans le détail, 5,6 % souffrent d’un trouble émotionnel, 6,6 % d’un trouble oppositionnel et 3,2 % d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Si le premier est plus fréquent chez les filles, les prévalences des deux autres sont plus marquées chez les garçons.
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Chez les adolescents, des signes d’amélioration, mais des souffrances persistantes
L’enquête EnClass, menée en 2024 auprès de 11 400 élèves du secondaire avec l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), dessine un tableau contrasté. Certains indicateurs sont « encourageants », résume Christophe Léon, épidémiologiste à SPF. Ainsi, 82 % des collégiens et 78 % des lycéens se perçoivent en bonne ou excellente santé, des taux en légère baisse depuis 2018. Surtout, 70 % des collégiens et 63 % des lycéens déclarent un bon niveau de bien-être mental, avec une hausse de 11 à 12 points par rapport à 2022. Le sentiment de solitude est aussi en recul pour atteindre 15 % des collégiens et 20 % des lycéens en 2024.
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Vers une filière « coupe-file » pour les urgences psychiatriques
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a par ailleurs annoncé, le déploiement d’un dispositif « coupe-file » pour que chaque élève « repéré » par l’Éducation nationale (médecins scolaires, infirmières scolaires, enseignants…) bénéficie d’un « rendez-vous dans les 24-48 heures » avec un « psychologue, psychiatre ou pédopsychiatre qui pourra le prendre en charge », a-t-elle expliqué à l’occasion d’un colloque au ministère le 2 juin.
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Santé mentale des ados : des souffrances persistantes, surtout chez les filles
Malgré des signaux d’amélioration du bien-être au collège et au lycée entre 2022 et 2024, la souffrance psychique persiste chez les ados, révèle Santé publique France. Chez les enfants, des facteurs de vulnérabilité ont été identifiés pour affiner le repérage précoce.
En cette deuxième année de grande cause nationale consacrée à la santé mentale, Santé publique France (SPF) livre un panorama de la situation chez les jeunes à la lumière des résultats de deux enquêtes réalisées en milieu scolaire, l’une (Enabee) chez les enfants (3-11 ans) et l’autre (Enclass) chez les adolescents (11-18 ans)
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Une évolution contrastée chez les adolescents
La santé mentale des collégiens et des lycéens, altérée après la pandémie de Covid, montre des signes d’amélioration, mais sans revenir au niveau de 2018, révèle l’enquête Enclass menée en 2024. La majorité des élèves du secondaire se dit satisfaite de sa vie actuelle (80 % au collège, 78 % au lycée) et rapporte un bon niveau de bien-être mental (respectivement 70 % et 63 %, soit une hausse de 11 et 12 points par rapport à 2022 chez les garçons et les filles). Une évolution qui va de pair avec une baisse du sentiment de solitude (- 6 points au collège, – 7 au lycée).
Néanmoins, « ces indicateurs coexistent avec des signaux persistants de souffrance psychique chez les jeunes », souligne SPF dans un communiqué. La santé mentale et le bien-être se dégradent au collège et ne s’améliorent pas au lycée.
Près de deux lycéens sur dix (19 %) présentent un risque important de dépression, et ce, de façon plus marquée chez les filles. Les symptômes les plus fréquemment rapportés sont : le manque d’énergie (58 %), des difficultés de concentration (44 %) et le sentiment de découragement (42 %).
Un lycéen sur cinq déclare avoir eu des idées suicidaires au cours des 12 derniers mois. Même si le chiffre est en diminution par rapport à 2022 (- 4 points), les tentatives de suicide déclarées au cours de la vie augmentent (15 % des lycéens, soit + 2 points), s’inquiète SPF, pointant que les formes les plus sévères perdurent.
Des écarts importants existent entre garçons et filles, les indicateurs de santé mentale étant globalement moins bons chez elles. Environ 15 % des lycéens déclarent avoir fait une tentative de suicide (TS), avec une proportion deux fois plus importante chez les filles (19,4 %) que chez les garçons (10,6 %). Pour les TS avec hospitalisation, on constate une surreprésentation des filles (4,1 %) par rapport aux garçons (2,2 %).
Par ailleurs, 45 % des collégiens (de la 6e à la 4e) rapportent encore des plaintes psychologiques plus d’une fois par semaine depuis au moins 6 mois (- 4 points), de la nervosité en premier chef (32 %) suivie d’une irritabilité (29 %) et d’un sentiment de déprime (21 %).
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