Dysménorrhée chez l’adolescente: douleurs avant ou pendant les règles

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 90% des adolescentes !

Les dysménorrhées constituent l’une des plaintes gynécologiques les plus fréquentes à l’adolescence.

Selon les définitions, 90 % des adolescentes disent avoir eu des dysménorrhées, 40 % des douleurs récurrentes intenses à sévères.

Ces douleurs peuvent avoir un retentissement majeur sur la qualité de vie, la scolarité et les activités quotidiennes.

Elles restent pourtant fréquemment banalisées, alors que certaines adolescentes connaissent au contraire des parcours de soins complexes, avec multiplication des examens, des traitements et parfois des abandons thérapeutiques.

Une proportion importante utilise des traitements peu efficaces, notamment des antispasmodiques.

Une majorité des jeunes filles rapportent être déçues des propositions thérapeutiques ou de la manière dont sont entendues leurs plaintes. On observe parallèlement une demande croissante de stratégies non hormonales et non médicamenteuses. 

Éliminer une dysménorrhée secondaire 

Dans 90 % des cas, les dysménorrhées sont primaires (sans autre cause spécifique retrouvée). Une minorité de présentations correspond à différents types de dysménorrhée secondaire. 

Les dysménorrhées primaires apparaissent généralement dans les 6 à 12 mois suivant la ménarche (date de première apparition des règles), et prédominent au cours des premier et deuxième jours des règles.

Elles sont principalement liées à la libération de prostaglandines, responsables de contractions utérines, de vasoconstriction, d’ischémie et de douleur.

L’interrogatoire du médecin constitue l’élément central du diagnostic. Il doit préciser l’âge de la ménarche, le rythme et l’abondance des menstruations, les caractéristiques de la douleur, les symptômes associés, les antécédents, la sexualité, la contraception, les éventuelles violences et surtout le retentissement fonctionnel : jours d’école manqués, limitation des activités, vie sociale et sportive.

La prévalence des violences (en particulier sexuelles) est importante chez les patientes présentant des dysménorrhées sévères. 

Lire l’article dans pediatrie pratique ICI

Quels examens va demander le pédiatre?

L’échographie pelvienne sus-pubienne constitue alors l’examen de première intention. Les principales étiologies à évoquer sont l’endométriose, les anomalies müllériennes et les pathologies ovariennes, mais également des causes digestives, urinaires, rhumatologiques.

L’endométriose?

L’endométriose peut débuter dès l’adolescence et doit être évoquée sans attendre l’installation d’un tableau chronique complexe. En cas de suspicion, l’adressage vers une équipe spécialisée permet d’améliorer la prise en charge et d’éviter la multiplication d’examens ou de traitements inadaptés. 

Comment traiter? Que faire?

En l’absence de contre-indication, le traitement de première intention repose sur les AINS.

Les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) sont des médicaments utilisés pour lutter contre la douleur, la fièvre et l’inflammation. 

Rôle et Propriétés
Les AINS possèdent quatre propriétés principales :
  • Anti-inflammatoire : ils réduisent l’inflammation (chaleur, rougeur, gonflement, douleur).
  • Antalgique : ils atténuent la sensation de douleur.
  • Antipyrétique : ils font baisser la fièvre.
  • Antiagrégant plaquettaire : ils fluidifient le sang (comme l’aspirine).
Exemples courants d’AINS:  L’ibuprofène, Le kétoprofène, Le naproxène, Le diclofénac, L’acide acétylsalicylique (aspirine) à dose anti-inflammatoire.

Parmi ceux-ci, aucune molécule ne semble fondamentalement supérieure aux autres. On propose un traitement systématique dès le début des règles en 3 prises par jour.

Il n’existe pas d’indication aux morphiniques dans les dysménorrhées primaires. La prescription dès l’apparition des règles et une administration régulière plutôt qu’à la demande semblent importantes pour optimiser l’efficacité.

Le traitement hormonal constitue une autre option, qu’il s’agisse des oestroprogestatifs ou des progestatifs seuls, selon les situations et les contre-indications.

En cas d’échec, une prise en charge gynécologique spécialisée est indiquée.

Autre chose que des médocs?

Les approches non médicamenteuses occupent une place croissante.

L’activité physique régulière montre une bonne efficacité.

La TENS (neurostimulation électrique transcutanée) représente une option intéressante, comme le rapporte une revue Cochrane de 2024.

Les dispositifs chauffants sont également fréquemment utilisés et peuvent avoir une efficacité intéressante, notamment en association aux autres modalités.

Au-delà de l’efficience propre de ces techniques, leur mise en place permet un temps d’éducation, d’échange et d’apprentissage particulièrement utile chez les adolescentes ayant déjà connu de nombreux échecs thérapeutiques. 

Lorsque la douleur devient chronique, le modèle doit évoluer. 

Lire l’article dans pediatrie pratique ICI

 

 

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