Lait maternel et protection
Outre l’intérêt évident de l’allaitement maternel dans l’établissement de la relation mère-enfant, l’allaitement au sein protège l’enfant, non seulement contre les infections gastro-intestinales et respiratoires (otites), mais aussi contre les infections méningées. Des études ont également montré que le taux de décès par mort subite du nourrisson était plus faible chez les enfants allaités au sein. L’allaitement maternel pourrait aussi protéger, à long terme, contre certaines affections auto-immunes telles que la maladie cÏliaque, la maladie de Crohn ou le diabète insulinodépendant; allergies, asthme et eczéma semblent également moins fréquents chez les enfants ayant été nourris au sein.
Et le microbiote?
L’allaitement maternel présente de nombreux bénéfices démontrés pour la santé de l’enfant, tels que la réduction des infections digestives, ORL et respiratoires au cours de la première année de vie, la baisse de la mortalité infantile et l’amélioration du développement cognitif. Au-delà de ces effets, l’allaitement influence également l’installation du microbiote intestinal du nouveau-né, élément clé de la maturation immunitaire et métabolique, et probablement de la santé à long terme.
Comparé aux nourrissons nourris par formule infantile, le microbiote intestinal des nouveau-nés allaités se caractérise par une diversité microbienne moindre mais une dominance de souches protectrices, notamment Bifidobacterium, considérée comme bénéfique pour la maturation immunitaire (1).
L’influence du lait maternel sur l’installation du microbiote intestinal du nouveau-né s’exerce par des mécanismes complémentaires. D’une part, ses composés bioactifs, notamment les oligosaccharides du lait humain (HMOs), agissent comme prébiotiques et modulent la composition microbienne, favorisant la prolifération de bactéries bénéfiques telles que Bifidobacterium et Lactobacillus. D’autre part, le lait maternel, longtemps considéré comme stérile, contient en réalité un microbiote vivant et diversifié, dont la transmission au nourrisson lors de la tétée constitue une source majeure de colonisation intestinale précoce.
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Aussi la maman
Mais l’allaitement maternel est également intéressant pour la mère. Les hormones de la lactation protégeraient contre les cancers de l’ovaire et du sein, et la lactation aurait également un effet protecteur de l’anémie du post-partum et du baby blues. Par ailleurs, des études ont montré que les fractures du col du fémur sont moins fréquentes chez les femmes qui ont allaité que chez les autres; cet effet surprenant serait lié à une dynamisation du métabolisme phosphocalcique. Enfin, l’allaitement exclusif jour et nuit est un moyen de contraception relativement efficace (98 %), pendant les six premiers mois et en l’absence de retour de couches (une contraception par pilule progestative pure est cependant possible et conseillée, car les progestatifs ne passent que peu ou pas dans le lait et n’interfèrent pas).
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