Les troubles du comportement alimentaire du petit enfant: la cause aux morceaux introduits trop tardivement?

credit @sirimaderes

Les troubles du comportement alimentaire: c’est quoi?

Les troubles du comportement alimentaire (TCA), dont l’anorexie mentale, la boulimie, et l’hyperphagie boulimique, sont fréquents avec une prévalence globale sur la vie entière estimée à 8,4 % chez les femmes et 2,2 % chez les hommes.

L’anorexie mentale se caractérise par la gravité potentielle de son pronostic, avec un risque élevé de décès par suicide, de complications somatiques (défaillance cardiaque, ostéoporose, infertilité…) et psychosociales (chronicisation, rechutes et désinsertion sociale).

La boulimie et l’hyperphagie boulimique ont également un retentissement majeur sur la santé physique et psychique et sont associées à un risque important de surmortalité liée aux troubles métaboliques induits et au suicide.

Tout peut commencer déjà dans la petite enfance !

Qu’est-ce que l’anorexie et la boulimie ?

Le comportement alimentaire peut devenir la forme d’expression d’une souffrance, les troubles devenant des maladies à part entière qui peuvent mettre la vie en danger. Les troubles du comportement alimentaire (TCA) peuvent se classer en deux grandes catégories : les troubles boulimiques (avec prise excessive de nourriture) et les troubles anorexiques (avec restriction alimentaire plus ou moins stricte). Ces deux formes de troubles peuvent cependant coexister ; on parle alors d’anorexieboulimie.

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Quels sont les symptômes de l’anorexie et de la boulimie ?

Les personnes atteintes de troubles boulimiques souffrent de crises pendant lesquelles elles absorbent rapidement des quantités très importantes de nourriture. Ces crises sont incontrôlables et se manifestent plusieurs fois par semaine. Les anorexiques boulimiques alternent phases anorexiques et crises de frénésie alimentaire, s’obligeant à compenser ces crises par une pratique sportive intense, des vomissements ou la prise de médicaments. Les anorexiques perdent régulièrement du poids jusqu’à mettre leur vie en danger.

Les troubles boulimiques

Certaines personnes, dites boulimiques non hyperphagiques, essaient de maintenir constamment leur propre poids. Elles compensent ces crises en se faisant vomir juste après les prises alimentaires (d’où l’appellation parfois rencontrée de boulimie vomitive), en jeûnant, en pratiquant beaucoup de sport ou encore en consommant des médicaments laxatifs ou diurétiques. Ces personnes souffrent de troubles de l’estime de soi et sont affectées de manière excessive par leur apparence physique.

La frénésie alimentaire (également appelée hyperphagie, boulimiehyperphagique ou binge eating) se traduit par des épisodes de consommation excessive d’aliments sur de courtes périodes (en général, moins de deux heures) jusqu’à l’inconfort gastrique. Ces épisodes se répètent au moins deux fois par semaine, pendant des mois. Pendant l’épisode de frénésie, la personne ressent un sentiment de perte de contrôle qui provoque honte, culpabilité, colère, dépression, etc. Les personnes boulimiques hyperphagiques ne cherchent pas à compenser leurs excès alimentaires et souffrent de surpoids ou d’obésité. Ce trouble génère une souffrance importante.

Les troubles anorexiques

Les personnes souffrant de troubles anorexiques (également appelée anorexie mentale) sont obsédées par l’idée de prendre du poids et s’imposent une conduite de restriction alimentaire sévère et durable. Certaines personnes, dites anorexiques contrôlées, respectent ces restrictions. D’autres, les anorexiques boulimiques, alternent phases anorexiques et crises de frénésie alimentaire, s’obligeant à compenser ces crises par une pratique sportive intense, des vomissements ou la prise de médicaments. Ces troubles sont pris en charge par des équipes pluridisciplinaires au sein de services de psychiatrie.

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La bigorexie et l’orthorexie sont-elles des TCA ?

Il s’agit d’un sujet débattu sans réponse tranchée pour l’instant.

La bigorexie

La bigorexie (ou exercice physique compulsif, ou addiction à l’exercice physique) présente les caractéristiques d’une addiction comportementale tout en n’étant pas reconnue comme entité nosologique. Dans cette condition, l’exercice physique est au premier plan. Le besoin d’en pratiquer prime sur toutes les autres dimensions de la vie. La personne qui en souffre a besoin d’une quantité de plus en plus importante de sport (phénomène de tolérance) et peut présenter des signes de sevrage psychologique en cas d’arrêt brutal (irritabilité, anxiété). Si initialement, les effets positifs (même neurochimiques) procurés par l’activité physique jouent un rôle dans la survenue de la bigorexie, des éléments de compulsivité avec perte de contrôle peuvent prendre le dessus par la suite. La pratique de l’exercice physique devient alors indispensable pour se soustraire aux conséquences désagréables liées à son arrêt.

L’orthorexie

L’orthorexie, qui elle non plus n’est pas officiellement reconnue comme un TCA, est une obsession pathologique pour une alimentation considérée comme saine. Il s’agit d’un trouble centré sur la qualité des aliments, avec fréquemment la sélection d’aliments non transformés, non traités et l’élimination de certains aliments, comme les lipides ou ceux contenant du gluten, par exemple. Il peut conduire au suivi de régimes très restrictifs, pouvant induire des carences et avoir des conséquences psychosociales. Parmi les groupes à risque : les personnes suivant une alimentation exclusive (par exemple, les régimes végétariens/végans, d’où l’importance d’un suivi diététique lors de l’adoption de tels régimes) et les sportifs.

Bon à savoir sur les troubles du comportement alimentaire du petit enfant (TCAPE): mise au contact des morceaux trop tardive?

Difficultés alimentaires en consultation ambulatoire : existe-t-il une relation entre l’âge d’acquisition de la  coordination main bouche  et la capacité à appréhender les morceaux ? Véronique Leblanc, Marc Bellaïche, Jérôme Viala Une enquête dans les crèches

« De nombreux parents considèrent que leur enfant est « difficile » sur le plan alimentaire [1]. Dans une étude de cohorte de 4000 enfants, la prévalence des difficultés alimentaires étaient de 26% à 1.5 ans, 28% à 3 ans et diminuait à 13% à 6 ans [2]. Ces enfants dits « difficiles » ont volontiers un refus de nouveaux aliments, une sélectivité des aliments notamment lorsqu’il s’agit de légumes ou de fruits, un rejet de certaines textures, en particulier une difficulté à manger des morceaux.

L’impossibilité d’appréhender la diversification alimentaire et donc les morceaux avec comme conséquence une alimentation uniquement liquide et lisse devient un motif de plainte fréquent au sein de notre consultation dédiée aux difficultés alimentaires.

Ce symptôme est souvent constaté sans aucun terrain particulier ni anamnèse traumatisante. Au fil des consultations, après interrogation précise, il nous est apparu que la plupart de ces enfants n’était pas passé par la phase de développement sensori-motrice exploratoire des objets avec la bouche. En effet, vers l’âge de 6 – 10 mois, les nourrissons explorent et découvrent leur environnement grâce à cette compétence motrice de porter les objets à la bouche (coordination-main bouche) afin de les explorer avec celle-ci.

Notre hypothèse est de lier cette absence d’acquisition dans l’échelle de développement normal des enfants avec la difficulté à manger des morceaux. Pour avoir cette « compétence », il est indispensable que les coordinations sensori-motrice yeux- mains et mains-bouche soient optimales et accompagnées de compétences oro- motrices.

Si notre hypothèse se confirme, il serait alors indispensable d’avoir une action préventive afin que les parents et professionnels de la petite enfance soient vigilants afin d’accompagner la mise en place de cette acquisition. »

Accéder à l’enquête et à son formulaire ICI

Véronique Leblanc, Marc Bellaïche, Jérôme Viala

La naissance d’une expérience sensorielle

L’alimentation est influencée par l’expérience sensorielle. Plusieurs sens sont sollicités :  le goût bien sûr, mais aussi la vue, l’odeur, ou encore la perception de la texture des aliments.

Plusieurs études montrent qu’à la naissance, l’enfant est déjà familier des saveurs de son propre liquide amniotique, que modifie l’alimentation de la mère. Ces expériences prénatales peuvent influencer ensuite le comportement alimentaire.

Le nouveau-né a toujours une préférence pour la saveur sucrée et rejette la saveur amère. A 3-6 jours, il est capable de reconnaitre le lait de sa mère parmi d’autres laits. Au cours du premier mois, il marque un rejet des odeurs désagréables, sans toutefois être attiré par les odeurs plaisantes. Le lait maternel a des saveurs différentes en fonction de l’alimentation de la mère, et les derniers travaux suggèrent que la variété de ses arômes favorise l’acceptation ultérieure des saveurs.

L’importance de diversifier précocement l’alimentation est illustrée par une étude montrant plus de difficultés alimentaires à 7 ans chez les enfants chez lesquels la diversification n’a été réalisée qu’après 10 mois.

Si le goût et l’odorat sont les sens les mieux étudiés dans le domaine de l’alimentation de l’enfant, les autres sens comme la vue, le toucher, le fait de porter l’aliment à sa bouche, de mâcher et d’avaler, les sensations ne sont pas en reste et contribuent aussi à déterminer la valeur hédonique de l’alimentation.

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