Un vaccin contre la maladie de Lyme ? (transmise par les tiques)

Les morsures de tiques sont susceptibles de transmettre un certain nombre d’infections, dont les borrélioses (la plus connue étant la maladie de Lyme), et des maladies virales, dont l’encéphalite à tiques due aux flavivirus (tickborne encephalitis : TBE des AngloSaxons).

Il existe un vaccin, le Ticovac® des laboratoires Baxter, destiné à se protéger contre les encéphalites virales à tiques européennes (à ne pas confondre avec la maladie de Lyme).

La prévention de la maladie de Lyme, maladie bactérienne quant à elle, repose d’abord et avant tout sur la prévention des morsures de tiques et ensuite sur l’ablation rapide des tiques (moins de vingt-quatre à trente-six heures). L’antibiothérapie à visée préventive est par contre inutile.

Le vaccin, commercialisé en 1999 aux Etats-Unis et développé par la firme SmithKline Beecham (Lymerix®), ne protégeait que contre la seule espèce pathogène présente aux Etats-Unis, B. burgdorferi, alors qu’il en circulent aussi deux autres en Europe, I. garinii et I. afzelii. Depuis février 2002, le laboratoire a décidé d’en cesser la commercialisation. La mise au point d’un vaccin protégeant contre les trois espèces ne semble plus d’actualité aujourd’hui.

Pour mémoire:  L’agent responsable de la maladie de Lyme est une bactérie, un spirochète (du radical spire, et du grec khaité «longs cheveux, crinière»).

Plusieurs espèces de borrélies, actuellement désignées sous le terme de groupe burgdorferi ou Borrelia burgdorferi lato sensu, sont impliquées dans cette infection. Trois de ces espèces sont pathogènes pour l’homme.

Aux Etats-Unis, il s’agit de Borrelia burgdorferi, ou encore Borrelia burgdorferi stricto sensu. En Europe, à cette espèce s’en ajoutent deux autres B. garinii et B. afzelii.

On retrouve une spécificité d’impact :

  • L B. burgdorferi stricto sensu dans les manifestions arthritiques;
  • L B. garinii dans les manifestations neurologiques;
  • L B. afzelii dans les manifestations cutanées tardives : l’acrodermatite chronique atrophique.

Après la morsure indolore de la tique, le spirochète diffuse dans la peau et, par l’intermédiaire de la salive de la tique, parfois dans le sang et les tissus, entraînant alors une maladie protéiforme qui doit être rapidement traitée par antibiotiques.

En France, l’incidence moyenne serait, selon une étude faite à partir d’un réseau de médecins sentinelles, de 16,5 pour 100 000.

Comment enlever une tique?

Il faut :

  • retirer la tique le plus vite possible, en particulier avant les trente-six premières heures de fixation;
  • éviter d’appliquer tout produit (éther, etc.) qui risque de faire régurgiter la tique et d’accroître ainsi le risque d’infection;
  • la tirer au plus près de la peau, ce qui en général se réalise mieux à l’aide de pinces fines (ou lieux les kits vendus en pharmacie, pas cher du tout)
  • éviter le contact direct des doigts avec la tique ou son régurgitat, car de petites blessures aux doigts favorisent la pénétration des germes;
  • toujours faire suivre d’une désinfection à l’alcool le point de piqûre après arrachage;
  • conserver la tique pour identification, car toutes les tiques qui piquent l’homme (notamment celles qui se fixent au niveau du cuir chevelu) ne sont pas des vecteurs de la borréliose de Lyme.

Traitement et prévention Toutes les manifestations de la maladie de Lyme doivent faire l’objet d’un traitement antibiotique (cyclines ou bêtalactamines). Le traitement au stade primaire entraîne une guérison rapide et prévient les complications. Non traitées, les arthrites et les manifestations neurologiques peuvent évoluer vers la chronicité.

La prévention individuelle repose sur le port de vêtements couvrants et surtout sur l’examen soigneux de la peau après une sortie en forêt. La prévention institutionnelle devrait passer par une meilleure gestion du grand gibier, facteur d’augmentation des populations de tiques. La prophylaxie antibiotique, même consécutive à une piqûre de tique, est déconseillée.

PLUS DE TIQUES ?
D’après ce que rapportent plusieurs de nos confrères, les tiques semblent de plus en plus présentes en France.

Concernant la répartition géographique et l’épidémiologie de la maladie, il est précisé sur le site de l’InVS (www. invs.sante.fr) que « la maladie de Lyme ou borréliose de Lyme est une zoonose répartie dans tout l’hémisphère nord. C’est l’infection transmise par les tiques de loin la plus fréquente en Europe.

L’incidence de la maladie est très variable selon les pays et, dans un même pays, selon les régions. En France, il n’y a eu jusqu’à présent que des données épidémiologiques ponctuelles sur cette pathologie, qui ne permettent pas de connaître précisément l’incidence de la maladie ».

UN CONSEIL PRATIQUE Enfin, un conseil pratique de A. Bandinelli : pour enlever « très facilement» la tique, on peut utiliser le crochet O’Tom. Pour tout savoir sur ce crochet et son mode d’emploi (illustré par une animation vidéo), se reporter au site.

Vous n’avez pas trouvé votre réponse ?
Contacter un pédiatre