Arnault Pfersdorff, pédiatre : « Il faut parler du désir avec son ado »Emission ICI PROVENCE

La première fois

  • Comment aborder la première fois avec son ado ? Un sujet délicat qui soulève de nombreuses interrogations chez les parents. Le pédiatre Arnault Pfersdorff donne des clés pour aborder ces sujets essentiels en toute confiance et sans tabou.

    L’adolescence est une période charnière, marquée par de nombreuses découvertes, dont la sexualité. Le premier rapport sexuel est une étape importante, souvent source d’interrogations pour les jeunes comme pour les parents. L’âge médian est d’aujourd’hui dix-sept ans et demi.

    Comment aborder ce sujet sensible avec son adolescent ? Faut-il anticiper ou attendre que l’enfant vienne vers nous ? Comment gérer cette démarche délicate avec l’aide du pédiatre Arnault Pfersdorff, auteur de « Votre ado, le décrypter, le motiver, l’aider à s’accomplir » aux éditions Hatier parents.

  • Déconstruire les mythes et établir le dialogue

    Notre pédiatre insiste sur l’importance de dédramatiser la situation et de commencer à parler de sexualité tôt. Le premier rapport sexuel ne se résume pas forcément à la pénétration et peut être une expérience variée. « Le premier rapport sexuel, c’est une grande question de l’adolescence, alors faut-il aborder le sujet en premier ? Je pense que oui mais il faut tendre le micro à son ado et ne pas parler de soi », souligne-t-il.

    Arnault Pfersdorff insiste sur l’utilisation de mots précis et respectueux pour parler de sexualité, tout en évitant le langage enfantin. Il vous recommande d’aborder des notions comme le désir, le consentement et le plaisir, en utilisant des exemples concrets.

    « Il faut utiliser les bons mots, les justes mots, qu’est-ce que c’est que le désir par exemple ? », explique-t-il. Il vous met également en garde contre les dangers de la pornographie en ligne, qui peut donner une vision déformée de la réalité sexuelle.

  • Comment gérer cette démarche délicate avec l’aide du pédiatre Arnault Pfersdorff, auteur de « Votre ado, le décrypter, le motiver, l’aider à s’accomplir » aux éditions Hatier parents.

Créer un environnement de confiance

Le pédiatre vous suggère que l’espace idéal pour aborder ces sujets est souvent la voiture. Lors d’un trajet, cet environnement clos favorise la confidence sans être en face à face.

Il rappelle que les parents doivent créer un climat de confiance où l’adolescent se sent libre de poser des questions, sans crainte de jugement. « Parler de lui et non pas de soi », conseille-t-il, soulignant la difficulté pour tous les parents de ne pas projeter leur propre expérience auprès de leur enfant.

Comment gérer cette démarche délicate avec l’aide du pédiatre Arnault Pfersdorff, auteur de « Votre ado, le décrypter, le motiver, l’aider à s’accomplir » aux éditions Hatier parents.

Et la contraception chez l’adolescent-e dans tout ça?

La prescription d’une première contraception n’est jamais simple chez l’adolescente. Le pédiatre, qui connaît bien la famille, peut parfois être sollicité pour cette question. Elle peut venir de l’adolescente elle-même, ou des parents, et ne doit pas être éludée ou reportée. La question peut aussi être évoquée par le pédiatre lorsque l’adolescente a démarré sa sexualité. La consultation pour demande de contraception à l’adolescence n’est pas une consultation comme les autres. Il est important d’écouter la demande et d’y répondre dans un climat de confiance.

Depuis plusieurs décennies maintenant, l’âge médian au premier rapport sexuel est stable mais tend à diminuer. En 2016, 50 % des filles ont eu leur premier rapport sexuel avant 17,6 ans et 50 % des garçons avant 17 ans. Par ailleurs, le taux de recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) a diminué chez les 15-17 ans entre 2019 et 2021 mais a réaugmenté en 2022 où il était de 15/1 000, et le taux de grossesse précoce (avant 20 ans), donnant lieu à une naissance, diminue sur la dernière décennie.

Les jeunes patientes sont également particulièrement touchées par les infections sexuellement transmissibles (IST). En 2016, 2 271/100 000 jeunes femmes de 15 à 24 ans ont eu un diagnostic d’infection à Chlamydia trachomatis, et 181/100 000 ont eu un diagnostic d’infection à gonocoque.

Source Réalités pédiatriques décembre 2025 pour lire la suite