Comment accompagner les bébés prématurés ? France Inter et le Dr Pfersdorff dans « Grand Bien Vous Fasse »

C’est quoi un prématuré?

Un bébé est considéré comme prématuré s’il naît avant 8 mois de grossesse. Comment réduire la vulnérabilité des prématurés et éviter les risques pour leur santé ? Comment assurer leur bien-être ? Pourquoi est-il essentiel d’accompagner les parents ? Quels sont les progrès médicaux en néonatologie ?

Quels sont les enjeux médicaux et humains de la prématurité ? La professeure Elsa Kermorvant, le pédiatre Arnault Pfersdorff et la journaliste Clémentine Goldszal abordent les progrès de la néonatologie et l’accompagnement des familles.

Comprendre la prématurité : des définitions aux causes

La prématurité se définit par une naissance survenue avant 37 semaines d’aménorrhée. On distingue différents niveaux, la prématurité moyenne ou modérée entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée, qui représente la très grande majorité des enfants qui naissent prématurément. La grande prématurité se situe entre 28 et 32 semaines, donc entre 6 et 7 mois de grossesse, et la très grande prématurité avant 28 semaines, et on parle aussi d’extrême prématurité avant 26 semaines.

Si les causes sont multiples, et incluent des facteurs médicaux comme l’hypertension ou les grossesses multiples, ainsi que des déterminants socio-économiques comme la précarité, les invités soulignent l’importance de ne pas faire peser de culpabilité sur les parents, en particulier sur les mères. Arnaud Pfersdorff, pédiatre, explique : « Il ne faut surtout pas que les mamans culpabilisent, malheureusement ça arrive trop souvent, mais avoir un bébé, porter un bébé, c’est déjà quelque chose de tellement énorme qu’il ne faut évidemment pas rentrer là-dedans et déminer ça. »

La prise en charge médicale

Les derniers chiffres montrent une stabilité du taux de prématurité. On est autour de 6,5% des naissances, et avec la baisse de la natalité mécaniquement, il y a un petit peu moins d’enfants en nombre. Mais la différence essentielle, selon Elsa Kermorvant, pédiatre en service néonatalogie, c’est qu’avec les progrès, on prend en charge des enfants de plus en plus immatures.

La néonatologie moderne repose sur des soins de pointe qui compensent l’immaturité des organes des prématurés, notamment au niveau cardiopulmonaire et cérébral. Les progrès techniques permettent souvent aujourd’hui de stabiliser ces bébés fragiles. L’approche est désormais plus globale, et intègre des soins individualisés qui respectent le rythme du nouveau-né pour favoriser son développement.

Le rôle des parents et de l’entourage

Clémentine Goldszal, journaliste, explique l’importance du peau à peau, c’est le fait de prendre son bébé sur sa peau nue, ce qui a des effets physiologiques. C’est prescrit à l’hôpital Necker et dans les autres services de néonatologie comme un médicament. On encourage énormément les parents. Arnault Pfersdorff en parle aussi : « Le peau à peau, le toucher chez l’enfant, et en particulier s’il est prématuré, est essentiel, et on le voit dans les résultats, il fait moins d’apnée, il mange un peu mieux, il se développe différemment. Ça a été prouvé, et ça ne fait pas si longtemps, finalement, que cela existe dans nos pays occidentalisés. »

Alexia, mère d’un bébé né prématuré, a appelé pour témoigner aussi de la solitude des parents dans ces moments. C’est pour ça que Clémentine Goldszal a écrit le livre Premiers cris, comme elle l’explique : « Les parents en fait se sentent très seuls. Ce sont des services qui sont fermés pour des raisons sanitaires, évidemment. Ce sont des êtres fragiles, ces bébés, qu’il ne faut pas contaminer. Mais du coup, on ne se représente pas quand on n’a pas été dans ce service, ce que c’est. C’est très choquant, c’est très intense. Il y a un déficit de représentation même dans la pop culture, dans le cinéma, dans les séries. Moi, je me représentais avant d’y aller très bien ce que c’est qu’une unité cancéro-pédiatrique par exemple – les petits enfants qui n’ont pas de cheveux –, mais ce que c’est qu’un service de néonatologie où passent 70 000 bébés par an, je ne savais pas du tout ce que c’était. Et je pense que ça, d’en parler, ça aide les entourages à savoir ce que ces parents traversent et à les soutenir au mieux. »

Le suivi à long terme des enfants prématurés

Le pronostic de santé pour la majorité des enfants nés prématurés est positif, en particulier grâce aux réseaux de suivi spécialisés qui accompagnent les familles jusqu’au début de la scolarité. Elsa Kermorvant : « D’après une étude nationale dédiée à la prématurité, la majorité des prématurés va bien, parce qu’ils sont aussi des enfants qui sont moyennement, modérément prématurés. » Elle ajoute : « Globalement, les enfants qui ont des difficultés sévères avec un impact important sur la qualité de vie, ce sont majoritairement les extrêmes prématurés, et on considère qu’avant 6 mois, environ 12% des enfants vont avoir des difficultés sévères, mais 6 mois, c’est vraiment très très prématuré. »

Arnault Pfersdorff raconte une consultation récente : « J’ai revu, comme je le vois régulièrement depuis sa naissance, un enfant qui va sur ses 9 ans et qui pesait 875 grammes à la naissance. Il va parfaitement bien, grâce évidemment à toute la réanimation qu’il a eue, les accompagnements en néonatologie, etc., le suivi médical et paramédical entre autres. […] Enfin, il a 9 ans et il va parfaitement bien. »

-> Pour en savoir plus, écoutez cette émission…

Nos invités :

  • Clémentine Goldszal, journaliste, autrice de “Premiers cris” (réédité en Poche – Points)
  • Pre Elsa Kermorvant, pédiatre au service néonatalogie et réanimation néonatale de l’hôpital Necker (AP-HP), présidente de la Société française de néonatalogie
  • Dr Arnault Pfersdorff, pédiatre, fondateur du site pediatre-online.frOuverture dans un nouvel onglet, auteur de “Bébé, premier mode d’emploi” (Hachette Pratique)
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