Une rougeur, de la toux, des boutons ? On peut vite s’inquiéter lorsqu’un bébé présente un symptôme inhabituel.
Toux, nez qui coule, boutons, diarrhées ou poussées de fièvre : les trois premières années de vie sont rythmées par de nombreuses affections courantes. Pour aider les parents à réagir sereinement sans paniquer ni encombrer inutilement les urgences, le pédiatre réanimateur Arnault Pfersdorff et la généraliste Kristell Guével-Delarue livrent leurs conseils de prévention et de prise en charge.
- Dr Arnault Pfersdorff, pédiatre-réanimateur à Strasbourg, fondateur de pediatre-online, plateforme de conseils et de podcasts pédiatriques. Auteur de Allô docteur ? Bobo ou urgence : les réponses à vos questions (Albin Michel).
- Dre Kristell Guével-Delarue, médecin à l’unité Parents/bébés La Pomme à Paris XVIII et directrice des rédactions de La Revue du Praticien. Autrice de Stéthoscope en compote (Hygée Éditions).
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L’importance du tout premier rendez-vous chez le pédiatre
Le premier échange avec le pédiatre pose les bases de l’accompagnement médical et permet d’instaurer une relation de confiance entre la famille et le praticien. Face aux nombreuses interrogations qui émergent lors des premiers jours de vie, ce rendez-vous offre un espace d’écoute et d’orientation privilégié. Le Dr Arnault Pfersdorff commence par rappeler que c’est essentiel pour que s’établisse une confiance mutuelle : « Souvent les parents viennent vous voir parce que vous avez été recommandé au préalable, il y a une confiance qui existe déjà, mais le premier rendez-vous, c’est un moment essentiel où il faut donner du temps, écouter. Il y a un contrat de confiance et les parents doivent se sentir écoutés« .
La Dre Kristell Guével-Delarue insiste sur la méthode à adopter pour retenir les informations délivrées durant cette consultation : « Il y a souvent trop d’infos qui arrivent de partout. La première consultation, il y a souvent beaucoup de questions, beaucoup de questions de la part du médecin d’une part parce que le médecin a besoin de savoir comment s’est passée la grossesse, les premiers jours de vie, etc. Mais aussi beaucoup de questions de la part des parents. Donc c’est une consultation longue avec le support du carnet de santé où il y a beaucoup d’infos, et ce que je donnerais comme conseil aux parents, c’est lors de la première consultation de venir avec une feuille de papier et non seulement de noter ces questions, mais de noter les réponses« .
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Les examens obligatoires
Les 1000 premiers jours représentent une étape clé où les facteurs environnementaux et le suivi médical façonnent le développement neurocognitif et la plasticité cérébrale du nourrisson. Bien que le tout-petit ne puisse pas s’exprimer par la parole, l’observation attentive de son comportement constitue la clé pour déceler les signaux d’alerte sans céder à l’anxiété.
Le Dr Arnault Pfersdorff détaille le calendrier des consultations obligatoires et des bilans de santé : « Sans tous les énumérer, le premier examen a lieu avant huit jours, effectué en maternité. Parfois, il y en a deux parce que les séjours en maternité sont beaucoup plus courts maintenant qu’ils ne l’étaient autrefois ; il y a l’examen des examens des premiers mois qui sont essentiels. La première année, il n’y a pas mal d’examens pris en charge par la sécurité sociale. Il y a l’examen du neuvième mois qui est essentiel pour l’acquisition, l’entrée dans la phase dite de séparation, l’angoisse de séparation de l’enfant, l’examen des un an, puis ensuite des 18 mois, des deux ans, puis après ça s’espace. Il y a beaucoup de choses à voir, la croissance de l’enfant, son développement sur le plan neuropsychologique, les vaccins, l’alimentation, les acquisitions. Heureusement, on est dans un pays, où le suivi des enfants est au rendez-vous« .
Les principales maladies infantiles
L’entrée en collectivité s’accompagne fréquemment de l’apparition de pathologies contagieuses, virales ou bactériennes. Si certaines infections comme le syndrome pieds-mains-bouche ou la roséole sont généralement bénignes, d’autres nécessitent une vigilance particulière en raison de risques de complications ou d’erreurs de diagnostic.
Le Dr Arnault Pfersdorff décrit le syndrome pieds-mains-bouche par lequel se transmet facilement toutes les maladies, et notamment le piège que peut souvent représenter le diagnostic de la roséole : « C’est plutôt pour les bébés qui commencent à aller à la crèche ou chez les assistants maternels, c’est les virus qui se transmettent par la bouche, par les mains, la proximité essentiellement dans les collectivités. Il y a des épidémies comme la roséole, une infection virale généralement bénigne. Ca touche rarement les bébés avant six mois. C’est une maladie qui commence avec une forte fièvre qui va durer 2 à 3 jours sans baisse de l’appétit, ni mal à la gorge. Au troisième jour, la fièvre tombe par elle-même et va mettre à peu près une semaine pour disparaître complètement« .
La Dre Kristell Guével-Delarue rappelle la période de vaccination contre la grippe : « Les grippes commencent à cette période. Il ne faut pas hésiter à vacciner les petits, les femmes enceintes contre la grippe. Le vaccin arrive mi-octobre« . Elle fait également le point sur la rougeole, devenue très rare grâce à l’obligation vaccinale : « C’est de la fièvre et une éruption cutanée. Heureusement, on n’en voit quasiment plus. Le risque, c’est que comme on n’en voit plus, le risque c’est de ne pas la reconnaître parce qu’on a l’impression qu’il y en a plus avec des conjonctivites et de l’écoulement nasal. Une maladie éradiquée quasiment en France grâce à une bonne couverture vaccinale obligatoire depuis l’obligation vaccinale en France, à deux doses« .
Concernant les infections bactériennes comme la scarlatine, le Dr Arnault Pfersdorff met en garde contre les risques de complications : « Ça commence par des angines à streptocoque, on n’est plus dans le viral, on est dans une infection bactérienne. Il ne faut pas se tromper. Il faut être prudent avec la scarlatine, parce qu’on en voit beaucoup et parce que ça peut avoir des complications, en particulier sur les reins, c’est très pervers, avec des conséquences immédiates, rares, qui peuvent arriver avec de la fièvre, la déshydratation de l’enfant. Il peut y avoir des encéphalites à streptocoques et des septicémies. Le côté pervers, c’est qu’on croit qu’on est guéri, mais il y a une toxine qui a été libérée dans le sang par le streptocoque et qui, sur plusieurs mois, peut provoquer des lésions des reins, et peut être à l’origine d’insuffisance rénale« .
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Que faire en cas de toux, de diarrhées ou de vomissements ?
Face à des symptômes courants comme la toux, la diarrhée ou les vomissements, les réactions doivent viser à préserver l’hydratation de l’enfant et à repérer les signes de détresse respiratoire ou d’urgence digestive.
Le Dr Arnault Pfersdorff explique le rôle physiologique de la toux et indique les critères qui nécessitent une consultation immédiate : « La toux, c’est tant mieux, parce que ça veut dire qu’on va dégager les voies respiratoires. Il faut faire attention aux auto-prescriptions, il ne faut pas stopper une toux, il faut au contraire l’entretenir, la fluidifier. Si une toux traîne, on va consulter un médecin. Et surtout au tout début, quand le bébé a une toux, vous regardez comment il respire, si vous voyez qu’il respire vite, qu’il a des creux qui se font entre les côtes ou qu’il a une espèce de mouvement oscillant entre l’abdomen et le thorax, là vous n’attendez pas, vous allez consulter. Pour le reste, on se fait confiance« .
La Dre Kristell Guével-Delarue détaille aussi la prise en charge des diarrhées infectieuses et le risque de déshydratation : « La diarrhée est souvent infectieuse, c’est ce qu’on appelle la gastro-entérite contre laquelle on a un vaccin maintenant. Ce qui doit inquiéter, c’est qu’elle déshydrate un bébé très rapidement. Donc le réflexe, c’est tout de suite de compenser ses pertes hydriques en lui proposant notamment des solutés de réhydratation orale et continuer à lui donner à manger, mais en fractionnant ses repas, parce que quelquefois c’est associé à des vomissements et donc ils n’acceptent pas trop de manger« .
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