Adolescents et dépression

Passage difficile

Le passage dans l’adolescence est une période difficile, passer du monde de la grande enfance vers ce monde des adultes qu’on n’a pas choisi, avec ses codes qui ne sont pas ceux du jeune qui se projette d’une façon totalement différente de ses ainés.

Des ainés qui ne peuvent comprendre par où passe le jeune adolescent qui n’est pas dans la compromission, qui souvent n’aime pas certaines attitudes des adultes auxquelles il ne s’identifie pas.

Dans ce « passage », il y a la sexualité qui occupe presque tout l’espace. Cette chose nouvelle qui assaille le corps en développement, ce corps en train de maturer, cette nécessité  parfois imposée par l’entourage de devoir se projeter plus vite qu’il ne le voudrait, dans une fonction de futur « reproducteur » qui est lointaine pour lui. En particulier pour les garçons.

La gravité de ce « passage » vers la sexualité surprend et déborde l’adolescent. Sans compter que se greffe le besoin de résultats sur le plan scolaire, que l’entourage ne manque pas de rappeler parfois avec insistance.

Des choix à faire…ou pas !

Des choix à faire, à anticiper pour le jeune futur adulte, avec sa part d’incertitude, sans être convaincu par la pertinence.

Il faut donc un climat, un environnement d’écoute, mais surtout de bienveillance pour celui qui voit son corps changer, ses humeurs évoluer au gré des journées sans qu’il arrive à faire un lien avec es décharges hormonales toutes neuves, non maîtrisées.

Le jeune adolescent découvre peu à peu qu’il doit apprendre à compter sur lui même et plus uniquement sur les autres, en particulier ses géniteurs ou ceux qui l’ont accompagné depuis des années dans sa structuration et son développement.

Une sorte de brouillon d’adulte

Trop tôt, trop rapide à son gré. Le monde lui appartient et peu lui importe que des milliers de générations soient déjà passées par là, il s’en fiche. Ce qu’il veut c’est redécouvrir la poudre, le fil à couper le beurre, l’instantanéité de ce qu’il ressent, il n’y a rien de raisonné, il y a beaucoup d’impulsif. C’est pour cette raison qu’il y a souvent conflit. Entre lui et ceux du dessus, les géniteurs, ceux qui avec tout. Ou qui donnent impression de savoir.

C’est là que les parents doivent faire preuve de bienveillance, laisser leur jeune découvrir par lui même, ne pas mâcher en permanence le travail, ne pas tomber dans le « de mon temps quand j’avais ton âge ». Rien de plus délétère.

Le jeune doit s’approprier ce monde mental et physique en mouvement qu’est son corps, son esprit, qui s’ouvre que le monde. Étape par étape. Comme un alpiniste. Une nouvelle prise rend inutile la précédente qui est passée, ce qui compte c’est la prise suivante.

Bienveillance toujours et non remontrances…

C’est la que la bienveillance de l’entourage tient toute sa place, sinon il sera envahi par l’ampleur des pertes de ce qu’il ne choisit pas.

Et la dépression n’est alors jamais loin, la crainte d’avoir raté le coche, de ne pas être à la hauteur, d’être mal jugé.

Les émotions vont faire le reste. La dépression est liée à cette difficulté de dépasser une perte en l’acceptant comme indispensable à l’évolution. S’il n’y a pas de perspective, son état clinique peut s’aggraver.

C’est alors, si l’entourage le sent en difficulté, qu’il doit être accompagné. Ce n’est souvent pas la famille qui peut y arriver. Il faut un professionnel. Ce peut être un ami de la famille, ou un professionnel, un psychiatre si besoin. Il fait permettre à ce jeune de se débarrasser progressivement des freins propres à son histoire personnelle et familiale.

Trouver un bon dialogue.

Ne pas le lui imposer.

Mais dans tous les cas, entendre cette souffrance, rester à l’écoute, ne pas rompre les ponts.

Hélas, c’est ce qui arrive encore trop souvent. Avec le suicide de l’adolescent au bout, où rien n’est construit.

Bienveillance, écoute, et surtout ne pas faire référence à sa propre histoire.

Dépister à temps la dépression de l’adolescent:

Une étude récente faite par des chercheurs danois et suédois a montré que trois questions simples permettaient de s’assurer de le jeune ado n’est pas en train de développer ce syndrome dépressif:

Trois questions courtes déjà validées pour le diagnostic de dépression chez l’adulte

La sensibilité et la spécificité des deux questions « clés » et de la question « de soutien » ci-dessous ont été validées auprès de 1 000 adultes :

  1. Au cours du dernier mois, vous êtes vous souvent senti triste, déprimé ou désespéré ? (réponses possibles « oui » ou « non« )
  2. Au cours du dernier mois, avez-vous souvent été gêné par un manque d’intérêt ou de plaisir à faire les choses ? (réponses possibles « oui » ou « non« )
  3. Est-ce que vous voudriez de l’aide sur quelque chose ? (réponses possibles « oui« , « oui, mais pas aujourd’hui » ou « non« )

Tests de ces 3 questions auprès d’adolescents danois et norvégiens

Environ 15 % des adolescents ont répondu (145 Danois et 149 Norvégiens), par téléphone, aux 3 questions ainsi qu’aux interrogations d’un questionnaire recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Une dépression modérée à sévère chez 4 % des participants
Les résultats, publiés dans le British Journal of General Practice en février 2016, montrent tout d’abord qu’11 % des adolescents interrogés présentaient un « épisode dépressif caractérisé« , selon les résultats du CIDI.

Une « dépression modérée à sévère » a été diagnostiquée chez 4 % des répondants, chiffre conforme à la prévalence moyenne retrouvée dans d’autres études.

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