Troubles déficitaires de l’attention chez mon enfant (TDAH): dépister tôt

Ce n’est pas parce-ce que votre enfant est « agité » qu’il faut le taxer d’hyperactif ou lui coller l’étiquette de troubles de l’attention et/ou d’hyperactivité.

Certes, c’est vous les parents qui êtes les mieux placés pour constater que votre enfant a peut-être un comportement par tout à fait comme un de vos autres enfants ou l’enfant des autres.

La maitresse va peut-être aussi attirer votre attention en vous disant qu’il perturbe le cours (elle n’utilisera pas ces mots, bien sûr, les enseignants sont formés), qu’il ne se concentre pas, qu’il passe d’un sujet à l’autre, qu’il embête peut-être son voisin, etc.

Vous même à la maison, vous avez remarqué certaines choses, mais jusqu’à l’âge de trois ans, il n’allait pas encore à l’école, peut-être allait-il à la crèche, mais ça se passait pas trop mal.

Et tout d’un coup, le verdict tombe: « peut-être devriez-vous le montrer à une psychologue« . Ce genre de phrase tombe un jour ou l’autre: l’école, l’entourage, votre mère, la grand-mère, une tante, un oncle, une copine, ou tout simplement vous avez lu des articles là dessus.

En parler avec votre pédiatre, c’est certain. Lui-même aura probablement remarqué quelque chose, surtout s’il suit votre enfant depuis la naissance. Il aura peut-être usé de circonvolutions pour vous rassurer, mais peu à peu il note des choses dans le dossier, surtout en fonction du comportement de votre enfant au cabinet (parfois des enfants démontent le cabinet du pédiatre, et certains parents disent alors: « vous voyez Docteur, à la maison il fait pareil… ».) C’est notre métier de dépister, souvent avant que les parents ne s’en rendent compte eux-mêmes.

Donc à un moment donné, le plus tôt possible, avec le professionnel de santé, il faudra bien avancer. Savoir si oui ou non il est atteint de ce syndrome qui fait peur. Dont on ne sait s’il est génétique, familial, environnemental, etc.

ALORS QUE FAIRE?

Certains hyperactifs sont calmes, la maladie ne se traduit pas uniquement sur le plan moteur. Et certains enfants « agités » ne sont pas des hyperactifs.

LE TDAH, C’EST QUOI AU JUSTE?

Pathologie scolaire du XXIe siècle, il questionne : est-ce  un trouble ou un symptôme lié à notre mode de vie, notre société ? Les deux, peut-être. On sait désormais en faire le diagnostic de manière précoce. Et ça se soigne. Reconnaître le trouble le plus tôt possible permet une meilleure prise en charge et surtout évite de nombreuses déconvenues.

CA NE SE VOIT PAS TOUJOURS

Il faut déconstruire les préjugés. Faire le tri, un enfant qui mâchouille, qui tripote ses cheveux sans cesse, qui se tape la tête la nuit pour dormir, ce n’est pas nécessairement un TDAH. Les parents avec le médecin vont détricoter ces signes d’appel qui souvent inquiètent les parents. Si nécessaire des tests seront alors engagés.
Il faut aussi savoir faire la part des choses entre un enfant qui coupe la parole tout le temps et un TDAH. Ce n’est pas synonyme. Gare aux adjectifs lâchés un peu trop tôt. L’éducation des parents joue aussi, mais n’explique pas tout. En revanche attention à un enfant qui montre des troubles de l’oralité, par exemple qui est très impulsif sur la nourriture et a tendance à développer de l’obésité, du surpoids.

Le TDAH n’est pas non plus un trouble de l’attention, mais un défaut de la manière d’organiser sa propre attention. La nuance est de taille et cela explique qu’il faille être accompagné par des professionnels pour avancer dans le diagnostic. L’heure de déconcentration change aussi dans la journée, moins déconcentré en fin de matinée, surtout si l’équipe éducative sait l’intéresser. Son attention est encore « mobilisable ».

MANQUE DE DÉBROUILLARDISE

À la maison, à l’école, ça se remarque peu à peu, sa difficulté à s’habiller tout seul, à se brosser les dents, les petits gestes de la vie de tous les jours, au début vous vous dîtes qu’il est « dans la lune », mais peu à peu ça devient perturbant.Alors vous le grondez, ce qui ne sert naturellement à rien, vous vous fâchez, parfois ça peut envenimer la relation dans le couple, etc. Et puis un jour, vous en parlez, ou vous répondez aux questions du pédiatre ou du soignant qui commence à remarquer quelque chose. Pas toujours facile à accepter, mais quand l’épuisement s’est installé, certains mots s’acceptent mieux.

Il faut donc confirmer ou infirmer le diagnostic, afin d’éviter que le trouble s’installe dans ce qu’on appelle dans notre jargon une « chronicisation ».

QUE FAIRE?

Avant de vous laisser prescrire des médicaments (par exemple méthylphénidate), utiles très souvent, adaptés selon les jours de la semaine et les activités de votre enfant, il y a l’approche environnementale, les options alimentaires, l’activité physique, l’accompagnement par des professionnels, le yoga, la sophrologie, l’hypnose, la prise en charge psychologique, orthophonique bien souvent, psychomotricienne. Votre praticien va vous orienter, après que le bilan initial ait été fait.

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