Activité sportive chez l’enfant diabétique (diabète et sport)

La reprise rapide des activités scolaires est essentielle pour l’équilibre psychique et l’avenir de l’adolescent diabétique. L’adolescence étant une période généralement difficile, il faut savoir-faire la part entre les problèmes qui sont le fait de l’adolescence elle-même et les aléas de la maladie chronique qui interfèrent avec l’adolescence. Dans certains cas, l’équilibre du diabète s’avère très difficile : un suivi rigoureux du traitement est rarement obtenu chez ces patients, et il faut savoir-faire preuve de souplesse en simplifiant les protocoles thérapeutiques, en trouvant avec l’adolescent un contrat minimum (par exemple deux injections quotidiennes d’insuline pré-mélangées), sans être trop pointilleux sur les contrôles sanguins et urinaires.

L’adolescent se construisant souvent en opposition aux parents et à la figure parentale que représente le médecin, on a parfois intérêt à déléguer le suivi du patient à une infirmière spécialisée (par exemple dans un centre médico-social de proximité), voire à un éducateur informé du contrat minimum. Dans d’autres cas, c’est le médecin qui reprend une fonction de « holding temporaire ». La complexité de ces situations nécessite la présence d’un pédopsychiatre dans l’équipe diabétologique.

La reprise des activités sportives est-elle aussi importante. Cependant, le mot « sport » comprend une large palette d’activités physiques pratiquées à des intensités très variables. Il faut distinguer le sport-loisir (y compris le sport scolaire obligatoire) du sport de compétition. D’une façon générale, la pratique modérée mais régulière d’un ou plusieurs sports est vivement encouragée, car elle contribue à diminuer les besoins en insuline et à maintenir une bonne forme physique; elle est de plus bénéfique sur le plan de la confiance en soi et de l’insertion sociale (sport d’équipe).

Pour le sport scolaire, il n’y a en principe aucune dispense à prévoir, pour autant que l’enfant sache diminuer ses doses d’insuline selon l’intensité du sport (par exemple après-midi sportifs) et prendre les compensations (par exemple 10 à 15 g d’hydrates de carbone toutes les 30 à 45 minutes d’activité sportive effective). Le maître de sport doit être informé de la maladie de l’enfant et savoir l’aider en cas d’hypoglycémie.

Le sport de compétition demande une préparation spécifique; c’est un travail de collaboration entre l’adolescent, son entourage, son entraîneur et l’équipe de diabétologie : choix de la stratégie en fonction du sport et des périodes d’entraînement, nombre de glycémies, nutrition, choix des compensations, fréquence du suivi, etc. Les objectifs doivent être clairement fixés : l’épanouissement de la personnalité qu’apporte le sport prévaut sur la performance, sans toutefois l’exclure. Cette attitude ouverte évite les malentendus et diminue les risques de renvoi de l’équipe ou du club pour résultats insuffisants. L’adolescent doit réduire son entraînement, voire renoncer temporairement à l’entraînement intensif tant que le diabète est déséquilibré : c’est particulièrement le cas lors d’hyperglycémie avec acétonurie. La pratique du sport de compétition sans glycémies est déconseillée. Toute glycémie élevée implique un contrôle des urines à la recherche d’une acétonurie.

Comment éviter les hypoglycémies nocturnes liées à cette activité sportive ?
Le sport fait baisser le taux de sucre sanguin pendant ou immédiatement après l’exercice. Il faut donc conseiller de prévoir des compensations adaptées (par exemple à la mi-temps ou avant la séance de douche). Le sport prolongé entame progressivement les réserves de glycogène des muscles. Dans la nuit suivant une journée sportive, les muscles reconstituent leurs stocks en « pompant » le sucre sanguin, ce qui augmente le risque d’hypoglycémie sévère. Dans ce cas, la stratégie est essentiellement préventive : baisser les doses d’insuline (par exemple de 10 à 20% selon l’intensité) pour la journée; ne pas oublier les compensations régulières pendant le sport avec vérification de la glycémie; baisser la dose d’insuline le soir (de 10 % au moins); si la glycémie au coucher est basse (< 5mmol/l), il faut ajouter des sucres composés (rapides et lents, par exemple 15 g sous forme de laitage et de biscuit).

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