L’asthme chez l’enfant en 2017: où en sommes-nous?

une jeune maman fait inhaler de la ventoline à son enfant souffrant d'asthme pour prévenir une éventuelle crise , le 26 février 2002 à Conflans-Sainte-Honorine, près de Paris.    AFP PHOTO DIDIER PALLAGES

L’asthme est une pathologie respiratoire qui touche de plus en plus d’enfants et qui devient la maladie « chronique » la plus répandue en pédiatrie. On sait qu’il est important d’en faire le diagnostic le plus précocement possible, afin de la prendre en charge vite pour éviter les séquelles et réduire le nombre de crises. On peut mourir d’asthme.

Quelle est la définition de l’asthme chez un enfant?

La Haute Autorité de Santé en donne une définition bien précise de l’asthme: chez un nourrisson de moins de 36 mois (3 ans), on parle d’asthme pour tout épisode dyspnéique (difficultés à respirer) avec des râles (des bruits ronflants) sibilants (sifflants à l’auscultation) qui se sont produits au moins 3 fois depuis la naissance de l’enfant. Et cela quel que soit l’âge de début, la cause éventuelle (allergie ou pas, froid ou pas) et l’existence ou non d’une atopie (c’est à dire par exemple un terrain d’eczéma). Bien entendu, c’est au médecin, au pédiatre de faire le diagnostic précis et de ne pas confondre une crise d’asthme avec une bronchite ou une atteinte spastique des bronchioles. En effet, de nombreuses pathologies respiratoires peuvent ressembler à de l’asthme sans en être. Il est primordial d’éviter de taxer un enfant « d’asthmatique » alors qu’il ne l’est pas.

Pour s’aider dans le diagnostic, le pédiatre demandera une radiographie du thorax au moins une fois à la recherche de certains signes rencontrés dans l’asthme. Un bilan allergologique n’est pas obligatoire, car à ces âges, il est rare que l’asthme soit allergique. Et les tests ne sont pas fiables avant 5 ans.En revanche, chez l’enfant d’âge scolaire, l’asthme est la plupart du temps allergique.

Quels seront les objectifs d’un bon traitement de l’asthme chez l’enfant?

  • il conviendra bien sûr de lui rendre une vie normale avec disparition de la toux, de la gêne, de la fatigue, des épisodes d’asthme
  • il faudra lors de l’enquête essayer de trouver quels sont les facteurs qui aggravent ou déclenchent les crises (le froid? le stress? Une infection virale? le sport?)
  • le rôle des polluants est à ne pas négliger: habiter dans une ville, en particulier au-dessus d’une avenue passante ou près d’un carrefour fréquenté par les automobiles est un facteur très favorisant. Il faudra alors revoir les modalités d’habitat, dans certains déménager.
  • le tabagisme est à proscrire; aller fumer sur le balcon ne change rien: les centaines de molécules s’imprègnent dans les vêtements des fumeurs. Quand vous prendrez votre enfant dans vos bras, elles seront inhalées et pourront déclencher des crises.
  • il faudra veiller à bien équilibrer le traitement (aérosols) de type corticoïde inhalé  (qui vont diminuer l’inflammation et donc la toux) associé ou non à des béta2 mimétiques (qui vont mieux ouvrir les petites bronches qui sont spasmées).
  • si une allergie est mise en évidence, il faut bien la traiter: par exemple par immunothérapie en voie sub linguale (désensibilisation sous la langue avec des petits comprimés ou des gouttes), ou autres types de traitement de type biothérapies.
  • bien établir ce que doit faire l’enfant (les parents) dès que certains petits symptômes annonciateurs apparaissent.

Évitez les multi intervenants:

Un enfant qui montre un asthme sévère doit être suivi si possible toujours par le même médecin. Car les réglages de traitement sont très subtils et ne doivent pas être constamment modifiés, mais adaptés. Le recours à un pneumo pédiatre est vivement recommandé.

Des évaluations régulières de la bonne tolérance du traitement sont à prévoir.