Comment prévenir l’obésité infantile? États des lieux, conseils pratiques.

Comment prévenir l’obésité infantile? États des lieux, conseils pratiques.

Le surpoids fait le lit de l’obésité. Surveiller l’IMC (index de masse corporelle) ne suffit pas toujours pour agir en amont chez un nourrisson ou un jeune enfant dont on sait déjà que dans les années à venir il aura un problème de surcharge.

De nombreuses campagnes « contre » l’obésité ont été organisées depuis des années, toutes vouées à l’échec puisque ce « syndrome maladie » ne va qu’en augmentant.

Il faut savoir que le tissu adipeux (la graisse) n’est pas simplement un endroit de stockage, mais c’est un organe à part entière qui est sous contrôle hormonal. Dès lors, on comprend que le manque de sommeil, le rythme de vie, les perturbateurs endocriniens dont on parle tant, les métaux lourds, la lumière bleue des écrans peuvent dérégler la balance énergétique.

En clair, l’obésité n’est pas seulement due à un problème nutritionnel. On parle donc de cofacteurs non nutritionnels.

Donc, ne pas culpabiliser un enfant, surtout s’il fait déjà des efforts et que les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur de ce qui était espéré.

Nos sommes inégaux dans notre capacité à « métaboliser » nos nutriments et cataboliser (brûler) nos graisses.

Maladie? Oui et comment on fait?

C’est compliqué, car plein d’éléments entrent en jeu, qui sont déterminants pour le devenir de l’enfant et de l’adolescent:

  • il n’y a aucune égalité en ce qui concerne le métabolisme de chacun: d’aucuns mangent comme quatre et ne prennent pas un gramme, d’autres collectionnent les kilos en faisant un petit écart: injustice, donc, mais c’est ainsi; il y a un « code barre » dans chacune de nos cellules et donc des limites à la gestion du poids « idéal ».
  • l’entourage familial: rien ne sert de donner mille conseils à un enfant si personne ne fait comme lui au sein de la famille: il ne comprendra pas pourquoi lui doit faire des efforts, alors que le petit frère prend des barres chocolatées chez grand-mère… et « lui, on lui dit rien! »: sentiment d’injustice
  • lieu de vie: si l’accès à la cuisine et au contenu des placards est facile, surtout si le jeune est parfois livré à lui même (en fin de journée, les deux parents pas encore rentrés du boulot)= perte de chance, il va « se gaver » devant l’écran.
  • mode de vie: TV, canapé, grignotage, le trio maudit
  • problème au sein de la famille: un décès? un divorce qui ne passe pas bien? L’enfant va compenser en « mangeant ». Pas toujours, mais c’est un facteur favorisant. L’aider à en parler avec le pédiatre ou un(e) psychologue, l’accompagner, c’est important.
  • conviction des parents: « dans la famille, vous savez on a tous ce problème ». Sortir de cette passivité, motiver l’entourage reste ce qu’il y a de plus difficile
  • petit déjeuner chez les jeunes enfants et les adolescents: si celui-ci est pris à l’arrache, la cause est quasi perdue.  Dès 10/11h du matin le cerveau va être en état de « manque » en terme de bonnes calories et l’enfant/ado va se mettre à grignoter sans vrai rythme= pas bon
  • dîner: autrefois, on parlait de souper, c’était mieux. Ça rimait avec « léger ». Désormais, ce rendez-vous quotidien est le seul qui soit convivial, tout le monde y passe plus de temps que pour le petit-déjeuner. Du coup, on s’éternise, parfois même devant l’écran, on mange bien et on se ressert. Fatal. Pas besoin de faire un dessin pour comprendre que tout ce surplus va s’accumuler pendant la nuit. Donc réduire la voilure le soir au dîner, de moitié, c’est encore bien suffisant. L’idée: avoir un peu faim en sortant de table. Mais tout le monde doit faire pareil, sinon ça ne marche pas.
  • les goûters riches en sucres: facile d’utilisation, pas chers, pratiques à fourrer dans le cartable, mais pas bon pour l’organisme. À remplacer par un fruit et à laisser dans le magasin.
  • boire de l’eau, davantage
  • pratiquer du sport, au moins un peu: ne pas prendre l’ascenseur, marcher assez vite plutôt que faire du vélo, 1/2h de marche rapide par jour, à faire en famille le week-end, rien de tel.

Les bonnes habitudes à prendre dès le plus jeune âge:

Déjà chez le bébé, puis chez le nourrisson (après 2 mois), il convient de faire prendre de bonnes habitudes à votre enfant:

  • naturellement l’allaitement exclusif, en particulier jusqu’à 6 mois est un facteur déterminant dont on sait qu’il diminue le risque d’obésité
  • en cas d’alimentation de votre bébé par lait infantile, il est important de lui donner les doses adaptées et ne pas tomber dans la tentation de lui donner un biberon…dès qu’il pleure. Le pleur ne signifie pas qu’il a nécessairement faim. Voyez si le rassurer tout simplement en le prenant dans vos bras ne suffit pas. Ou s’il n’y a pas autre chose (un rot qui passe mal, une selle un peu dure, un petit coup de stress, une poussée dentaire).
  • lors de la diversification alimentaire (4/5 mois), le pédiatre vous donnera un « programme » d’introduction des légumes, des viandes, des fruits. Respectez bien ce qu’il va vous proposer, en particulier avec les produits laitiers dont il ne faut pas abuser.
  • quand votre enfant arrivera vers l’âge de 12 mois, utilisez plus volontiers un lait de suite (3e âge) qui sera allégé en protéines et plus adapté pour votre enfant (mieux que le lait de vache habituel) et ce jusqu’à l’âge de 3 ans.
  • Habituez-le alors à 3 repas par jour. Pas de gouter le matin (il vaut mieux un bon petit déjeuner), et s’il souhaite un petit goûter à 16heures, privilégiez déjà un fruit. Rien d’autre.
  • L’acquisition de la marche entre 11 et 15 mois va favoriser une perte de poids et une meilleure adaptation de celui-ci par rapport à sa taille (IMC).
  • Et plus tard, évitez d’acheter tout ce qui est sodas, sucres rapides (céréales tellement prisées par les enfants, mais trop sucrées), plats cuisinés, pâtes, fromages à pâte molle.
  • S’il prend les bonnes habitudes dès le plus jeune âge, c’est gagné. Après 6 ou 7 ans, les mauvaises habitudes sont prises, et c’est nettement plus difficile.

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