Le Covid-19, où en sommes nous en cette fin du mois de juin 2020?

3 mois invraisemblables

Nous venons tous de passer une période que personne ne prévoyait. Même les épidémiologistes, les infectiologues, les virologues, les stastisticiens étaient d’avis différents souvent, ce qui a forcément compliqué la tache de nos gouvernants qui ont du prendre des mesures pour le bien de toute la collectivité.

Moi même, en tant que pédiatre réanimateur, dans notre établissement hospitalier (le Groupe Saint Vincent à Strasbourg), nous avons du transformer notre salle de réveil du bloc opératoire en vaste service de réanimation, avec en permanence 20 personnes ventilées pour cause de Covid: du jamais vu!

Les femmes qui venaient accoucher ont du être isolées, les papas au début (mars) n’ont pas pu être présents à certains accouchements ou en tous les cas devaient repartir vite. C’était un vrai cauchemar pour ces couples, car nous étions au début d’une épidémie dont nous ne connaissions pas grand chose. Je félicite ces parents qui ont écouté nos conseils, appliqué à la lettre nos recommandations et ne se sont pas plaints: il y en allait de la survie de tout le monde.

Avec le temps, courant mai, nous en savions un peu plus, nous avons pu assouplir, heureusement.

Et désormais les crèches, les écoles ouvrent, les adultes reprennent le chemin du travail, c’est un ouf de soulagement, même si…nous ne connaissons pas bien la suite du scénario.

Il fallait veiller à ne pas être en surcharge pour pouvoir admettre d’autres cas, ce qui a nécessité de transférer certains patients au Luxembourg, en Allemagne, ans d’autres régions de France. Incroyable.

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« Le dernier livre du Dr Pfersdorff »

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Ce que nous savons désormais:

  • ce Covid-19 est un coronavirus, nettement plus virulent et pathogène que les autres 150 coronavirus déjà identifiés dans le monde
  • son mode de transmission est très volatile ( surtout par les sécrétions de salive lorsqu’on parle, quand on tousse), mais aussi par les mains contaminées. Plus rarement les selles.
  • la crise est en train de se ralentir, mais personne ne peut dire que ça ne démarrera pas cet été ou à la rentrée scolaire de septembre (la reprise de gros clusters en chine est inquiétante à ce sujet, on ne comprend pas trop)
  • Les enfants ne sont pas le vecteur principal de l’épidémie
  • la quasi-totalité des enfants qui ont été infectés par le Covid-19 l’ont été au contact d’adultes.
  • les enfants ont été nombreux à être atteints, mais sans symptômes la plupart du temps
  • En France, les cas pédiatriques (0-14 ans) représentent 1 % de l’ensemble des cas symptomatiques hospitalisés.
  • À la date du 5 mai (données SI-VIC, Santé publique France), moins de 100 enfants étaient hospitalisés pour une infection Covid-19 avec PCR positive, dont 30 en réanimation. Deux décès ont été rapportés chez des enfants de moins de 15 ans, infectés par Covid-19. Actuellement, des cas avec des complications inflammatoires tardives sont décrits, et en cours de recensement, mais concernent un nombre limité d’enfants.
  • N’oublions pas cependant que les années précédentes des enfants mourraient dans notre pays à cause d’autres infections: en 2016, 40 enfants de 1 à 14 ans sont ainsi décédés d’une maladie infectieuse (INSEE) non Covid. Il faut donc relativiser.

Retourner à l’école, dans les crèches ? Mais oui, bien entendu.

C’est une évidence, et ce pour plusieurs raisons:

  • Retrouver ses camarades de jeux ne doit pas être considéré comme les exposant à des risques particuliers. Il est urgent de rappeler que des collectivités d’enfants, crèches ou classes, ont continué à exister pendant le confinement, notamment pour les enfants des personnels soignants. Aucune épidémie n’a été relevée dans ces groupes d’enfants, alors que la circulation virale était forte parmi les adultes.
  • car on sait repérer les clusters désormais, les entourer, faire des prélèvements sur les sujets contacts avec une réelle expérience
  • tout le matériel est disponible pour cela: écouvillons de différentes tailles, prises de sang et réactifs, gel hydro alcoolique, masques, etc.
  • les gestes barrières sont désormais bien intégrés
  • l’épidémie s’est calmée, même si on ne peut pas prévoir des redémarrages ici ou là; en particulier à la rentrée de septembre
  • on sait comment prendre en charge cette maladie virale: un panel de médicaments (dont le plaquenil tellement décrié, mais prescrit au bon moment) peuvent être utilisés à meilleur escient 
  • les enfants comme les adultes doivent se resociabiliser, c’est essentiel pour l’équilibre psychique mais aussi physique, et donc pour conserver une bonne santé
  • les enfants doivent être à nouveau au contact de la plupart des virus et bactéries et champignons contre lesquels ils vont pouvoir refabriquer leurs anticorps habituels, car un confinement trop prolongé fait baisser ceux-ci et risque de les voir tomber malade encore plus souvent par la suite. C’est ce qu’on appelle la mémoire immunitaire.
  • même pour 15 jours d’école ca vaut la peine, tout le monde va reprendre confiance
  • certes c’est beaucoup de stress pour les directeurs d’école, les enseignants, les responsables crèche, mais tout le monde s’y met, c’est admirable.
  • Ouvrir les écoles est possible si les adultes accompagnent cette rentrée de manière positive. L’exemplarité doit être sans faute, à commencer par les mesures d’hygiène et les gestes barrières. Ce sont les adultes qui doivent protéger les enfants d’une possible contamination, tout en préservant des interactions de qualité entre adultes et enfants ainsi qu’entre les enfants eux-mêmes.
  • nous devons penser aussi à ceux qui sont en risque de décrochage scolaire: tout le monde n’est pas logé à la même enseigne à domicile en terme d’accompagnement par les parents. Ce serait dommage que certains enfants aient une perte de chance.
  • 20 présidents de sociétés savantes de pédiatrie réclament le retour des enfants à l’école, ca ne compte pas pour du beurre !

Et les parcs? les aires de jeux?

Les mesures de distanciation excessive (comme la suppression des espaces de jeux, l’interdiction aux enfants de jouer entre eux, ou le refus de consoler un enfant) sont inutiles voire préjudiciables.

Lettre aux parents et aux professionnels de santé, de la part des sociétés de pédiatres

La perspective du retour en collectivité des enfants et des adolescents marque une nouvelle étape dans cette pandémie qui a bouleversé nos vies. Il est à l’origine de très nombreuses questions et inquiétudes bien compréhensibles. La Société Française de Pédiatrie et la Société Française de Médecine Générale qui rassemblent les praticiens qui suivent les enfants, souhaitent avant tout rassurer les parents. En effet, les connaissances accumulées depuis ces 2 derniers mois confirment que l’infection à COVID-19 est une maladie bénigne chez la quasi-totalité des enfants. Les formes graves sont très rares, moins fréquentes qu’en cas de grippe ou de bronchiolite. Des cas de complications inflammatoires tardives ont aussi été décrits (Syndrome de Kawasaki) dans les régions où le virus a circulé, mais concernent un nombre limité d’enfants.

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Les 4 autres livres écrits par le Docteur Arnault Pfersdorff, fondateur de pediatre-online, édités chez Hachette-Famille
  • « Manuel Bébé Premier mode d’emploi »  Le Bestseller chez Hachette Famille 286 pages 16,95€ Disponible ICI

  • « Mon enfant ne dort pas- 7 solutions » Hachette Famille 64 pages 5,95€ Disponible ICI
  • « Mon enfant ne mange pas- 7 solutions » Hachette Famille 64 pages 5,95€ Disponible ICI
  • « Mon enfant n’est pas propre – 7 solutions » Hachette Famille 65 pages 5,95€ Disponible ICI

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C’est désormais 4 livres du Dr Pfersdorff pédiatre, qui sont édités chez Hachette et distribués dans toutes les librairies de France, mais aussi Belgique, Luxembourg, Suisse, Canada. Ils s’adressent aux parents. Egalement sur Amazon, Fnac, BNF, etc.


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