La protection solaire chez les enfants.

Article écrit par le Docteur Claudia LITZLER, pédiatre.

En France 1773 décès en 2015 par cancer de la peau dont 2/3 liés à l’exposition solaire. Nous recevons 50 % des rayons du soleil reçus en une vie avant l’âge de 20 ans.

Trois types de rayons ultra-violets (UV) sont envoyés par le soleil.  Les UVC  n’atteignent pas la peau puisqu’ils ne traversent pas la couche d’ozone.

Les UVA, très nombreux et responsables du vieillissement cutané, pénètrent la peau en profondeur et sont susceptibles de causer des dommages dans la structure ADN.

Les UVB sont responsables du bronzage (et des coups de soleil). Ils restent à la surface de la peau et activent les mélanocytes qui fabriquent de la mélanine, un pigment qui colore l’épiderme.

L’indice SPF en anglais (sun protection factor) correspond à un facteur de multiplication du temps qui serait nécessaire pour que survienne un coup de soleil sans protection. Ce qui veut dire qu’avec un indice 30, il faudra 300 minutes pour avoir un coup de soleil qu’on aurait normalement en dix minutes sans protection.

La réglementation impose depuis 2006 que les crèmes protègent contre les deux types d’UV, avec un rapport de 1 à 3 : une crème qui affiche un facteur de protection solaire (FPS) de 30 devra garantir une protection contre les UVA d’indice 10. La protection anti UVA doit être vérifiée.

Les crèmes solaires ne sont pas équivalentes, lisez bien les étiquettes.

 

Filtre chimique

Filtre minéral

mécanisme

Absorbe les UV via molécules artificielles

Réfléchit les UV comme un miroir

assemblage de microparticules de minéraux (dioxyde de titane, talc, mica, oxyde de zinc, oxyde de fer,).

avantage

Protège du cancer de la peau

Plus agréable (ne colle pas)

Protège du cancer de la peau

inconvénient

Délai 30 minutes avant efficacité

Non biodégradable

Polluant pour les océans et le corail

(sauf si indication contraire)

Perturbateur endocrinien

Possibles allergies

Si nanoparticules : toxicité possible sur peau lésée, sur coup de soleil, sur le visage ou si inhalation pour les sprays

2011 AFSSAPS recommande précautions

 

 

Si pas de nanoparticule : produit OK

 

  • 2011 : l’Afssaps recommande de ne pas utiliser de produit cosmétique notamment les produits de protection solaire contenant du TiO2 sous forme nanoparticulaire sur :
  • – la peau lésée, à la suite d’érythèmes solaires (ou « coups de soleil ») par exemple, et ceci en l’absence de données d’absorption cutanée spécifiques ;
  • – le visage et dans des locaux fermés lorsque ces dernières sont contenues dans des «sprays» aérosol, dans l’attente de données per mettant de finaliser l’évaluation du risque par voie aérienne.

 

Règles à suivre pour une exposition raisonnable :

  • Interdiction d’exposer un enfant de moins de 2 ans.
  • Eviter les expositions entre 12 et 16 heures l’été.
  • S’informer sur l’indice du rayonnement UV de la journée (site météo). Cet indice va de 1 à 11 ; une protection est nécessaire à partir de l’indice 3.
  • Se méfier des journées nuageuses ou venteuses, où la sensation de chaleur est diminuée, d’où un risque d’exposition prolongée.
  • Attention à la réflexion du sol (mer : 10 %, sable : 20 %, neige : 90 %) et à ses conséquences : le parasol ne protège que de 50 % du rayonnement solaire.
  • Associer si possible plusieurs protections chez l’enfant : vêtements et produits antisolaires.
  • Ne pas oublier de sécher l’enfant et de remettre du produit antisolaire après chaque bain.
  • Porter des lunettes de soleil
  • Faire boire régulièrement les jeunes enfants pour éviter les coups de chaleur.

Exemples de crèmes OK :

Fabrication locale, BIO, ECOCERT, non testée sur les animaux, sans nanoparticules, sans conservateur, résistent à l’eau.