38 laboratoires unis pour lutter contre la tuberculose
A l’initiative de Bruxelles et de la direction générale de la Recherche, » Action clef maladies infectieuses « , un groupement de 38 laboratoires de recherche, se mobilise pour accélérer le développement de vaccins contre la tuberculose et pour, à terme, éradiquer la maladie.
La tuberculose tue 2 millions de personnes par an. Le BK est le microbe le plus destructeur de la planète. 22 pays réunissent plus de 80 % de tous les cas mondiaux. Fortes de ce constat, 1′OMS, l’Union internationale de lutte contre la tuberculose et les instances européennes ont décidé la mise au point et l’analyse comparative de plusieurs candidats vaccins existants, car la vaccination reste le seul moyen d’éradiquer la maladie.
Travail multidisciplinaire
Dans ce but, il faut associer les efforts des recherches académiques et industrielles, ce que vont faire 38 laboratoires sous l’égide de la Commission européenne. Brigitte Gicquel, chef de l’unité de génétique mycobactérienne à l’Institut Pasteur à Paris, coordinatrice de ce projet européen appelé » TB Vaccine Cluster « , explique la démarche : » Il faut souligner la valeur du travail multidisciplinaire qui réunit autour de ce projet des généticiens, des spécialistes du génome, des immunologis tes , des industriels et des biochimistes. »
Un financement de 5 millions d’euros assure la viabilité du projet pour trois ans. Bruxelles, .. mais aussi Aventis Pasteur et SmithKline-Beecham contribuent à l’investissement. Cela devrait permettre de faire avancer le travail sur les candidats vaccins, d’optimiser et de tester ces vaccins sur des modèles animaux pour lancer des essais cliniques humains. La transparence et la rédaction précise de règles juridiques assurent le bon fonctionnement de ce projet inédit. » Ce texte assure une crédibilité et rassure les différents partenaires du cluster « , ajoute la coordinatrice.
Sur le terrain, plusieurs sites de tests sont prévus pour envisager différents types de réactions sur des populations variées. Les pays partenaires sont ceux qui, comme le Gabon, sont déjà bien engagés dans la lutte contre la tuberculose. Leur profil se définit selon des caractéristiques d’incidence tuberculinique élevée, d’accessibilité au traitement pour tous et de réponse enthousiaste à l’investissement dans des structures de soins et de lutte contre la maladie. Il faut agir vitre. En 1993, la tuberculose a été déclarée urgence mondiale par l’OMS. L’épidémie de SIDA et l’émergence de bacilles multirésistants aux antibiotiques contribuent à aggraver l’impact de la maladie.
Entre 2000 et 2020, près d’une milliard de personnes seront nouvellementr infestées si aucune amélioration n’est apportée dans le controle de cette infection.
L’Afrique subsaharienne, certaines régions d’Asie, mais aussi à nos portes , des pays d’Europe de l’Est sont concernés.
A. Charlery-Labouche, le quotidien du médecin, 24 octobre 2000


