Les Rhino-pharyngites récidivantes de l’enfant : qu’est-ce que c’est ?

La rhino-pharyngite est une infection quasi obligatoire de l’enfant. Dès lors qu’elle devient récidivante, favorisée par le milieu urbain et plus encore la collectivité, elle répond à une prise en charge spécifique dont le maître mot à, l’adresse des parents, est « patience ».

De dix épisodes par an La rhino-pharyngite est une infection virale du rhino-pharynx ou cavum, souvent sur infectée par des bactéries. Très fréquente chez l’enfant du fait de l’hypertrophie des végétations adénoïdes, l’existence de rhinopharyngites rend compte d’un processus normal d’acquisition de la maturité immunologique du nourrisson. La qualification de rhino-pharyngite récidivante sera admise à partir de dix épisodes par an en moyenne.

Collectivité, concentration urbaine, fratrie A l’évidence, la collectivité et les concentrations urbaines favorisent la survenue de rhinopharyngites et des récidives. Ainsi, les enfants gardés en crèches à grands effectifs sont davantage concernés que ceux des crèches familiales, eux-mêmes plus souvent infectés que ceux gardés par des nourrices. L’importance de la fratrie joue aussi son rôle. Des études menées dans des mégapoles (Tokyo, Mexico) montrent la place des grandes urbanisations dans cette affection, ainsi que celle de la pollution.

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Défit en fer et RGO Plus individuel, le déficit en fer sérique est un facteur favorisant bien connu, même s’il ne s’accompagne pas d’anémie ou de microcytose. On ne doit pas négliger non plus la place d’un reflux gastro-Ïsophagien clinique ou asymptomatique. En pratique, le nourrisson est protégé par les immunoglobulines maternelles, en particulier les IgA, jusqu’à 6 mois. Le pic d’affections se place-entre 6 et 18 mois. Enfin, on ne peut exclure une prédisposition familiale (parents ou fratrie) et le rôle d’un terrain atopique certain.

Lavages de nez?

Si le médecin le prescrit (car il y a une obstruction nasale patente ou une véritable rhino-pharyngite et non pas un simple rhume ou un nez qui coule) et seulement dans ces cas là, une rhino-pharyngite doit être traitée de façon symptomatique, sans antibiotiques d’emblée (RMO), en insistant sur la désinfection rhino-pharyngée pluriquotidienne ( entre 3 et 5 fois selon la prescription du médecin uniquement).

L’enfant doit être fermement maintenu sur le ventre et la totalité d’un flacon pipette instillée dans chaque narine. Cette désinfection peut être effectuée avec du sérum physiologique, du Prorhinel ou de l’eau de mer (Physiomer, Stérimar) après avoir aspiré le nez avec un mouche-bébé ou mieux avec un aspirateur buccal (acheté en pharmacie) et en renouvelant l’aspiration après le lavage. Le reste du traitement repose sur les antipyrétiques (paracétamol ou aspirine) et les anti-inflammatoires.

ENCORE UNE FOIS, NE FAIRE QUE SI LE MÉDECIN LE PRESCRIT. NE PAS FAIRE CET ACHARNEMENT DEVANT UN SIMPLE ÉCOULEMENT DE NEZ, C’EST UNE VÉRITABLE EFFRACTION.

Le mouchage

Après 2 ans, l’enfant doit apprendre à se moucher. L’éducation à ce geste simple permet d’éviter le tic de reniflement qui favorise la survenue d’otites séreuses et de poches de rétraction tympaniques : deux complications dues à la dépression créée par le reniflement au niveau de la trompe d’Eustache et de la caisse du tympan.

Parfois, antibiotiques Certains cas particuliers, toutefois, requièrent une antibiothérapie. Il s’agit des rhino-pharyngites fébriles survenant sur un terrain fragilisé : trisomie 21, antécédents de convulsions, tares, cardiopathie.

Le bilan

  • Cause ou conséquence de la rhino-pharyngite récidivante, la carence martiale doit être recherchée au cours du bilan, comportant NFS, fer sérique et ferritine, CRP.
  • Un prélèvement bactériologique des fosses nasales, au-delà de 36 mois, permet de guider une éventuelle antibiothérapie. Les germes les plus souvent rencontrés sont HÏmophilus, pneumocoque, Branhamella, autres streptocoques et staphylocoques.
  • A partir de 3-4 ans, un bilan plus important doit être demandé, s’orientant dans quatre grandes autres directions : la mucoviscidose, l’allergie, le reflux gastro-Ïsophagien, la dyskinésie ciliaire.
  • La mucoviscidose est dépistée sur le test de la sueur, demandé surtout si l’enfant a présenté des otites à répétition et a des infections broncho-pulmonaires. Un cliché pulmonaire et un avis pneumo logique sont utiles.
  • Un dosage pondéral des IgG, IgA et IgM, à la recherche d’un déficit immunitaire, peut être effectué ainsi qu’un Phadiatop (qui dépiste douze allergènes). Le dosage des IgE totales est peu fiable. Si le doute sur un terrain allergique est fort (notamment en cas d’atopie familiale connue), un avis allergologique,s’impose pour réalisation de prick-tests et de RAST sériques.
  • Chez un enfant qui a présenté des épisodes de laryngite, il convient d’évoquer un reflux gastro-Ïsophagien, mis en évidence, lorsqu’il est infraclinique, par une pHmétrie.
  • Enfin, si tout ce bilan est normal, on peut évoquer une anomalie de la mobilité ciliaire. Le diagnostic est confirmé par une biopsie de muqueuse nasale ou biopsie de cils, en milieu hospitalier (l’affection la plus fréquente est le syndrome de Kartagener).

Quel traitement ?

  • Le premier rôle du médecin face à cette infection ORL récidivante est d’enseigner la patience aux parents. Leur expliquer qu’il s’agit d’une pathologie normale de maturité immunologique, qu’elle apparaît au I contact d’autres enfants et | s’améliore avec l’âge. Un autre I mode de garde peut parfois améliorer la situation.
  • La piscine peut être fortement déconseillée.
  • Des traitements existent. Le premier est l’adénoïdectomie (ôter les végétations). Elle est réalisée à partir de l’âge de 1 an. Le geste est réalisé sous anesthésie générale, sans intubation. C’est l’intervention chirurgicale la plus réalisée en France. Ce grand nombre explique quelques rares complications, hémorragiques le plus souvent qui vont vite s’arrêter.
  • Diverses thérapeutiques sont proposées en traitement prolongé : immunomodulateurs, oligo-éléments. Bien que largement prescrites, elles ne bénéficient pas d’études randomisées contre placebo à large échelle.
  • Les antihistaminiques, en l’absence d’allergie documentée, n’ont jamais prouvé leur efficacité au long cours.

Enfin, si malgré l’adénoïdectomie, les rhino-pharyngites récidivent chez un enfant âgé et que s’y associent soit des otites, soit des infections broncho-pulmonaires, en rapport avec une anomalie de l’infection ciliaire, on est autorisé à prescrire une antibiothérapie prolongée. Il s’agit de prescrire en alternance tous les quinze jours un antibiotique parmi trois classes thérapeutiques : pénicillines, macrolides, céphalosporines.

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