Utiliser des moustiquaires et des insecticides chez les enfants?

Que penser des moustiquaires ?

La nuit, les moustiquaires imprégnées d’insecticides (pyréthrinoïdes) restent la meilleure des protections. Elles doivent être en bon état, avec des mailles fines, et toucher le sol (ou être bordée sous le matelas).

En pharmacie ou en magasin spécialisé, vous pouvez vous procurer des moustiquaires déjà imprégnées ou les imprégner vous-même avec des kits d’imprégnation (voir la partie insecticides). En cas d’imprégnation par trempage de moustiquaire à l’aide d’un kit, le produit reste efficace entre un et trois mois et ne résiste généralement pas à plus de trois lavages. Les moustiquaires commercialisées déjà imprégnées peuvent rester efficaces plus longtemps et résistent aux lavages successifs.

Pensez à emporter des cordelettes ou de la ficelle pour vous aider à fixer les moustiquaires.

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Que penser des insecticides ?

Les insecticides provoquent la mort des insectes. Ils peuvent également avoir un effet répulsif. La plupart des produits proposés en magasins contiennent des pyréthrinoïdes (les substances dont le nom finit en -thrine : perméthrine, etc.) qui sont des insecticides puissants et peu polluants. Toutefois, leur utilisation doit être limitée au strict nécessaire pour ne pas détruire des espèces d’insectes utiles. Ils sont également toxiques pour les poissons et autres animaux à sang-froid, prenez garde à vos aquariums ou terrariums…

Idéalement, il est préférable de placer un dispositif insecticide dans chaque pièce d’habitation. Les diffuseurs électriques, avec tablettes ou flacons de liquide, sont très efficaces : quelques minutes suffisent pour éliminer les moustiques d’une pièce. Pensez à emporter des adaptateurs de prise de courant. Si la pièce est bien fermée, il est possible de les débrancher après une heure de fonctionnement.

Les aérosols sont également efficaces, mais leur effet est plus lent. À l’extérieur ou dans une pièce aérée, les tortillons fumigènes sont efficaces. Attention, si vous en emportez dans vos bagages, pensez à les protéger, ils se cassent facilement. Dans les pays en voie de développement, vous en trouverez dans les épiceries (mosquito coils en anglais). La climatisation n’a qu’une action partielle en réduisant l’activité des moustiques. De même, les bracelets anti-insectes, les huiles essentielles, l’homéopathie, les rubans et autocollants sans insecticide, les appareils à ultrasons ou la prise de vitamines B1 sont tout à fait inefficaces pour repousser les moustiques.

Installer un ventilateur sur pied contre le lit de votre enfant (mais dirigé vers la chambre et non vers le lit) empêchera les anophèles femelles d’accéder au lit et de le piquer= très pratique.

Pour imprégner vos vêtements, emportez des insecticides vestimentaires en aérosol ou en solution de trempage. Ils protègent pendant plusieurs semaines, et résistent à quelques lavages. On trouve également sur le marché des textiles prétraités à la perméthrine pour la confection de vêtements. Les insecticides peuvent également être appliqués sur les moustiquaires ou les toiles de tente, pour un effet répulsif (disponibles en pharmacie).

Il existe également des produits d’imprégnation pour moustiquaire ou pour vêtement autorisés qui ne contiennent pas d’insecticide (pyréthrinoïde) mais une substance uniquement répulsive.

Compte tenu des changements possibles dans les formulations mises sur le marché, il convient de s’assurer de la composition exacte du produit et de ses modalités d’utilisation avant son acquisition sur simmbad.fr.

L’usage des répulsifs chez les jeunes enfants

Chez le jeune enfant, l’utilisation des répulsifs doit respecter un mode d’emploi précis (voir tableau suivant).
Chez l’enfant, ces produits peuvent être utilisés dès l’âge de six mois à condition de ne pas dépasser la concentration indiquée dans le tableau suivant et de respecter les contre-indications et les précautions d’emploi.

L’application de répulsif ne doit pas être faite sur les mains. En outre, chez les enfants ayant souffert de convulsions, l’usage des répulsifs est contre-indiqué par précaution. Vous le voyez, prudence !

Dans tous les cas, les moustiquaires de berceau imprégnées de pyréthrinoïdes sont considérées comme le moyen prioritaire de protection efficace chez les jeunes enfants. Toutefois, il faut faire très attention à ce que les nourrissons ne s’étouffent en attrapant et en « tétant » la moustiquaire.

Enfin, n’oubliez pas que tous les répulsifs sont toxiques lorsqu’ils sont ingérés : ne les laissez pas à portée des jeunes enfants et empêchez ces derniers de se sucer les doigts après pulvérisation.

Choisir un répulsif cutané contre les insectes

Il existe de très nombreux répulsifs cutanés en pharmacie. Ceux destinés aux pays tropicaux sont en général plus fortement dosés que ceux destinés aux pays tempérés. Les substances actives dont l’efficacité et la sécurité ont été prouvées par les autorités françaises sont :

  • le DEET (N1,N-diéthyl-m-toluamide)
  • le PMDRBO (mélange de cis- et trans-p-menthane-3,8 diol) ou 2-Hydroxy-α,α,4- trimethylcyclohexanemethanol
  • le KBR3023 (Carboxylate de Sec-butyl 2-(2-hydroxyéthyl) pipéridine-1 / Icaridine)
  • l’IR3535 (N-acétyl-N-butyl-ß-alaninate d’éthyle)

Les essences de citronnelle ou de géranium sont inefficaces.

Attention, l’utilisation de produits répulsifs chez les enfants et les femmes enceintes exige des précautions. Les femmes qui allaitent doivent respecter les mêmes précautions que chez les autres adultes, ne pas appliquer au niveau du sein et se laver les mains avant la mise au sein. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien pour connaître les produits adaptés à votre cas.

Attention, les répulsifs ne font pas bon ménage avec les crèmes de protection solaire : la crème solaire doit être appliquée au moins 20 minutes avant le répulsif. Évitez également les parfums et les crèmes parfumées qui peuvent attirer les moustiques. Enfin, sachez que le DEET fait fondre le plastique : attention aux montures de lunettes, au bracelet de votre montre ou aux tissus synthétiques !

Le tableau ci-dessous vous aidera à vous y retrouver dans les nombreux produits répulsifs disponibles dans le commerce. Si le produit dispose d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), veuillez vous référer aux conditions d’utilisation disponibles sur le site de l’ANSES.

Concentrations des substances actives entrant dans la composition des produits répulsifs
ÂgeSubstance activeConcentrationNombre maximum
d’applications par jour
De 6 mois à l’âge de la marche
 
 
DEET*1,220 %1
PMDRBO*319 à 25 %1
IR3535*320 %1
De l’âge de la marche à 24 mois
 
 
DEET*1,220 %2
PMDRBO*319 à 25 %2
IR3535*320 %2
De 24 mois à 12 ans
 
 
 
DEET*1,220 %2
30 à 50 %Posologie selon indications dans l’AMM
KBR3023*320 à 25 %2
PMDRBO*319 à 25 %2
IR3535*320 à 35 %2
Plus de 12 ans
 
 
 
DEET*1,220 %3
30 à 50 %Posologie selon indications dans l’AMM
KBR3023*320 à 25 %3
PMDRBO*319 à 25 %3
IR3535*320 à 35 %3
Femmes enceintes
 
 
DEET*1,220 %3
30 à 50 % si risque de maladie vectoriellePosologie selon indications dans l’AMM
KBR3023*320 %3
IR3535*320 %3

Source : Haut Conseil de la Santé Publique, dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 25 mai 2018.

*1 En cas d’exposition aux anophèles vecteurs des Plasmodium, agents du paludisme, la concentration minimale efficace de DEET est de 30%.

*2 Le DEET a fait l’objet d’une évaluation au niveau européen et cette substance a été autorisée au 1er août 2012, avec une restriction d’usage émise chez l’enfant de moins de 2 ans. Cependant, en cas de risque élevé de transmission d’une maladie vectorielle, il est utilisable sur une période courte en respectant scrupuleusement le nombre d’applications maximum admis et les conditions pratiques d’usage chez l’enfant. Les produits à base de DEET ont été évalués et font l’objet d’une AMM.

*3 L’IR3535 a été autorisé au niveau européen le 1er novembre 2015 et les produits qui en contiennent doivent désormais demander une AMM. Le KBR3023 et le PMDRBO sont en cours d’évaluation au niveau européen.

Tableau établi à partir de la liste des substances actives conforme aux recommandations de bonne pratique clinique sur la « protection personnelle antivectorielle » établies par la Société de médecine des voyages et la Société française de parasitologie, label HAS. Il faut noter que les conditions d’utilisation indiquées dans les AMM ne sont pas établies principalement dans un objectif de prévention de maladies vectorielles et prennent essentiellement en compte les risques environnementaux et de toxicité liés aux substances. Lorsque les répulsifs sont utilisés pour se protéger d’affections qui peuvent être sévères, notamment en milieu tropical, le bénéfice/risque est modifé et certaines restrictions d’utilisation peuvent être moindres.

Compte tenu des changements possibles dans les formulations mises sur le marché, il convient de s’assurer de la composition exacte du produit et de ses modalités d’utilisation avant son acquisition sur simmbad.fr.

Lire la suite de l’article écrit et publié sur eurekasante.vidal ICI

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