La gale : où en est-on?

La gale est une ectoparasitose à transmission interhumaine stricte due à un acarien appelé « sarcopte » (Sarcoptes scabiei var. hominis). Elle est en recrudescence en France : grâce aux données sur les ventes des différents scabicides disponibles sur le marché, l’incidence a été estimée à au moins 328 cas/100 000 habitants en 2010, soit une hausse de 10 % par rapport à 2002.

Gales communautaires ou nosocomiales, épidémies familiales, contamination au cours d’un rapport sexuel : tous les cas de figure sont possibles et représentent un enjeu majeur pour la santé publique. La conduite à tenir face aux différentes situations fait l’objet de recommandations officielles depuis 2012.

Et chez l’enfant?

Chez l’enfant et le nourrisson, la gale peut présenter quelques particularités : outre les classiques vésicules, sillons et lésions de grattage visibles au bout du délai d’incubation, qui est d’une quinzaine de jours environ, les jeunes patients peuvent présenter une atteinte du visage, des nodules postscabieux axillaires ou encore des pustules plus spécifiquement localisées au niveau palmoplantaire.

 

Dans ce contexte, qu’en est-il de la prise en charge de la gale chez l’enfant et le nourrisson ?

La grande diversité des prescriptions, y compris celles des dermo-pédiatres, était notamment due aux difficultés d’approvisionnement de certaines spécialités. Ce problème purement logistique est aujourd’hui résolu et de nouveaux traitements topiques sont commercialisés ou remboursés.

Et l’environnement ?

Permettant de limiter le risque de réinfestation, le traitement de l’environnement est indissociable du traitement oral ou topique prescrit. Il repose sur des règles simples et de bon sens : lavage du linge à 60 °C (le parasite étant détruit à 55 °C) ou mise à l’écart dans un sac plastique (avec ou sans acaricide) et nettoyage du lieu de vie avec les produits habituels. La pulvérisation d’un acaricide sur les matelas, canapés, poussettes, sièges auto, etc. est également nécessaire, surtout en cas de gale profuse ou hyperkératosique. Ces mesures sont mises en place le jour qui suit l’administration du premier traitement et sont à répéter le lendemain du second traitement.

De nombreux produits antiparasitaires actifs sur le sarcopte sont disponibles dans les pharmacies de ville : A-Par®, Enviroscab®, Eco-Logis® spray… mais tous ces sprays restent non remboursés. Voyez avec le pédiatre pour la prescription.

Des cas particuliers

La présentation clinique peut évoluer et se compliquer, notamment chez les enfants car ils ont du mal à ne pas se gratter. En cas d’impétiginisation, une antibiothérapie per os est rapidement mise en place. En cas d’eczématisation, il faut recourir aux émollients et à la corticothérapie locale. Si la peau est trop abîmée, l’ivermectine est à privilégier car les traitements topiques seront moins bien tolérés. Pour les gales profuses ou hyperkératosiques, associer traitement oral, topique et mesures environnementales drastiques semble pertinent, mais ne dispense pas d’avoir recours à un avis spécialisé, en milieu hospitalier notamment. Si l’enfant est scolarisé, le retour en classe peut être envisagé trois jours après le début du traitement. La gale n’est pas une maladie à déclaration obligatoire mais doit faire l’objet d’une surveillance accrue au sein des collectivités.

Education du patient

Il est important de comprendre ce qu’est la maladie et ce que l’on propose de faire pour la traiter, d’autant plus qu’il s’agit d’une maladie infectieuse associée à de nombreuses idées reçues et suscitant souvent la peur et le dégoût. Pour cela, des documents explicatifs à destination des patients ont déjà été mis au point, par les laboratoires, les instances sanitaires ou les médecins eux-mêmes. Ils permettent d’ouvrir le dialogue et constituent une base écrite de tout ce qui a pu être dit au cours de la consultation.

Ce n’est pas parce-que votre enfant a attrapé la gale qu’il faut en être honteux, la contagion se fait facilement en milieu de collectivités (école, lieux d’activité, etc.)

Article écrit par F. Leandro, docteur en pharmacie, Marseille B. Streling, pédiatre, CHU Timone, Marseille S. Mallet, dermatologue, CHU Timone, Marseille_ Publié dans Médecine & Enfance septembre 2017

 

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