Les acariens chez l’enfant

20% de la population

On estime qu’environ 20 % de la population a une allergie respiratoire. Celle-ci peut se manifester par une rhinite, de l’asthme ou une conjonctivite. Les acariens et les pollens sont les principaux pneumallergènes en cause.

Acariens

Paul, 8 ans, consulte en février pour un rhume qui traîne, présent la majeure partie de l’année, avec une recrudescence en septembre, janvier et lors de séjours dans une maison à en Bretagne. La famille vit dans un appartement au rez-de-chaussée, ayant subi un dégât des eaux récent suite à l’inondation de l’appartement du dessus. L’enfant partage sa chambre avec son frère aîné Jérôme (lits superposés). Il dort très mal depuis plus de 2 mois et éternue fréquemment le matin. Il a un asthme contrôlé sous aérosols.

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Acariens et poussière de maison

Les acariens font partie de l’embranchement des arthropodes et de la classe des arachnides. On dénombre près de 50 000 espèces d’acariens, dont la famille des acariens domestiques (house dust mites) et celle des acariens de stockage. Les acariens sont des organismes invisibles à l’œil nu, se nourrissant de phanères humains et animaux. Les acariens domestiques les plus répandus sontDermatophagoïdes pteronyssinus et D. farinae.

La poussière de maison contient des acariens mais également des pollens, des moisissures, des aliments et des allergènes d’animaux. Les acariens sont un allergène d’environnement intérieur ubiquitaire, présent même dans les maisons considérées les plus propres. On estime qu’1 gramme de poussière contient plus de 10 000 acariens. La chambre à coucher constitue le réservoir majeur, notamment au sein de la literie (sommiers, oreillers, draps, couvertures, couettes) et de la décoration (peluches, moquettes, tapis, fauteuils). Cependant, une étude ayant utilisé un dispositif portatif de recueil de la poussière avait objectivé que 40 % de l’exposition aux acariens se situait en dehors du domicile. Les acariens se développent grâce à 3 facteurs principaux : une humidité relative importante (70-80 % pour D. pteronyssinus, 50-60 % pour D. farinae), une température élevée (20-25°C), une nourriture à disposition (la desquamation journalière d’un individu pourrait nourrir des milliers d’acariens durant des mois). On comprend donc qu’un matelas où un sujet transpire dans un appartement chauffé et peu aéré durant l’hiver constitue une source d’acariens. De même, il est important de rechercher à l’anamnèse la présence de moisissures.

Comment le médecin va faire le diagnostic?

La démarche diagnostique est celle habituelle en allergologie : anamnèse détaillée (interrogatoire des parents, de l’enfant), prick-tests cutanés et/ou dosage d’IgE spécifiques dans le sang.

De manière simplifiée, on qualifie une rhinite allergique de persistante (versus intermittente) si elle dure plus de 4 semaines consécutives par an, et de sévère (versus légère) si elle retentit sur l’activité, la qualité de vie.

Stratégie thérapeutique

La prise en charge repose avant tout sur un contrôle optimal de l’environnement, ainsi que le traitement des symptômes pour la rhinite (corticoïdes locaux, antihistaminiques généraux et/ou locaux) et GINA pour l’asthme. Les mesures « anti-acariens » doivent être transmises aux familles : lutte contre les circonstances favorisantes dans les pièces de vie par le contrôle de la température et de l’hygrométrie, diminution du nombre d’acariens par la suppression des réservoirs (suppression des peluches dans le lit, des doudous, des tapis dans la chambre, utilisation de housses anti acariens) et la réalisation de mesures physiques, voire chimiques (le label anti-acariens n’est pas systématiquement un gage absolu de qualité), évitement des situations à risque.

L’immunothérapie allergénique dès 5 ans

L’éviction des acariens, lorsqu’elle est proposée, doit être globale. L’immunothérapie allergénique (ITA) correspond à l’administration de doses croissantes d’extraits d’allergène pour atteindre une dose efficace réduisant les symptômes reliés à l’exposition à celui-ci. Il s’agit du seul traitement étiologique possiblement efficace sur la rhinoconjonctivite allergique et/ou l’asthme.

Sa prescription, à partir de l’âge de 5 ans, est du ressort de l’allergologue qui doit avoir confirmé l’allergie (clinique évocatrice et positivité d’un test de sensibilisation aux acariens de poussière de maison). La voie sublinguale est actuellement privilégiée, sous une forme liquide APSI (Allergènes préparés pour un seul individu) ou plus récemment de comprimés (étude phase III pédiatrique), à donner quotidiennement toute l’année pour une période de 3 à 5 ans. 

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