Effets du tabagisme pendant la grossesse !
La nicotine et ses métabolites passent dans le liquide amniotique : la cotinine du liquide amniotique est multipliée par 8 en cas de tabagisme maternel actif et par 2,5 si la femme enceinte est passivement exposée à la fumée de tabac. Le rôle du tabagisme maternel dans l’induction d’un terrain allergique reste controversé. Une étude prospective a été menée sur une cohorte de 15712 enfants anglais nés en avril 1970. Son objectif était de préciser le rôle de différents facteurs, en particulier le tabagisme maternel anténatal, dans le développement d’une maladie respiratoire sifflante avant l’âge de 5 ans et la persistance de celle-ci à l’âge de 16 ans.
La survenue de sibilances précoces est étroitement associée à trois paramètres : sexe masculin, tabagisme maternel pendant la grossesse, hypotrophie à la naissance. Seulement 15 % des enfants «siffleurs » précoces ont gardé des symptômes respiratoires bas à l’âge de 16 ans. L’hypotrophie à la naissance et le tabagisme anténatal représentent des facteurs de risque indépendants. Toutefois, dans 8 cas sur 10, I’asthme n’est plus symptomatique à l’âge de 16 ans.
Parmi 97 nourrissons, I’apparition d’épisodes de sifflements au cours de la première année de vie était corrélée aux résultats de la fonction respiratoire mesurée avant l’âge de 6 mois. Ainsi, à 6 mois, les nourrissons qui devaient développer une pathologie respiratoire sifflante avant l’âge de 1 an présentaient déjà une diminution significative de leur fonction respiratoire (débit expiratoire maximum à la CRF = Vmax CRF) par rapport à ceux qui n’eurent aucun sifflement.
Dans cette étude, I’altération de la fonction respiratoire à 6 mois était corrélée au tabagisme maternel pendant la grossesse et à des antécédents d’asthme maternel. L’exposition in utero au tabac et l’atopie maternelle seraient donc les deux « marqueurs les plus importants pour prédire la survenue d’une pathologie respiratoire sifflante au cours de la première année de la vie.
Une autre étude confirme cette altération précoce des paramètres respiratoires chez les nourrissons passivement exposés au tabac . Parmi 53 nourrissons, explorés en moyenne à 5 semaines de vie, ceux qui avaient été exposés in utero au tabac présentaient déjà une diminution significative du Vmax CRF par rapport aux non-exposés. Ces nourrissons avaient aussi une réduction de la taille des voies aériennes et d’une altération des propriétés mécaniques du système respiratoire.


