ROR : vaccin gratuit et double injection (rougeole, oreillons, rubéole, vaccin)

La CNAMTS et le Comité français d’éducation pour la santé (CFES) veulent en finir avec la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR). Pour ce faire, pédiatres, médecins de famille, parents et télévision sont mobilisés. En outre, la recommandation d’une seconde injection, pour les enfants de 1 à 13 ans, est associée à la délivrance gratuite du vaccin.

En France, le taux de couverture vaccinale contre la rougeole, les oreillons et la rubéole stagnent à 84 % depuis 1996. Il en résulte une réduction de l’incidence de ces affections parfois mortelles, mais cela ne permet pas d’interrompre, à terme, leur transmission. Tant que 95 % des enfants de moins de 2 ans ne sont pas vaccinés et que l’administration de la seconde dose avant 6 ans n’est pas généralisée, des risques sporadiques de rougeole et de recrudescence de rubéoles congénitales existent. Aussi, pour atteindre puis maintenir ce taux de 95 %, la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), avec le CFES, a décidé que la recommandation d’une seconde injection serait associée à la délivrance gratuite du vaccin. C’est justement la combinaison de la gratuité et de la double injection qui a produit un effet de levier sur le taux de couverture vaccinale en Finlande, en Suède, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, où plus de 90 % des enfants de moins de 2 ans sont immunisés. Dès 1993,l’0rganisation mondiale de la santé (OMS) avait fixé comme objectif pour la région européenne, à l’horizon 2000, l’élimination de la rubéole congénitale, ainsi que la diminution de l’incidence des oreillons et de la rougeole à moins de 1 cas pour cent mille.

En France, le réseau Sentinelles a recensé 17 870 cas de rougeole en 1998, contre 80 000 l’année précédente; et l’âge moyen des affections est passé de 4 à 9 ans entre 1987 et 1997. En ce qui concerne les oreillons, des complications sévères sont observées chez 4 % des 26 000 patients touchés (en 1998), qu’il s’agisse de méningite, d’encéphalite, de surdité transitoire ou de pancréatite aiguë.

Le rôle des parents et des pédiatres

Quant à la rubéole, elle est, on le sait, particulièrement redoutable chez les femmes enceintes. En 1997, 11,6 pour cent mille étaient touchées, et le réseau Renarub signalait 1,1 cas de rubéole congénitale malformative pour cent mille.

Ainsi, la vaccination ROR devient une  » priorité de santé publique « . Les mères, les pères et les médecins sont conviés à jouer un rôle majeur. Il appartient au praticien de délivrer aux parents d’enfants âgés de 1 à 3 ans une ordonnance spécifique pour le vaccin ROR, sur laquelle il indique  » vaccination ROR délivrance gratuite « , soit en apposant un autocollant conçu à cet effet, soit, simplement, de façon manuscrite. Il doit y faire figurer aussi le nom, le prénom et l’âge de l’enfant, de même que le numéro d’immatriculation de l’assuré. Le pharmacien, pour sa part, renverra un bordereau récapitulatif avec les ordonnances à la caisse primaire de sa circonscription.

Contrairement au vaccin antigrippal, dont la gratuité est reconduite pour les 70 ans et plus, il n’est pas prévu, dans le dispositif ROR, l’envoi d’un imprimé de prise en charge.

Une campagne télé

En revanche, dans quelques mois, une carte postale personnalisée sera à nouveau adressée par les caisses aux parents d’enfants en âge d’être vaccinés afin de les sensibiliser, grâce à la gratuité du vaccin ROR. En même temps, une lettre du médecin-conseil national est envoyée aux médecins et aux pharmaciens.

Tous les enfants de 1 à 6 ans doivent donc recevoir deux doses de vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. La première est conseillée à partir de 12 mois, et la seconde, recommandée depuis 1997 et que la CNAMTS et le CFES souhaitent voir généralisée, entre 3 et 6 ans. Il est possible de vacciner contre la rougeole dès 9 mois pour les jeunes vivant en collectivité, et de procéder à une nouvelle injection six mois plus tard en association avec les oreillons et la rubéole.

Lors d’une menace d’épidémie, la vaccination moins de trois jours après le contact avec un cas peut être efficace.

Bien entendu, l’influence des médecins est capitale. Or, à l’origine des principaux refus de vaccination révélés par le programme pilote ROR qui a été mis en oeuvre dans six départements à partir de 1996 (et dont le taux de couverture vaccinale à 2 ans était inférieur à 70 %), on trouve les réticences de certains praticiens (homéopathes en particulier, tenant d’une philosophie plutôt que d’une approche scientifique). En 1998, près de 98 % se déclaraient favorables à cette action de santé publique.

A ce jour, 13,3 % des parents n’ont pas fait vacciner leur enfant de moins de 2 ans contre le ROR.

 

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