Pollens et moisissures : une analyse comptable (environnement asthme, toux, pollution, rhinites saisonnières, sinusites, allergies, etc.)

Le Réseau national de surveillance aéroblologique (RNSA) a pour mission de réunir les informations sur le risque allergique associé aux pollens et aux moisissures à partir de capteurs répartis sur tout le territoire français, et d’établir des bulletins permettant de définir des mesures d’alerte, de prévention et de prescription.

Une quarantaine de capteurs de pollens et de moisissures sont réparties en France dans des zones urbaines, à l’extérieur des habitations. Ces capteurs aspirent l’air environnant et le projettent sur une bande adhésive; l’ensemble des particules contenues dans cet air aspiré sont ainsi compactées sur cette bande dont la lecture est quotidienne. Les capteurs sont changés chaque semaine.

Des informations cliniques sont également recueillies sur chaque site grâce à un médecin Sentinelle, toujours un allergologue, qui dispose d’un réseau de correspondants, médecins généralistes et spécialistes.

Chaque semaine, ces médecins remplissent un questionnaire qui permet d’évaluer le risque allergique sur le site. « Cela permet de mesurer la prévalence de tel ou tel symptôme à une période donnée, explique Michel Thibaudon, directeur du RNSA. Y a-t-il eu plus de rhinites ? Ou de conjonctivites ? La toux est-elle fréquente ? L’évaluation du niveau de traitement mis en oeuvre est également noté. Les médecins ont-ils prescrit seulement des antihistaminiques ou ont-ils dû avoir recours aux corticoïdes ? Ces considérations permettent de quantifier le niveau de gravité de la pathologie rencontrée. »

Les trois saisons polliniques

Toutes les informations émanant des capteurs et des médecins sont collectées par le RNSA, qui établit des bulletins allergo-polliniques. Ils précisent les pollens en cause et le risque associé à ces pollens et à ces moisissures. Le cumul des données et de la météorologie va permettre de prédire le risque à venir. Les bulletins sont communiqués à tous les membres du réseau (une centaine dans toute la France), aux DASS et aux DRASS, à l’Institut de veille sanitaire et sur le site Web (rnsa.asso.fr).

Le risque pollinique est associé aux trois grandes saisons des pollens : la saison des arbres, de janvier jusqu’à la fin mai; la saison des graminées, de début mai jusqu’à fin juillet; la saison des herbacés, de juillet à fin septembre. Les cyprès étant des arbres très allergisants, « on pourrait donc dire, expliqùe Michel Thibaudon, que le risque est maximal sur le pourtour méditerranéen, mais ilfaut savoir que les pollens voyagent sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres ».

Les informations étant transmises par l’intermédiaire des bulletins, des mesures peuvent être prises. Au niveau préventif en informant les patients, et au niveau des prescriptions afin de mettre en route ou de poursuivre les traitements symptomatiques. « Un exemple, souligne Michèl Thibaudon : il peut être très utile de prévenir les pédiatres que telle période est celle des rhinites allergiques plutôt que celle des rhinites infectieuses. Et donc que la prescription d’antibistaminiques sera plus efficace que celle d’antibiotiques. »

Toute la végétation est couverte de moisissures et l’émission de spores est extrêmement abondante. Il existe une très grande diversité de moisissures, mais elles ont été beaucoup moins étudiées que les pollens; or certaines sont très allergisantes.

Deux pics pour les moisissures

Deux pics sont à signaler : le premier à partir du 15 juin jusqu’à fin juillet, et le second du 15 septembre au début de novembre. Les manifestations cliniques des moisissures étant relativement proches des manifestations polliniques, les médecins ont une certaine tendance à les associer à une pollinose, et ce d’autant plus qu’ils ne possèdent pas une batterie de tests équivalente à celle des pollens. Les régions humides sont théoriquement plus touchées que les régions sèches, mais ici encore le vent est très propice au déplacement. Tout ce qui concerne les moisissures suit exactement le même circuit que pour les pollens; capteurs, médecins sentinelles, RNSA, bulletin, mesures d’alerte.