Les maladies transmises par les animaux de compagnie

RISQUES DE ZOONOSES LIÉES AU CONTACT DE L’ENFANT AVEC LES ANIMAUX DE COMPAGNIE

Article écrit par le Dr Amélie KPADE, Vétérinaire à la clinique Vétodefamille à Saint Bonnet de Mûre (69720)

On appelle zoonose toute maladie transmissible de l’animal à l’homme et/ou de l’homme à l’animal. Certaines, comme la rage ou la toxoplasmose sont très connues, d’autre beaucoup moins alors  qu’elles peuvent être dangereuses, notamment pour les catégories à risque que sont les bébés et enfants en bas âge.

Si vous avez possédez un animal de compagnie, chien, chat, lapin, mais aussi oiseau ou reptile, voici les principales maladies transmissibles à votre enfant et les moyens de s’en prémunir. Nous distinguerons les maladies transmissibles par contact cutané (caresses, bisous), par griffure et morsure, par ingestion d’élément souillé, et par inhalation.

Maladies transmises par contact

La teigne (chien, chat, lapin, cochon d’inde)

La teigne, provoquée par un champignon microscopique du genre Microsporum sp ou  Trichophyton sp,   peut être rencontrée chez tous les mammifères domestiques. Elle est plus fréquente chez les animaux à poils longs (notamment les Yorkshire et les Persans). Les symptômes sont variables chez l’animal : généralement dépilation avec pellicules, mais les porteurs sains sans aucun symptômes ne sont pas rares, surtout chez les chats. 

Les enfants se contaminent par contact direct avec l’animal porteur ou indirectement par contact avec des objets, des murs, des sols infestés de spores microscopiques provenant des poils de l’animal contaminé. Ces spores sont très résistants dans un environnement sec (plusieurs années). 

Les symptômes chez l’enfant sont souvent évocateurs : rougeur en anneau, bien circonscrite, avec démangeaison (“herpès circiné”) ou dans le cuir chevelu, lésion en relief très inflammatoire avec présence de pus (kérion). 

Le diagnostic chez l’animal se fait par examen direct (lampe bleue et microscope) ou par mise en culture, l’examen le plus fiable, et qui permet de typer l’espèce de teigne mise en cause.

Le traitement, chez l’homme comme chez l’animal, nécessite des soins locaux à appliquer avec des gants, parfois complétés de traitements oraux de longue durée. Il est important de ne pas utiliser sur l’animal des pommades pour humains sans avis vétérinaire car certaines d’entre elles contiennent des excipients toxiques pour l’animal.

Le traitement de l’environnement est également important, et fait appel à une aspiration rigoureuse, un nettoyage des sols et murs à l’eau chaude et au savon, une désinfection à l’eau oxygénée à 30% ou à la javel non diluée. Les moquettes et tapis peuvent être lavés avec des shampoings pour chien. Le linge potentiellement contaminé  doit être lavé régulièrement en cycle long à 30° (machine peu chargée).

La gale sarcoptique et la cheylettiellose (chiens, chats, rongeurs, furets, lapins)

Sarcoptes scabiei (plusieurs variétés), Trixacarus sp,  Cheyletiella sp sont des acariens responsables de démangeaisons, croûtes et pellicules chez l’animal, et de pseudo-gales chez l’enfant, chez qui elles se manifestent par des démangeaisons et des petits boutons.  Il convient de ne pas les confondre avec l’agent de la gale humaine (Sarcoptes scabiei hominis), bien plus grave et contagieux mais qui n’est pas une maladie animale. 

L’enfant se contamine par contact direct avec un animal atteint, qui n’est que très rarement porteur sain. Les gales des animaux ne peuvent pas se transmettre directement d’un humain à un autre.

Le diagnostic chez l’animal se fait par visualisation des parasites après des prélèvements de peau, et le traitement nécessite des acaricides, en lotion, comprimé ou pipette. Chez l’enfant, la guérison est rapide après des soins d’hygiène plus ou moins associés à des traitements locaux

Maladies transmises par griffure et morsure  ou contact avec muqueuse/peau lésée

La rage

Avant de céder à la panique, il convient de rappeler que la France (hormis la Guyane) est officiellement indemne de rage vulpine (renards) et canine (chiens, chats, furets) depuis 2001. Seules quelques chauve-souris (Sérotines) sont infectées. Le seul risque pour un animal français d’être porteur de la rage est d’avoir séjourné dans un pays non indemne de rage (pays du Maghreb, et d’Europe de l’Est notamment) ou d’avoir été mordu par un animal d’origine étrangère. Le vaccin antirabique, disponible pour les chats, chiens et furets est en outre très efficace s’il a été administré de manière correcte.

La contamination, chez l’homme comme chez l’animal se fait par morsure ou plus rarement par griffure profonde. Chez l’animal, les symptômes apparaissent souvent en quelques jours, très exceptionnellement après 45 jours, et se manifestent par des changements de comportement, agressivité, ou au contraire apathie, déambulation en plein jour d’un animal nocturne, etc…

Tout chien ou chat ayant mordu un humain doit rentrer dans  le protocole de « surveillance mordeurs » qui consiste en 3 visites chez un vétérinaire puis une évaluation par un vétérinaire expert. Un récépissé de ces visites doit vous être fourni, et une copie est adressée aux autorités (DDPP et Préfecture de Police). Si vous craignez d’avoir été contaminé, contactez très rapidement un centre de traitement antirabique (ou à défaut un médecin). Sachez également que la loi interdit l’euthanasie de tout carnivore mordeur avant la fin du délai de surveillance (15 jours).

La maladie des griffes du chat (chat)

Également appelée Lymphoréticulose Bénigne d’Inoculation, elle est due à une bactérie, Bartonella henselae, qui contamine le chat par l’intermédiaire des puces (transmission d’un chat à un autre et dissémination sur le corps de l’animal via les crottes puces très riches en bactéries). 

 Les chats sont la plupart du temps porteurs sains. 

Chez l’homme, la maladie commence par des lésions cutanées (papule, vésicule…) avant d’évoluer en symptômes généraux (fièvre, fatigue…) associés à une augmentation du ganglion drainant la zone de griffure. La plupart du temps cette maladie est bénigne et régresse en 1 à 4 mois. 

Dans certains rares cas pour des personnes immunodéprimées il est possible de voir des symptômes plus graves (hépatiques, cardiaques).

La prévention de cette maladie passe essentiellement par un traitement efficace et constant contre les puces du chat.

La pasteurellose et les infections à germes anaérobies(chien, chat, lapin)

Les morsures de chats, chiens et lapins peuvent être à l’origine d’infections locales se traduisant par des suppurations, des cellulites ou des abcès. Elles sont dues à des germes présents dans la bouche des animaux, souvent anaérobies. L’infection à Pasteurelles produit souvent des symptômes inflammatoires importants (chaleur, rougeur, douleur) et peut aboutir à des atteintes ostéo-articulaires si elle n’est pas bien soignée. 

Chez le chat et le chien, les Pasteurelles sont le plus souvent asymptomatiques. Chez le lapin, le portage sain, très fréquent, peut néanmoins aboutir à des symptômes variés (respiratoires, oculaires, nerveux) à l’occasion d’un stress ou d’une maladie intercurrente.

En cas de morsure par un chien, un chat ou un lapin, il convient de nettoyer longuement la plaie de morsure avec du savon, de bien faire mousser pour faire pénétrer l’oxygène dans la plaie, de rincer abondamment avant de désinfecter (eau de Dakin ou chlorhexidine). 

En cas de douleur, chaleur, rougeur, il est important de contacter rapidement un médecin afin de mettre en place une antibiothérapie (attention, celle-ci doit  être adaptée à des germes anaérobies et parfois résistants à l’amoxicilline seule. L’antibiotique de choix reste l’amoxicilline associée à l’acide clavulanique, ou en cas d’intolérance, la doxycycline).

La leptospirose (chien, rat)

La leptospirose est une maladie en progression en France, surtout dans les DOM mais de plus en plus souvent en métropole. Elle est liée à une bactérie très sensible au dessèchement, qui ne peut survivre que dans l’humidité. 

Humains comme chiens se contaminent par contact des muqueuses ou de la peau, surtout quand celles-ci présentent des lésions le plus souvent avec des eaux douces ou un environnement souillés par les urines de rongeurs, ou directement par les urines des animaux contaminés. 

Les rongeurs comme le rat (sauvage ou domestique) constituent donc le réservoir de cette maladie et ne présentent pas de symptômes.

Le chien et l’humain, en revanche, une fois contaminés présentent de la fièvre, une tteinte du foie et des reins, parfois accompagnées de jaunisse, et dans de rares cas, des hémorragies pulmonaires. Cette maladie est mortelle chez le chien si elle n’est pas prise en charge (perfusions et traitement antibiotique).

Il existe depuis peu un vaccin pour les chiens, plus complet, qui comporte 4 variétés de Leptospires contre 2 auparavant. 

Maladies transmises par ingestion d’élément souillé

La toxocarose (chien, chat)

La toxocarose est consécutive à l’ingestion accidentelle, par l’humain, d’oeufs d’ascarides du chat et surtout du chien. Les ascarides de nos animaux domestiques ne peuvent pas se reproduire chez l’humain, et les larves résultant des œufs ingérés vont migrer jusqu’à des endroits variés. Chez l’adulte en bonne santé, les conséquences sont peu importantes : un peu de fièvre, de la fatigue, des douleurs musculaires transitoires, mais chez l’enfant, les signes sont parfois plus marqués, et les larves peuvent migrer jusqu’à des organes très sensibles comme l’œil ou le cerveau. Il peut ainsi y avoir une atteinte générale, avec fièvre et signes hépatiques, pulmonaires et digestifs, une atteinte oculaire avec perte de la vision, une atteinte nerveuse avec méningite.

L’enfant s’infecte en ingérant des œufs microscopiques présents sur le sol (ceux présents sur le pelage ne sont pas directement contaminants ) : ingestion de terre ou de sable, port à la bouche de mains sales, ou consommation de végétaux souillés (légumes mal lavés), voire plus rarement consommation de viande mal cuite.

Le traitement vermifuge régulier des carnivores domestiques est une nécessité. Traiter les chiens et les chats contre les vers est le meilleur moyen de les protéger, mais aussi de limiter les risques de contamination à l’homme et à l’enfant. Comme les chiennes et les chattes peuvent transmettre des ascarides à leurs petits pendant la gestation ou la lactation, et que les œufs de parasites peuvent être très nombreux dans l’environnement, il est conseillé de vermifuger les animaux dès leur plus jeune âge, et de renouveler le traitement très régulièrement. Demandez conseil à votre vétérinaire qui est le mieux placé pour établir la molécule et le rythme de vermifugation le plus adapté au mode de vie de votre animal.

Le taeniasis à Dipylidium

 Dipylidium caninum est un ver de la famille des ténias (vers plats) très fréquent. Heureusement, il ne provoque pas de symptômes graves chez l’humain.

Il vit dans l’intestin des chiens et des chats. Son corps aplati est composé de segments qui se détachent au fur et à mesure de sa croissance. Facilement visibles dans les selles, mobiles, ils sont capables de sortir tout seuls par l’anus de votre animal et de ramper sur les surfaces !  Avec le temps, ces segments se dessèchent et ressemblent alors à des grains de riz crus. Ces grains de riz contiennent les œufs du parasite, mais ne peuvent être infestants que par l’intermédiaire de larves de puces qui les avalent. Une fois adultes, les puces gagnent le pelage des animaux, qui se contaminent en avalant des puces adultes lorsqu’ils se toilettent ou se mordillent. 

Les enfants peuvent se contaminer en avalant par inadvertance une puce porteuse du Dipylidium, ou en se laissant lécher le visage par un chien ou un chat dont la salive a été contaminée par une puce écrasée.

L’échinococcose

Les échinocoques sont des vers plats dont l’adulte est un parasite des renards ou des chiens, et, plus rarement, des chats. Les échinocoques ne sont pas bien dangereux pour nos animaux de compagnie,, mais leur forme larvaire peut être à l’origine d’une maladie grave chez l’Homme, l’échinococcose. 

Les chiens se contaminent en mangeant des petits rongeurs (E. multilocularis, dans l’Est et le Nord de la France) ou des abats de mouton (E. Granulosus, dans le Sud du pays) contaminés

Les humains, eux, ingèrent  d’œufs en mangeant des légumes ou des baies souillés, ou en portant à la bouche des mains non lavées. 

Chez les humains, les larves d’échinocoques gagnent les organes internes et y forment des kystes, comprimant et détruisant les tissus, avec de graves conséquences : destruction du foie (E. muitilocularis, responsable de l’échinococcose alvéolaire)  ou énormes kystes dans le foie et les poumons (E. granulosus, à l’origine de I’hydatidose). 

Les entérites transmises par les reptiles (tortues, iguanes, autres reptiles) :

Plesiomonas shigelloides  et Edwardsiella tarda sont 2 bactéries causant des infections intestinales (diarrhée, dysenterie) et extra‑intestinales (surinfections, septicémie, méningite), parfois fatales chez les humains, principalement chez les personnes immunodéprimées. 

La salmonellose provoque elle la plupart du temps vomissements et  diarrhée importante accompagnée de fièvre pouvant apparaître de 48 heures à trois jours après la contamination. L’évolution est le plus souvent favorable en une huitaine de jours, mais on recense des cas de  septicémie, méningites, décès chez les nourrissons et immunodéprimés . 

L’enfant se contamine par contact direct ou indirect (nettoyage du vivarium, mains portées à la bouche après contact, contamination du sol ou des surfaces de préparation des aliments, baignoires). il est indispensable de respecter les précautions d’hygiène élémentaires lors des manipulations de ces animaux. On aura intérêt ainsi à éviter leur présence dans la cuisine, à porter de préférence des gants pendant les soins et, dans tous les cas, à se laver soigneusement les mains après la manipulation, si possible avec des solutions antiseptiques. Enfin, la présence de reptiles dans la maison doit être signalée au pédiatre.

La Yersiniose (rongeurs, reptiles, voire chat)

Yersinia pseudotuberculosis et Y. enterolitica sont responsables de syndrome pseudo appendiculaire (adénite mésentérique) et de diarrhée sanglante chez l’enfant. 

De nombreux NAC peuvent être porteurs sains de ces bactéries :  cochon d’inde, souris, rat, chinchilla, tortues et autres reptiles, mais on peut aussi les retrouver chez les chats ayant ingéré des rongeurs contaminés, qui présentent alors souvent des symptômes digestifs. 

Chez l’homme, la contamination par Y. pseudotuberculosis se fait par l’ingestion d’aliments contaminés ou par contact avec un animal infecté. La transmission inter­humaine est rapportée (par contact manuel). 

En cas de contamination, les animaux affectés devraient être isolés et des mesures particulières pour le nettoyage des litières, cages et vivarium, instaurées : nettoyage puis désinfection avec de l’eau de Javel.

Les autres entérites infectieuses (chien, chat, furet)

D’autres parasites ou bactéries, infectant nos animaux de compagnie, peuvent contaminer les enfants et être à l’origine de diarrhée plus ou moins graves. On peut citer ainsi Giardia sp (chiens et chats),  Campylobacter sp (chien, chat lapin) ou encore Cryptococcus (furet) 

On peut trouver des animaux porteurs sains, ou symptomatiques (diarrhée, anorexie, vomissements). Le diagnostic se fait par analyse de selles, et le traitement est parfois long selon l’agent pathogène impliqué.

Maladies transmises par inhalation

l’ornithose/psittacose (oiseaux)

Les oiseaux d’agrément (perroquets, perruches, canaris…), mais aussi les pigeons, peuvent être vecteurs de Chlamydophila psitacci agent de l’ornithose-psittaccose de l’homme. 

Le plus souvent, l’infection est méconnue chez l’animal. En cas de symptômes, il existe trois formes chez l’oiseau : Suraiguë (mort rapide) ; Aiguë (abattement, amaigrissement, troubles respiratoires, diarrhée, troubles nerveux précédant la mort), ou plus ou moins apparente (signes respiratoires discrets, conjonctivite, diminution de la fertilité).

Chez l’homme, également trois formes possibles : conjonctivite accompagnée de maux de tête importants ; Forme respiratoire ressemblant à une grippe avec convalescence souvent lente. Et possibilité de rechutes et de complications cardiaques ; Forme généralisée ou septicémique avec des signes cardiaques, neurologiques, hépatiques, pulmonaires ou rénaux.

Le mode habituel de contagion par ces animaux est essentiellement aérien (poussières virulentes), plus rarement direct, lors des manipulations des oiseaux ou des cages. 

La désinfection des locaux, par aérosols, la diminution du nombre des oiseaux, sont des mesures possibles à envisager dans la prévention de cette maladie.

Autres maladies transmissibles par inhalation

De manière plus anecdotique, certains virus grippaux peuvent se transmettre du chien ou du furet à l’homme. 

De la même façon, la toux de chenil, forme canine de la coqueluche, peut se transmettre à des enfants immunodéprimés.

Les grandes règles de prévention

Ne touchez jamais d’animal errant, ne ramassez pas de chauve souris.

 – Respectez les notions d’hygiène de base avec un animal domestique :

  • Interdisez à vos animaux de lécher vos enfants
  • Ne laissez pas vos enfants embrasser vos animaux
  • Apprenez leur dès le plus jeune âge à se laver les mains
  • Interdisez les contacts avec des reptiles avant qu’ils soient capables de comprendre les règles simple d’hygiène.
  • Aérez, passez l’aspirateur, lavez l’environnement régulièrement
  • Ne posez pas les animaux sur les plans de travail, ne les baignez pas dans une baignoire ou une piscine utilisée par les enfants.

Pour limiter les transmissions parasitaires

  • Vermifugez régulièrement vos animaux avec un vermifuge adapté. Demandez conseil à votre vétérinaire en lui indiquant que vous avez un enfant.
  • Traitez votre animal contre les puces de manière préventive, tous les mois, toute l’année. Il existe désormais une grande variété de traitements, en pipettes ou en comprimés (pas de résidus de pesticides dans le pelage)
  • Ramassez les crottes de votre chien ou de votre chat que ce soit en ville ou dans le jardin.
  • Ne laissez pas vos animaux accéder au potager, aux plages, aux espaces de jeu. Si vous possédez un bac à sable, placez-y un couvercle quand les enfants n’y sont pas.
  • Lavez soigneusement les légumes, surtout s’ils sont destinés à être mangés crus.
  • Cuisez la viande à cœur, surtout les abats

Prévenez le corps médical

  • Prévenez votre vétérinaire que vous avez des enfants, il pourra vous conseiller sur les traitements préventifs
  • Prévenez votre pédiatre de la présence d’animaux à la maison, il pourra être orienté en cas de maladie inexpliquée.

Dr Amélie KPADE, Vétérinaire chez Vétodefamille (69720)

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