Les conseils aux parents d’un enfant asthmatique pour l’école et le sport

Les parents d’un enfant asthmatique doivent savoir que l’asthme n’est en aucun cas une maladie taboue ou une maladie handicapante et le faire savoir à leur enfant, qui doit mener une vie familiale, scolaire, sociale et sportive comme n’importe lequel de ses camarades, à la seule condition d’observer correctement et régulièrement les traitements prescrits par son médecin.

Pour cela, les parents – et, progressivement, l’enfant – doivent bien comprendre ce qu’est l’asthme, les objectifs des traitements prescrits et l’importance de la régularité des prises des médicaments.

1. Généralités :

Suivre scrupuleusement le traitement prescrit

L’asthme est une maladie chronique dont les crises sont imprévisibles : le meilleur moyen de les éviter est de faire suivre scrupuleusement à l’enfant le traitement prescrit par son médecin, en expliquant la différence entre traitement de fond et traitement de la crise.

Le comportement des parents

Du comportement des parents dépendent largement l’acceptation de la maladie, l’adhésion ou la négligence, voire l’abandon du traitement par l’enfant.

Un débitmètre à la maison

Pour suivre l’évolution de l’asthme de l’enfant, il est utile d’avoir à la maison un Peak-Flow, ou débitmètre, qui aura été prescrit par le médecin. C’est un petit appareil simple, qui sert à mesurer le débit expiratoire de pointe à tout moment, pour connaître le degré d’obstruction des bronches de l’enfant. Un abaque donne les normes en fonction de l’âge, de la taille et du sexe de l’enfant.

Un carnet

Pour plus d’objectivité le jour de la consultation, il peut être intéressant de consigner dans un carnet les mesures du débit de pointe, ainsi que les prises médi

2. A l’école :

Projet d’accueil individualisé

Sachant que l’enfant passe en moyenne 35 à 40 heures par semaine à l’école, et parfois plus; on comprend l’importance et les difficultés que pose l’observance des traitements de l’asthme dans les établissements scolaires publics ou privés.

Le nouveau projet d’accueil individualisé (PAI), circulaire ministérielle (circulaire n° 99181 du 10 novembre 1999), devrait faciliter l’intégration à l’école des enfants malades. Il est donc capital que les obstacles matériels réglementaires et organisationnels trouvent leurs solutions et que parents, institutions, médecin traitant et médecin scolaire conjuguent leurs efforts pour un meilleur suivi des traitements à l’école.

Une ordonnance pour les soins en cas de crise aiguë

La mère de l’enfant asthmatique doit informer l’instituteur(trice) ou le professeur de l’asthme de son enfant et demander au médecin traitant de lui établir deux ordonnances. La première contient le traitement habituel quotidien, précisant les doses, les horaires des prises et la voie d’administration des produits. La seconde ordonnance propose un protocole de soins d’urgence en cas de crise aiguë, précisant les mesures à prendre et les gestes à pratiquer, les médicaments à administrer et toute information utile au médecin d’urgence.

A cet effet, le PAI précise bien que « ces cas exceptionnels et subordonnés à une situation d’urgence doivent conduire les adultes de la communauté scolaire à tout mettre en oeuvre pour que le traitement injectable puisse étre administré en attendant l’arrive des secours; ils doivent être strictement définis par le protocole de soins d’urgence… ». Ces ordonnances sont destinées au médecin de l’Education nationale, à qui elles peuvent être adressées directement par le médecin traitant, afin de respecter au mieux le secret médical.

IL est bien évident que chaque fois que le médecin traitant modifie le traitement de fond, une nouvelle ordonnance est adressée au médecin scolaire.

Le broncho-dilatateur

Les textes précisent aussi que les parents doivent prendre conscience qu’ils sont et restent responsables de leur enfant. Les parents doivent veiller à ce que leur enfant ait de façon permanente sur lui, là où il est, un broncho-dilatateur pour l’inhaler chaque fois qu’il en éprouve le besoin.

3. Le sport :

Un bénéfice :

Le sport est bénéfique pour l’enfant asthmatique. Sachant que l’anatomie de l’appareil respiratoire chez l’enfant continue sa formation jusqu’à l’âge de 7 à 8 ans, l’activité physique permet un développement harmonieux et une croissance normale chez les plus petits asthmatiques; plus tard, elle permet d’éviter et de lutter contre l’épaississement inévitable des bronches et donc leur rétrécissement lié à l’inflammation chronique et, par voie de conséquence, de retarder l’apparition d’une dyspnée d’effort voire, chez certains, l’apparition d’un asthme postexercice.

A éviter : plongée et équitation

Deux sports sont à éviter : la plongée sous-marine avec bouteille y compris chez les anciens asthmatiques, l’équitation qui est une contre-indication relative. En effet, elle est déconseillée chez l’enfant qui a un asthme allergique et qui risque donc une sensibilisation par cette pratique, le poil de cheval étant extrêmement allergisant.

Asthme d’effort

Le choix d’un sport pour l’enfant asthmatique dépend de ses goûts, de ses possibilités et de l’intensité de l’asthme induit par l’exercice, ou asthme d’effort, encore appelé asthme post exercice, déclenché en milieu scolaire souvent à la fin d’un tour de piste ou d’une course d’endurance (800-1 000 mètres), et qui survient habituellement 5 à 10 minutes après l’arrêt de l’effort sous forme de quinte de toux ou d’essoufflement avec sifflements. L’asthme d’effort est de courte durée et est facilement prévenue par un échauffement préalable et par la prise d’un broncho-dilatateur ou d’une cromone inhalée.

Natation

La natation reste le sport le plus recommandé pour l’asthmatique, en l’absence de rhinite allergique ou de dermatite atopique (eczéma), moyennant certaines précautions (éviter d’avoir froid, sécher les cheveux…). Les sports collectifs, les sports de ballon aux jeux séquentiels, donnant des répits au joueur, sont bien tolérés par les asthmatiques.

Les sports en salle (confinement, poussière, air conditionné, etc.) peuvent gêner l’asthmatique allergique.

L’amélioration de la tolérance à l’effort

En matière de sport, la mère et l’enfant asthmatique doivent savoir que par la tolérance à l’effort l’activité physique recule l’apparition d’une dyspnée d’effort à long terme et reste le meilleur traitement préventif de l’asthme chronique.

La survenue d’un asthme à l’effort ne doit pas empêcher la pratique d’un sport, au contraire, l’activité physique, le réentraînement à l’effort améliorent la tolérance de l’asthmatique à l’effort. Sur l’insistance de l’enfant qui utilise cet alibi pour se soustraire à l’activité sportive scolaire, la fameuse dispense pour l’épreuve d’endurance ne doit pas être demandée par les parents au médecin traitant.

Champions olympiques

Aux parents inquiets, il n’est pas inutile de rappeler le grand nombre d’hommes politiques, d’artistes, de musiciens, d’écrivains ayant vécu avec leur asthme ainsi que les sportifs célèbres, champions olympiques ou recordmen du monde dans leur catégorie, malgré leur asthme.