Les allergies alimentaires deviennent un réel problème de santé publique (atopie, eczéma, diarrhée, colopathies, etc.)

L’allergie alimentaire correspond à l’ensemble des symptômes reproductibles liés à des réactions immunologiques de type immédiat, semi-retardé ou retardé, survenant après l’ingestion d’un aliment spécifique et/ou d’un additif, par exemple les sulfates comme conservateurs.

Plusieurs facteurs concourent à l’augmentation de la fréquence des allergies alimentaires qui, aujourd’hui, deviennent un réel problème de santé publique : les modifications des habitudes alimentaires, consommation accrue et répétitive d’aliments allergisants (lait, yaourts et aliments lactés par les enfants), internationalisation des menus, les modifications des techniques dans les industries agroalimentaires… cette évolution s’inscrivant dans le cadre d’un accroissement de fréquence des différentes formes d’atopie (asthme, rhinite allergique, eczéma…). Le risque d’allergie alimentaire est plus élevé chez un sujet qui a des antécédents familiaux et/ou personnels d’atopie, mais d’autres facteurs entrent également en jeu (une diminution des défenses immunitaires au niveau intestinal, des diarrhées infectieuses fréquentes chez un nourrisson, une amibiase intestinale chez l’adulte, un alcoolisme…) par des mécanismes qui interviennent sur les lymphocytes T suppresseurs.

L’allergie alimentaire se manifeste soit sous forme aiguë de type choc anaphylactique, parfois suraigu et donc mortel en l’absence de traitement immédiat, soit sous forme chronique, par des signes digestifs (nausées, vomissements, diarrhées) et extra-digestifs.

Les aliments en cause sont très nombreux, ils varient selon les pays et à l’intérieur du même pays selon les habitudes régionales et les origines ethniques.

Aux Etats-Unis, l’arachide est l’aliment le plus fréquemment en cause; au Japon c’est le riz; en Italie le blé; en France, le lait, les Boeufs et le blé sont globalement les aliments le plus souvent responsables d’allergies alimentaires, mais, bien entendu, il existe des allergies alimentaires provoquées par la consommation de viande de porc, de poissons, de crustacés, de gibier…

Des habitudes à préciser

Le diagnostic repose sur la clinique : l’interrogatoire permet de découvrir un terrain atopique et, en cas de pollinose, d’évoquer une éventuelle allergie croisée (pollen de bouleau et pomme, pollen d’armoise et céleri, pollen de graminées et farine de blé…), de faire préciser les habitudes alimentaires, de rechercher : les aliments très fréquemment consommés.

Les données recueillies orientent le bilan allergologique, c’est-à-dire les tests cutanés réalisés selon la méthode du pricktest en utilisant le plus souvent des allergènes natifs et le dosage d’IgE spécifiques, dont le taux est corrélé aux tests cutanés, mais également à l’extension des lésions.

Au terme de cette première étape, si le diagnostic n’est pas confirmé, deux types d’épreuves doivent être mises en oeuvre :

  • l’épreuve d’éviction et de réintroduction très progressive de l’aliment ou des aliments suspectés;
  • le test de provocation, ou test réaliste, couplé au dosage séquentiel des médiateurs : histamine plasmatique, tryptase, histamine urinaire.

En pratique, l’éviction alimentaire est la seule mesure efficace chaque fois que l’aliment n’est pas nécessaire à la nutrition.

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