Prévention des allergies alimentaires chez le nourrisson

De nouveaux concepts émergent

Pendant longtemps, en l’absence d’allaitement maternel, un lait hypoallergénique était préconisé dès la naissance chez le nouveau-né à risque atopique. « Les méta-analyses n’ont pas apporté la preuve de l’intérêt de ces hydrolysats partiels de protéines de lait de vache (PLV) », indique la Dr Amandine Divaret-Chauveau, pédiatre allergologue au CHU de Vandœuvre-Les-Nancy. Désormais, chez le nouveau-né à risque atopique élevé (deux parents atopiques ou un parent ou un membre de la fratrie poly-allergique), il est recommandé de prescrire un hydrolysat extensif de PLV. Chez l’enfant à risque atopique faible (un seul parent atopique), un lait 1er âge standard est adapté.

APLV= Allergie aux protéines du lait de vache

Article écrit et publié par Le Quotidien du Médecin 14 mars 2019

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Réduire le risque de sensibilisation

Par ailleurs, l’administration ponctuelle chez le nouveau-né allaité, à risque atopique, d’un lait premier âge en complément (comme cela est souvent proposé dans les maternités) favorise la survenue d’une APLV. Il est donc recommandé de n’introduire en complément de l’allaitement maternel que des hydrolysats extensifs de PLV ou de riz. Cependant si un complément de lait 1er âge a été administré chez le nouveau-né allaité, il est préconisé alors de poursuivre une consommation régulière de lait 1er âge en complément (par exemple : un biberon 2 à 3 fois par semaine).

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Xérose cutanée

« Xérose » est le terme médical désignant la peau sèche. Il provient du grec « xero » signifiant « sec » et « osis » signifiant « maladie » ou « trouble médical ». La xérose survient lorsque la peau manque d’eau. Cela peut être dû au vieillissement cutané (xérose sénile) ou à une pathologie sous-jacente comme le diabète. Il en résulte une peau sèche, rugueuse et tiraillée, qui peut devenir très rêche, voire squameuse.

Il est aujourd’hui établi qu’il est essentiel de traiter la xérose cutanée dès les premiers jours de la vie, afin de réduire le risque de sensibilisation aux allergènes environnementaux (arachide, fruits à coque) par voie cutanée. Il faut ainsi éviter d’embrasser ou de toucher un bébé atopique lorsque l’on vient de manger des cacahuètes ou des noix de cajou et avoir à l’inverse un recours large aux émollients, en évitant ceux dont la composition inclut des protéines alimentaires (huile d’amande, par exemple) qui favorisent la sensibilisation. L’eczéma doit être traité par dermocorticoïdes, sans en avoir peur et la récidive doit être prévenue par l’application quotidienne d’émollients.

Diversification alimentaire

À l’inverse de la voie cutanée, qui est sensibilisatrice, la voie orale est tolérogène. La diversification alimentaire doit donc être riche et précoce, y compris pour les allergènes alimentaires. Différentes études l’ont bien montré : plus le nourrisson a consommé d’aliments différents avant l’âge d’un an, moindre est son risque de développer une sensibilisation allergénique à l’âge de 6 ans. Les bénéfices d’une introduction précoce des allergènes alimentaires sont également démontrés chez les enfants à haut risque.

Indication de faire un bilan? Quand?

En pratique, les Sociétés savantes françaises ne se sont pas prononcées de façon claire sur les modalités d’introduction des allergènes alimentaires. Chez les enfants à risque atopique élevé (allergie alimentaire, eczéma modéré à sévère), il est conseillé de faire un bilan (prick-tests ou dosage des IgE spécifiques) avant leur introduction. Si le bilan est positif, le nourrisson est référé à l’allergologue, s’il est négatif l’introduction peut être faite le plus tôt possible dès l’âge de 4 mois, comme chez les enfants à risque faible ou modéré. Les quantités semblant nécessaire pour protéger du risque de développer une allergie sont de l’ordre de 2 g de protéines alimentaires par semaine réparties en 3 prises, soit une cuillère à café de beurre de cacahuète, de purée de noix de cajou et de purée de noisette 3 fois par semaine, un œuf par semaine, un yaourt par semaine et 5 à 10 g de poisson 2 à 3 fois par semaine.

Il importe également de favoriser un régime riche en fibres, qui permet un bon développement du microbiote intestinal.

Femme enceinte: manger normalement

Enfin, il est préférable que la femme enceinte ou allaitante ait aussi une alimentation variée et équilibrée sans restriction et riche en fibres.

Article écrit et publié par Le Quotidien du Médecin 14 mars 2019

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