La dermatite atopique de l’enfant et du nourrisson n’est pas une maladie grave

Facteur génétique

Plus fréquente chez l’enfant que chez l’adulte, la dermatite atopique (eczéma) touche près de 10 % des enfants de moins de 10 ans. Elle est généralement d’origine génétique et se développe sur un terrain familial prédisposé. Tout simplement la peau de l’atopique ne joue plus son rôle de protection face à l’environnement et aux agressions extérieures. Véritable passoire, elle subit de plein fouet toutes les petites agressions naturelles et habituellement non dangereuses de l’environnement : poussière, pollens, poils d’animaux, variations brutales de température, certains produits cosmétiques, différents textiles, etc.

Hyperperméable, irritable et sèche, la peau de l’atopique est particulièrement sujette à la surinfection. C’est une peau accueillante pour les microbes. La porte aux poussées périodiques d’eczéma est grande ouverte ! Vous pourrez améliorer considérablement le confort de votre enfant atopique en agissant en permanence avec des soins préventifs simples et efficaces afin de réduire l’intensité, la durée et le nombre de poussées d’eczéma.

.

.

N’en faites pas une maladie… Ce n’en est pas vraiment une.

C’est une affection qu’il faut apprendre à gérer rationnellement. Au fil du temps, vous comprendrez les liens de causes à effets, vous saurez faire la différence entre une peau sans lésions qui nécessite des soins préventifs quotidiens et une peau en crise qui exige des soins particuliers pour éviter tout risque de complications. Pour permettre à votre enfant de vivre sereinement son eczéma, il ne faut, ni le traiter en malade, ni en faire le chouchou de la famille. Agissez avec lui comme avec ses frères et sœurs. Contentez-vous de créer autour de lui un climat de calme, de douceur et de confiance.

N’oubliez jamais que l’enfant est une véritable « éponge » qui absorbe et ressent tous les stress, tous les énervements, toutes les angoisses de ses parents. En aucun cas, il ne doit se sentir exclu. Pour cela, vous serez peut-être obligé de faire une « campagne d’explication » et de rappeler à votre entourage que la dermatite atopique est une affection bénigne nullement contagieuse. Après une période variable d’évolution, la dermatite atopique guérit et disparaît dans la plupart des cas, spontanément, avant la puberté. Elle ne laisse aucune cicatrice si elle a été correctement traitée. Traitez-la par la douceur.

Quelques conseils de prévention à suivre entre deux poussées d’eczéma.

La meilleure façon de soigner la dermatite atopique, c’est d’agir en permanence de manière préventive, en restaurant la fonction protectrice de la peau et en luttant contre les microbes. La peau de l’atopique étant hyperréactive, choisissez des produits rigoureusement hypoallergéniques et sans parfum. Le premier geste de soin fondamental consiste en une hygiène cutanée douce et quotidienne. Lorsque c’est le jour du bain (2 fois par semaine maximum), 5 à 10 minutes en eau tiède, est un moment de détente pour l’enfant, il s’apaise, vous le rassurez.

C’est aussi un moment idéal pour éliminer les squames (foyer à microbes) et les microbes présents (Staphylocoque doré) à la surface de la peau. Oubliez définitivement les savons ordinaires : ils sont irritants et dessèchent l’épiderme. Utilisez plutôt des produits sans savon, enrichis en agents surgraissants afin de ne pas altérer le film protecteur hydrolipidique. Utilisez des produits d’hygiène spécifiques pour l’atopique contenant des agents antiseptiques doux comme le cuivre et le zinc. A la sortie du bain, pour sécher la peau de l’enfant, tamponnez-la doucement, sans jamais frotter, avec une serviette en coton de préférence. Après le bain, c’est le moment de restaurer la fonction barrière de la peau. Utilisez des crèmes émollientes riches en acide gamma-linolénique (acide gras essentiel). N’hésitez pas à enduire généreusement le corps de l’enfant de la tête aux pieds, en choisissant des émulsions grasses qui apportent un plus grand confort.

Quelques conseils de soins à suivre pendant les périodes de crise.

Pendant une poussée, la première règle à observer est de suivre scrupuleusement les prescriptions de votre médecin traitant, sans prendre d’initiative personnelle. En cas de doute ou de difficulté, n’hésitez pas à le contacter. Le climat de confiance qui va s’instaurer entre vous et votre dermatologue (ou votre pédiatre) est très important. Il va permettre à votre médecin de mieux connaître les spécificités de la dermatite de votre chérubin, donc de mieux la soigner, car chaque enfant est un cas particulier. La peau tire, les premières rougeurs et les démangeaisons annonciatrices de crises apparaissent ?… Il faut agir tout de suite afin d’enrayer les poussées.

Qui dit démangeaisons, dit grattage. Qui dit grattage, dit lésions et donc aggravation. N’hésitez pas, appliquez sans attendre la crème dermo-apaisante que votre dermatologue vous a prescrit. Elle soulagera rapidement. Appliquez, sur les zones concernées, des crèmes aseptisantes riches en cuivre et en zinc, afin de lutter contre la surinfection.

Vous pouvez également utiliser, en pulvérisation, une eau thermale apaisante, notamment sur le visage. Choisissez de préférence une eau isotonique, elle respecte l’équilibre physiologique de la peau et ne provoque pas de tiraillement.

Les petits « trucs » à connaître et les erreurs à éviter pour ne pas réveiller un eczéma qui dort

  • Bain maxi deux fois par semaine et de courte durée.(5 à 10 minutes)
  • Eau du bain. Peau desséchée craint l’eau chaude : la température de l’eau doit être voisine de 35°C.
  • Bains moussants et sels de bain. A éviter. Leur pouvoir décapant à un effet irritant sur l’épiderme.
  • Huiles dermatologiques ou amidon de blé. A ajouter, au choix, dans l’eau du bain pour l’adoucir, surtout quand l’eau est calcaire.
  • Vêtements. Oublier les textiles rêches et rugueux. Ils grattent… et il n’y a rien à gagner au grattage.
  • Vêtements toujours. A essayer les textiles synthétiques : ils sont parfois bien tolérés et en plus ils sont faciles à laver. (à base de chanvre, etc)
  • Laine et plumes. A bannir : les pulls en laine, les duvets. Pas de plume pour votre « petit canard » si vous tenez à sa peau !
  • Coton. Naturellement doux, peu irritant, c’est le tissu idéal pour les peaux atopiques. A prélérer à tout autre tissu pour les serviettes, les peignoirs de bain et les vêtements de corps.
  • Tétines. Préférez les tétines en silicone aux tétines en caoutchouc qui contiennent du latex.
  • Chaussures. Pour la même raison, évitez les chaussures en caoutchouc ou en plastique. Choisissez-les en cuir ou en toile.
  • Lessive. Méfiance. Contrairement à une idée reçue, il ne faut pas surdoser vos lessives. Elles contiennent des agents favorisant les irritations épidermiques. Avec une lessive surdosée, les vêtements de votre enfant ne seront pas plus propres.
  • Lessive toujours. Pour les petits lavages à la main, la lessive liquide est préférable aux pains ou aux copeaux de savon. Ils ne se dissolvent pas toujours très bien.
  • Rinçage. Très important, n’hésitez pas à effectuer deux cycles par lessive.
  • Eau de Javel. C’est un produit irritant. Evitez de l’utiliser pour le lavage des vêtements.
  • Assouplissants. A proscrire absolument. Ils adoucissent peut-être le linge mais ils irritent la peau. C’est un dérivé du pétrole…
  • Repassage. Indispensable, il désinfecte et assouplit le linge.
  • Plumeau, balai. Très néfastes : ils brassent de l’air et déplacent la poussière. Pour le ménage, rien ne remplace l’aspirateur.
  • Acariens. Ils s’incrustent dans les moquettes et les doubles rideaux. N’hésitez pas à les pourchasser avec l’aspirateur le plus fréquemment possible.
  • Chauffage. En hiver, il risque de dessécher l’atmosphère des pièces. Pensez à installer des humidificateurs. 55 à 70% de taux d’hygrométrie= c’est bien.
  • Désodorisants. A utiliser avec circonspection. A proscrire s’ils sont parfumés. En revanche, I’utilisation d’un purificateur d’atmosphère est recommandée.
  • Soleil. Grâce aux UVB, il peut avoir des effets bénéfiques sur la peau. A condition de ne pas en abuser bien sûr.
  • Alimentation. Bien qu’aucun aliment ne soit formellement interdit, certains sont plus porteurs de risques que d’autres. A vous de les repérer, d’en parler avec votre médecin et de voir éventuellement à supprimer ceux qui provoquent des crises.
  • Fruits défendus. Kiwis, mangues, papayes, fruits de la passion, châtaignes, cacahuètes, pistaches, noisettes,… La plupart des fruits exotiques et des fruits à coque sont déconseillés. Certains sujets les tolèrent, d’autres ne peuvent pas les supporter.
  • Animaux. Il n’y a pas de règle. Leur présence est psychologiquement bénéfique si elle est physiologiquement acceptée. En tous cas, veillez à la propreté des lieux fréquentés par le petit compagnon de l’enfant.

Pour en savoir davantage, cliquez ICI

Les 4 livres écrits par le Docteur Arnault Pfersdorff, fondateur de pediatre-online, édités chez Hachette-Famille
  • « Manuel Bébé Premier mode d’emploi » Hachette Famille 286 pages 16,95€ Disponible ICI
  • « Mon enfant ne dort pas- 7 solutions » Hachette Famille 64 pages 5,95€ Disponible ICI
  • « Mon enfant ne mange pas- 7 solutions » Hachette Famille 64 pages 5,95€ Disponible ICI
  • « Mon enfant n’est pas propre – 7 solutions » Hachette Famille 65 pages 5,95€ Disponible ICI

C’est désormais 4 livres du Dr Pfersdorff pédiatre, qui sont édités chez Hachette et distribués dans toutes les librairies de France, mais aussi Belgique, Luxembourg, Suisse, Canada. Ils s’adressent aux parents. Egalement sur Amazon, Fnac, BNF, etc.