Entorse de cheville chez mon enfant: qu’est ce c’est? que faire?

Une entorse, c’est une élongation d’un ligament (entorse bénigne), voire une déchirure de celui-ci (entorse grave).
Un ligament, c’est une sorte de lien fibreux qui permet de relier entre eux les os (à ne pas confondre avec les tendons, qui sont la terminaison des muscles pour aller se fixer sur les os).
Les ligaments mais aussi les tendons jouent leur rôle pour maintenir les os entre eux.
L’entorse de cheville concerne le plus souvent le ligament collatéral latéral (LCL ou ligament latéral externe= c’est à dire sur la partie externe de la cheville le plus souvent) ; l’entorse du ligament collatéral médial (ou ligament latéral interne= intérieur de la cheville= plus rare), exceptionnellement isolée, plus volontiers associée à une fracture de la malléole latérale, ne va pas être décrite ici. là, ça fait vraiment mal, il faut directement aller voir un chirurgien, un centre d’urgences pédiatriques).

Comment se fait cette entorse?

Le ligament collatéral latéral (LCL) est composé de 3 faisceaux : talofibulaire antérieur, calcanéofibulaire et talofibulaire postérieur, anciennement nommés faisceaux antérieur, médian et postérieur. Un traumatisme en varus forcé ( c’est à dire le pied qui brutalement cogne par terre en étant tourné vers l’intérieur= typique au football si croche pied, ou au ski, etc) peut entraîner un étirement du ligament, sans rupture : l’entorse est dite bénigne. Un traumatisme important peut provoquer une rupture ligamentaire avec interruption d’un ou plusieurs faisceaux ; on peut alors retrouver des mouvements anormaux (tiroir antérieur et varus) : l’entorse est dite grave.

Epidémiologie:

Avec 6 000 cas par jour en France, l’entorse de cheville constitue l’urgence traumatologique la plus fréquente. Un tiers de ces entorses sont graves. Parmi les patients, 60 % sont âgés de 25 à 44 ans, et 64 % sont des hommes. Elle touche rarement les petits enfants, plutôt les adolescents.

Complications:

Elles sont rares à court terme : complications thromboemboliques (un caillot qui se forme et qui sa balade dans le sang= danger; très rare heureusement), iatrogènes c’est à dire provoquées par le traitement lui-même (cutanées, liées au strapping), ou survenue d’une algodystrophie (cette douleur aigue qui persiste des mois, voire des années durant et qui ne cède qu’au repos). À long terme, il s’agit d’instabilité chronique, ou des conséquences de lésions ostéochondrales.

Faire le bon diagnostic:

Le diagnostic d’entorse du ligament collatéral latéral (LCL) de cheville est clinique, ça veut dire que la plupart du temps le médecin n’aura pas besoin de faire des radios (sauf s’il suspecte une fracture).

Objectifs du traitement:

-Soulager la douleur.
-Limitation rapide du gonflement de la cheville.
-Prévention des complications à court et à long termes.
-Prévention de la récidive.
Le principe du traitement proposé par le médecin dépendra des symptômes: crèmes anti douleurs, immobilisation par orthèse, repos, froid, kinésithérapie qui devra être la plus précoce possible, parfois chirurgie si entorse grave (rare).