Les grands principes pour réussir un sevrage

Le sevrage est une période très importante pour le nourrisson dans la perspective de sa santé et de sa nutrition, ainsi que pour son développement psychologique. IL commence par l’introduction d’aliments en plus du lait maternel et se poursuit jusqu’à la fin de l’allaitement, moment où l’enfant est complètement intégré dans le régime familial.

A l’âge de 6 mois on peut introduire une nourriture semi-solide, puis solide, pendant un allaitement maternel soutenu. Une bouillie préparée à base de céréales constitue une bonne base d’aliments. Elle apporte de l’énergie dont le rendement peut être augmenté en ajoutant un peu d’huile.

Les céréales apportent seulement une petite quantité de protides qu’il faut compléter avec des aliments d’origine animale ou végétale. Si le lait est la principale source de calcium, cette nourriture de sevrage doit être complétée par un apport en micro-éléments (vitamines, en particulier la vitamine A) et en minéraux, notamment le fer.

Le risque infectieux dans les régions tropicales :
Le lait maternel est le seul aliment qui contient tous les nutriments dont a besoin le nourrisson. Le type de lait de substitution au lait maternel prend donc toute son importance compte tenu du risque infectieux dans les régions tropicales. « Dans les pays à mortalité infantile élevée, la consommation de lait artificiel multiplie par quatorze le risque de décès par diarrhée et par quatre celui de décès par pneumonie chez les enfants », a indiqué le Pr Christophe Dupont(pédiatre, hôpital Saint-Vincent-de-Paul). Dans les pays à mortalité infantile basse, le lait artificiel est associé à un risque cinq fois plus élevé d’hospitalisation.

Diarrhées :
Le Pr M. Touhami (Oran, Algérie) a rapporté les résultats d’une étude sur 206 nourrissons (âge à l’inclusion : 21 jours), menée dans un quartier relativement favorisé d’Oran, la majorité des parents ayant suivi des études secondaires. 67 % des enfants étaient nourris au lait maternel exclusivement, 27 % partiellement et 6 % ne recevaient pas de lait maternel. Les résultats montrent que le risque de diarrhées est de 0,76 dans le groupe « lait maternel exclusif », contre 1,87 dans le groupe « lait maternel partiel », et de 2,47 dans le groupe « sans lait maternel ». Dans ce contexte, les laits fermentés sembleraient être bénéfiques : dans une étude sur 108 nourrissons, il ressort que le lait acidifié à S. thermophilus et L. helveticus réduit de 4 à 2,1 le nombre d’épisodes de diarrhées/enfant/an en comparaison à un lait non fermenté, ce qui représente une différence de 8,5 jours de diarrhées/enfant/an.

Les laits fermentés :
En outre, en ce qui concerne la I prévention de la maladie cÏliaque, le Pr F. Bouguerra (Tunisie) recommande, d’après une de ses études, d’introduire le gluten dans l’alimentation du nourrisson deux mois avant le sevrage, I’allaitement maternel devant être poursuivi jusqu’à 6 mois. En conclusion, il ressort que l’allaitement maternel devrait être poursuivi le plus longtemps possible. Lors du sevrage, les aliments semi-solides ou solides peuvent être mélangés au lait maternel.

publié dans www.medecine-et-enfance.net

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