Supprimer le petit goûter de 10 heures dans les écoles : en finir avec ce facteur d’obésité

Une portion géante de frites dans un restaurant Mac Donald aux États-Unis représente 610 calories et un Coca cola en contient 410. A titre de comparaison, soulignons que le verre de lait distribué tous les matins aux enfants des écoles maternelles et parfois primaires depuis 1954 ne dépasse pas un apport de 100 calories et le fruit qui l’accompagne généralement n’excède pas plus de 100 calories également.

Aux États-Unis, 40% de la population souffre aujourd’hui d’un grave problème de surpoids. Les enfants français commencent également à être touchés par ce phénomène. Cependant, les situations diffèrent selon les quartiers et l’environnement socio-économique de l’enfant. Selon l’ association Amalthée, qui est à l’origine, avec Pierre Mendés France, de la distribution d’une légère collation matinale aux enfants des maternelles depuis cinquante ans, certains d’entre eux, et notamment ceux vivant dans les quartiers défavorisés, ne bénéficient pas toujours d’un petit déjeuner solide et il existe encore des cas de carence calcique.

Aux États-Unis, les associations de consommateurs militent depuis plusieurs années pour obtenir des chaînes de restauration rapide qu’elles s’engagent dans la lutte contre l’obésité. C’est ainsi que depuis 2002, le géant Mac Donald a consenti à varier ses menus et à proposer salades, yaourts et fruits, mets destinés à promouvoir une éthique alimentaire différente. Hier, la firme a confirmé ses efforts en annonçant que d’ici la fin de l’année, les 13 600 restaurants que comptent les États-Unis ne proposeront plus de menus de taille géante. Après l’annonce du groupe, Michael Jacobson, directeur du Centre pour la Science dans l’intérêt du public ne cachait pas sa satisfaction : «J’espère que c’est un signe que le groupe va accorder une plus grande attention à l’obésité, aux problèmes cardiaques et aux autres maladies liées à l’alimentation » a-t-il déclaré avant de souhaiter que les concurrents de Mac Donald le suivent dans cette heureuse initiative.

Si en France les représentants des consommateurs et des parents d’élève commencent à prendre de plus en plus au sérieux le problème de l’obésité, jamais ils n’avaient épinglé dans leur lutte la sobre collation distribuée aux plus jeunes avant la récréation du matin. Cela n’a pas empêché l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) de publier hier un avis défavorable à la poursuite de cette tradition, désormais vieille d’un demi-siècle, et instituée, il est vrai, à une époque où le paysage socio-économique de la France différait profondément de celui d’aujourd’hui.

Les sages de l’AFSSA ont considéré que ce goûter de la première heure n’ était pas «justifié » et pouvait encourager le grignotage. C’est sévèrement que l’AFSSA a en outre affirmé que : «cette prise alimentaire supplémentaire est à l’origine d’un excès calorique qui ne peut que favoriser l’ augmentation de la prévalence de l’obésité constatée depuis 30 ans chez les enfants d’âge scolaire en France ».

Le Syndicat national Unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et Pegc ne cachait pas hier son étonnement et rappelait que le moment de la distribution permettait, au contraire, de diffuser un message éducatif. Quant à la proposition de l’ AFSSA, qui préconise de ne donner un petit déjeuner équilibré «qu’aux seuls enfants qui ne l’auraient pas pris, et ce dès l’arrivée à l’école », l’association Amalthée a souligné sa difficulté de réalisation : «Organiser des petits déjeuners pour les seuls enfants en difficulté, cela revient à les stigmatiser définitivement » ont en effet indiqué ses représentants.

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