Bien s’alimenter à la puberté
La puberté est plus précoce chez le garçon que chez la fille et s’accompagne d’une poussée de croissance très consommatrice d’énergie et de certains nutriments. Les transformations pubertaires peuvent avoir lieu à des âges très variés (de 10 à 17 ans). Deux études, l’une française (1), l’autre suisse (2), présentées lors de 1′atelier Nestlé à Dietecom, confirment les effets de l’alimentation sur la croissance.
La taille est liée à l’alimentation
Lionel Lafay (Inserm, U258, Villejuif) a constaté que la taille est plus élevée chez les garçons avant la puberté alors que les indices d’obésité et d’adiposité (IMC = poids en kg/taille en m2 et épaisseur des plis cutanés) sont supérieurs et plus rapidement croissants chez les filles. Il est donc nécessaire de prendre en compte la taille dans l’évaluation du statut nutritionnel. La viande est associée aux indices d’adiposité et les produits laitiers à la taille et au poids.
L’alimentation change dés 9 ans
Garçons et filles ont le plus souvent, avant la puberté, des apports caloriques excédentaires par rapport aux apports conseillés (1800 kcal chez la fille, 2000 kcal chez le garçon) et plus rapidement progressifs chez les filles qui majorent leur consommation en lipides, en protides et en sucres complexes (féculents). La diversité alimentaire est plus grande chez les filles, même si elle diminue avec l’âge et si la consommation en fruits et légumes frais est nettement insuffisante.
Les besoins augmentent avec la maturation pubertaire
Les résultats de l’étude suisse, présentée par Claude Cavadini (Centre de recherche Nestlé, Lausanne), ont montré que chez les jeunes, surtout les garçons de 11 à 15 ans, les apports en protéines, acides gras monoinsaturés, glucides totaux et polysaccharides, augmentent avec la maturation pubertaire. Dans les deux sexes, I’apport énergétique quotidien demeure cependant un peu inférieur aux apports recommandés : 2490 kcal pour les filles de 11 à 14 ans, 2900 kcal pour les garçons dans la même tranche d’âge, malgré quatre repas par jour, le petit déjeuner représente 19% de la ration énergétique de la journée, dont un goûter (chez 20% des garçons et 2324% des filles).
Tenir compte des habitudes
L’adolescent n’a pas de vision à long terme de sa santé et l’alimentation, au-delà des besoins physiologiques, doit apporter plaisir, convivialité et indépendance. C’est la raison pour laquelle le Pr Pierre-André Michaud (Institut universitaire de médecine sociale et préventive, Lausanne) propose une approche positive, sans discours moralisateur.


