La diversification alimentaire menée par l’enfant DME: qu’est-ce que c’est?

Diversification menée par l’enfant

Accéder à l’article du Dr Arnault Pfersdorff, fondateur de pediatre-online, sur Magic Maman

Habituellement la diversification alimentaire se fait vers 5 mois.

On commence toujours par les purées ou les compotes de fruits… données à la cuiller!

L’enfant n’a en fin de compte guère le choix: c’est la cuiller et « tu termineras le petit pot que j’ai préparé avec amour ou que j’ai choisi avec soin« .

Il y a cependant une autre façon de faire découvrir les aliments au nourrisson: on parle de diversification menée par l’enfant (DME[1]). Certains utilisent le terme de diversification consciente ou autonome.

Votre pédiatre vous dira votre enfant est prêt pour la démarrer (entre 6 et 7 mois). En particulier dès qu’il commence à se tenir assis avec appui par lui-même.

 

Accéder aux articles complets dans mon livre « Premier bébé Mode d’emploi » publié aux éditions Hachette Famille 2017 dans toutes les librairies en France, Canada, Belgique, Suisse, Luxembourg et sur Amazon, Fnac , etc.

La DME, qu’est-ce que c’est ?

Le principe est de faire découvrir à l’enfant une manière saine et solide qui lui soit agréable (trop d’enfants développent des blocages alimentaires qui mènent à des situations de conflit, de forçage), amusante et sans danger.

Pas avant 6 mois, quand l’enfant commence à tenir assis avec appui, calé dans sa chaise haute! ou une chaise évolutive. Parlez-en avec votre pédiatre.

L’idée est donc d’introduire une alimentation solide plus précocement que d’habitude (excellent pour le développement des mâchoires et la sortie des dents). En complément du lait. L’enfant devra alors se saisir du ou des morceaux par lui-même (de la taille de son poing fermé), à son rythme (pastèque, poire, fromage hollandais, asperge, artichaut, aubergine, brocoli, haricot, potiron, couscous, boeuf haché, poisson, pâtes, etc.). Voilà pourquoi on parle de pleine conscience. Peu importe qu’il en mette partout, le sol de votre cuisine en a vu d’autres. Cela nécessite plus de temps. Cette étape de la diversification est essentielle et impactera positivement sa vie future, il n’est qu’à voir les troubles alimentaires chez l’adulte (obésité, goût prononcé pour le sucré, dégoût pour certains aliments, etc.).

Structure ni trop molle, ni trop dure.

Exemples d’aliments en DME

LA PREMIÈRE FOIS, IL SERA ÉTONNÉ DE SE RETROUVER AVEC PEUT-ÊTRE UN MORCEAU UN PEU GROS DANS LA BOUCHE. SPONTANÉMENT IL LE CONSERVERA DANS LA MOITIÉ ANTÉRIEURE DE LA BOUCHE ET VOUS REGARDERA POUR VOIR VOTRE RÉACTION. VOUS LE RASSUREREZ, EN LUI EXPLIQUANT (À 6 MOIS IL COMPREND DÉJÀ PAS MAL DE CHOSES), QUE TOUT VA BIEN, S’IL LE FAUT VOUS L’AIDEZ À RETIRER UN PETIT BOUT, AU CALME, SANS MONTRER LA MOINDRE ANXIÉTÉ QUI POURRAIT LUI FAIRE PEUR.

ÉVITEZ BIEN ENTENDU LES PETITS MORCEAUX DE TYPE GRAINS DE MAÏS, RAISINS, TOUT CE QUI EST PETIT ET DUR.

EXEMPLE D’ALIMENTS:

ARTICHAUT, ASPERGE, AUBERGINE, BETTE, BETTERAVE ROUGE, CÉLERI EN BRANCHE, CHOU DE BRUXELLES, POTIRON, POUSSE DE NAVET, RHUBARBE, CONCOMBRE MUR, LAITUE, AVOCAT MUR, TOMATE, POIVRON DOUX, ABRICOT MUR, BANANE MURE, MANGUE, PASTÈQUE, PÊCHE, POIRE MURE, POMME MURE, MANDARINE, ORANGE, ANANAS, FIGUE, FRAMBOISE, FROMAGE HOLLANDAIS, AGNEAU, BOEUF HACHÉ QUI SE TIENT, FOIE GRAS, PÂTÉ, GALETTE DE RIZ, BABY-MUESLI, PAIN COMPLET GRILLÉ, PAIN COMPLET RICHE EN FIBRE, PAIN D’ÉPICES, COUSCOUS, QUINOA, MACARONI, NOUILLES, RIZ QUI SE TIENT, SPAGHETTI BIEN CUIT, HARICOT ROUGE, BISCUIT, GLACES.

LA RÈGLE: VOUS RESTEZ TOUJOURS À CÔTÉ DE LUI, IL SAISIT L’ALIMENT PAR LUI-MÊME, LE REJETTE S’IL N’EN VEUT PAS, IL DÉCOUVRE PAR LUI MÊME.

NE DÉLÉGUEZ PAS. TOUT DOIT SE FAIRE DANS LE CALME AU DÉBUT. ÉVITEZ QU’UN AUTRE ENFANT SOIT PRÉSENT ET DÉTOURNE SON ATTENTION.

S’IL LE FAUT, EMPRUNTEZ-LUI UN MORCEAU, ET INTRODUISEZ-LE DANS VOTRE BOUCHE, L’AIR DE RIEN. IL VOUS REGARDE, IL VOUS IMITE.

NE LUI METTEZ JAMAIS VOUS MÊME DANS LA BOUCHE.

.

.

Développement du goût et découverte

Vers 6 mois, un enfant ne termine plus forcément les biberons, ou peut parfois repousser le sein. Les poussées dentaires y sont certes pour quelque chose. Mais il a besoin de mordre davantage, de mastiquer, de mâcher. C’est la raison pour laquelle, plutôt que de commencer par des purées données à la cuiller, vous pouvez lui présenter de la nourriture solide coupée en morceaux aussi gros, voire plus gros que son propre poing. Il sait désormais la tenir et la mener vers sa bouche de manière naturelle, et sucera, rongera, rognera, même s’il n’a pas de dents. Il va chercher à vous imiter, il ne le fera peut-être pas tout de suite, mais il découvrira le goût, la structure de ce que vous lui donnez pour sa plus grande joie. Cela prendra des jours ou des semaines, il en mettra un peu partout, mais le bénéfice est considérable: appropriation, découverte, choix, rythme, imitation (il voudra faire comme vous), partage, amusement, apprentissage de la mastication, bonne coordination de la déglutition, palette innombrable des aliments, etc.

S’il ne prend pas beaucoup au début, pas de problème, vous complétez le repas avec son lait habituel.

Donnez-lui le temps de découvrir, ne cherchez pas à faire trop vite, soyez imaginatifs.

Votre pédiatre vous dira si vous pouvez démarrer avec votre enfant. A ne faire qu’une fois que votre enfant tient assis par lui-même avec appui.

La DME, est-ce plus facile si mon enfant est allaité?

Boire au biberon demande moins d’efforts aux mâchoires et aux muscles de la bouche par rapport au sein. Ceux-ci sont donc un peu moins développés, mais cela n’empêche pas d’utiliser cette méthode pour les nourrissons non allaités.

Les petits pots peuvent attendre

Ainsi votre enfant va prendre en bouche, observer l’aliment, le tourner dans tous les sens, trouver la manière de mettre en petits morceaux la nourriture, apprendre à avaler et à digérer. Voilà une méthode qui sera nettement plus efficace chez lui que de se voir proposer du tout moulu à la cuiller, de manière stéréotypée avec exhausteurs de goût. La cuiller, c’est certes plus rapide. Mais avec la DME, votre enfant se responsabilisera plus tôt, il développera son amour-propre de manière équilibrée, il prendra la main sur les couleurs, les odeurs, les goûts, il se servira de ses mains, sera plus débrouillard et plus habile. Rien n’empêche d’utiliser les deux méthodes selon ses aptitudes et ses désirs.

Risque de fausse route?

Vous ne laissez jamais votre enfant seul lors d’un repas. Mordre dans un morceau de pastèque mure ou de chou-fleur se fera devant vos yeux. Un enfant de moins de 1 an a un fort réflexe de nausée qui se situe dans la partie antérieure de sa bouche. Et peu à peu, à force de s’entraîner, ce réflexe se déplace vers l’arrière. Il évite à l’enfant de faire une fausse route. Il régurgitera vite s’il a pris un morceau trop gros.

Les premières fois, il sera surpris de se retrouver avec un morceau dans la bouche: il vous regardera, vous le rassurez, s’il le faut, vous enlevez une partie de sa bouche, en lui expliquant ce que vous faites. Il va poursuivre.

Vérifiez avant de le faire dormir qu’un morceau ne reste pas logé entre sa joue et sa gencive. Évitez bien sûr les aliments petits de type petits pois ou grains de maïs.

Les règles respecter pour la DME

  • c’est toujours vous qui faites, jamais la crèche, ni les grands parents (au début en tous les cas)
  • à faire au calme: évitez qu’il y ait un autre enfant qui tourne autour de la table: soyez seul(e) avec votre enfant pour démarrer
  • évitez de faire dans une ambiance bruyante
  • expliquez lui ce que vous faites
  • ne cherchez pas à lui mettre dans la bouche, c’est lui qui prend, se sert, approche de sa bouche (il analyse avec ses yeux) et met en bouche.
  • prenez votre repas en même temps que lui et prend votre temps
  • de temps à autre, chipez lui un morceau dans son assiette et mangez le, calmement après lui avoir demandé la permission,(ça lui fait comprendre que c’est à lui, excellent pour son autonomisation et sa socialisation: ainsi il vous imitera
  • après les légumes, vous poursuivrez avec les fruits de saison
  • ne vous posez pas la question de savoir s’il a eu assez: il vous le dira. S’il le faut, vous complétez avec un laitage ou le sein.
  • faites à son rythme; certains bébés n’aiment pas la DME (environ 15%).
  • commencez quand vous êtes prêts, soit à midi soit le soir.
  • il se peut très bien qu’il fasse partie de 85% d’enfants qui adoptent très vite la DME. Rien n’empêche alors qu’il poursuivre par la suite à la crèche, à voir avec la structure.
  • Les avantages de la DME

  • il va découvrir les gouts et les saveurs séparément
  • il apprend à mastiquer plus tôt (un nourrisson commence à mastiquer à 6 mois)
  • ceci va favoriser un meilleur développement de son palais, en largeur et en profondeur: ainsi il aura nettement moins besoin de travaux orthodontistes (bagues, tractions) quand il sera plus grand ou à la préadolescence.
  • meilleur apprentissage du langage
  • meilleure respiration nasale
  • il fera moins de refus alimentaire à 2/3 ans, moins de néophobie alimentaire.
  • il est pro actif, se sent valorisé sur le choix des aliments
  • vous serez moins dépendants des industries de l’agro alimentaire (purées et compotes toutes faites).
  • moins de risque de surcharge pondérale plus tard grâce à l’apprentissage précoce de la satiété.

 

Accéder à l’article du Dr Arnault Pfersdorff sur Magic Maman

[1] La Diversification menée par l’enfant (DME) Stefan Kleintjes, Editions l’Instant Présent, février 2017

 

Accéder aux articles complets dans mon livre « Premier bébé Mode d’emploi » publié aux éditions Hachette Famille 2017 dans toutes les librairies en France, Canada, Belgique, Suisse, Luxembourg et sur Amazon, Fnac , etc.