La diversification alimentaire menée par l’enfant DME: qu’est-ce que c’est?

Diversification menée par l’enfant

Accéder à l’article du Dr Arnault Pfersdorff, fondateur de pediatre-online, sur Magic Maman

Habituellement la diversification alimentaire se fait vers 5 mois.

On commence toujours par les purées ou les compotes de fruits… données à la cuiller!

L’enfant n’a en fin de compte guère le choix: c’est la cuiller et « tu termineras le petit pot que j’ai préparé avec amour ou que j’ai choisi avec soin« .

Il y a cependant une autre façon de faire découvrir les aliments au nourrisson: on parle de diversification menée par l’enfant (DME[1]). Certains utilisent le terme de diversification consciente ou autonome.

 

La DME, qu’est-ce que c’est ?

Le principe est de faire découvrir à l’enfant une manière saine et solide qui lui soit agréable (trop d’enfants développent des blocages alimentaires qui mènent à des situations de conflit, de forçage), amusante et sans danger.

L’idée est donc d’introduire une alimentation solide plus précocement que d’habitude (excellent pour le développement des mâchoires et la sortie des dents). En complément du lait. L’enfant devra alors se saisir du ou des morceaux par lui-même, à son rythme (pastèque, poire, fromage hollandais, asperge, artichaut, aubergine, brocoli, haricot, potiron, couscous, boeuf haché, poisson, pâtes, etc.). Voilà pourquoi on parle de pleine conscience. Peu importe qu’il en mette partout, le sol de votre cuisine en a vu d’autres. Cela nécessite plus de temps. Cette étape de la diversification est essentielle et impactera positivement sa vie future, il n’est qu’à voir les troubles alimentaires chez l’adulte (obésité, goût prononcé pour le sucré, dégoût pour certains aliments, etc.).

 

Développement du goût et découverte

Vers 5 ou 6 mois, un enfant ne termine plus forcément les biberons, ou peut parfois repousser le sein. Les poussées dentaires y sont certes pour quelque chose. Mais il a besoin de mordre davantage, de mastiquer, de mâcher. C’est la raison pour laquelle, plutôt que de commencer par des purées données à la cuiller, vous pouvez lui présenter de la nourriture solide coupée en morceaux aussi gros, voire plus gros que son propre poing. Il sait désormais la tenir et la mener vers sa bouche de manière naturelle, et sucera, rongera, rognera, même s’il n’a pas de dents. Il va chercher à vous imiter, il ne le fera peut-être pas tout de suite, mais il découvrira le goût, la structure de ce que vous lui donnez pour sa plus grande joie. Cela prendra des jours ou des semaines, il en mettra un peu partout, mais le bénéfice est considérable: appropriation, découverte, choix, rythme, imitation (il voudra faire comme vous), partage, amusement, apprentissage de la mastication, bonne coordination de la déglutition, palette innombrable des aliments, etc.

S’il ne prend pas beaucoup au début, pas de problème, vous complétez le repas avec son lait habituel.

Donnez-lui le temps de découvrir, ne cherchez pas à faire trop vite, soyez imaginatifs.

 

La DME, est-ce plus facile si mon enfant est allaité?

Boire au biberon demande moins d’efforts aux mâchoires et aux muscles de la bouche par rapport au sein. Ceux-ci sont donc un peu moins développés, mais cela n’empêche pas d’utiliser cette méthode pour les nourrissons non allaités.

 

Les petits pots peuvent attendre

 

Ainsi votre enfant va prendre en bouche, observer l’aliment, le tourner dans tous les sens, trouver la manière de mettre en petits morceaux la nourriture, apprendre à avaler et à digérer. Voilà une méthode qui sera nettement plus efficace chez lui que de se voir proposer du tout moulu à la cuiller, de manière stéréotypée avec exhausteurs de goût. La cuiller, c’est certes plus rapide. Mais avec la DME, votre enfant se responsabilisera plus tôt, il développera son amour-propre de manière équilibrée, il prendra la main sur les couleurs, les odeurs, les goûts, il se servira de ses mains, sera plus débrouillard et plus habile. Rien n’empêche d’utiliser les deux méthodes selon ses aptitudes et ses désirs.

 

Risque de fausse route?

 

Vous ne laissez jamais votre enfant seul lors d’un repas. Mordre dans un morceau de pastèque mure ou de chou-fleur se fera devant vos yeux. Un enfant de moins de 1 an a un fort réflexe de nausée qui se situe dans la partie antérieure de sa bouche. Et peu à peu, à force de s’entraîner, ce réflexe se déplace vers l’arrière. Il évite à l’enfant de faire une fausse route. Il régurgitera vite s’il a pris un morceau trop gros.

Vérifiez avant de le faire dormir qu’un morceau ne reste pas logé entre sa joue et sa gencive. Évitez bien sûr les aliments petits de type petits pois ou grains de maïs.

 

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[1] La Diversification menée par l’enfant (DME) Stefan Kleintjes, Editions l’Instant Présent, février 2017

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