Attention aux jus végétaux: maltraitance nutritionnelle

Jus d’amandes, de châtaignes, de soja: attention !

« Maltraitance nutritionnelle », le terme peut sembler disproportionné. Néanmoins, la mode des régimes d’exclusion, du véganisme aux jus végétaux, peut avoir de sérieuses répercussions sur la santé de l’enfant. Focus sur les risques d’une alimentation pédiatrique exclusive au moyen de jus d’amandes, de châtaignes ou de soja.

Peurs des laits habituels ?

De nombreux pédiatres sont vent debout contre certaines pratiques alimentaires qui pourraient constituer « une certaine forme d’orthorexie par procuration chez les enfants, comme l’affirme le Pr Patrick Tounian, chef du service de gastro-entérologie et nutrition pédiatrique (hôpital Armand Trousseau, Paris). Les peurs alimentaires entretenues par les scandales successifs expliquent en partie l’engouement croissant envers les régimes déviants imposés aux enfants (sans lait, sans viande, sans produit animaux…). Or, le danger est majoré chez les enfants, comparé aux adultes ».
La mode de l’utilisation de jus végétaux appelés improprement « laits » (d’amande, de châtaigne, de coco, d’avoine, de riz, de soja, etc.) à la place des laits infantiles ou du lait maternel est dans le collimateur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Celle-ci a alerté en 2016 les parents sur le danger de dénutrition sévère qu’ils feraient courir à leur enfant de moins d’un an. En Belgique, en juin 2017, des parents ont été poursuivis par la justice pour le décès de leur bébé de 7 mois alimenté uniquement avec des jus végétaux.

DES JUS VÉGÉTAUX INADAPTÉS AUX BESOINS DES NOURRISSONS

« Lorsque la composition est affichée, dans un tiers des cas seulement, déplore Patrick Tounian, on se rend compte que la teneur en protéines est soit très faible (0,2 g/100 ml dans le jus de riz), soit trop élevée (3,7 g/100 ml de protéines dans le jus de soja) ». De plus, le profil des acides aminés est incomplet. Alors que les légumineuses sont pauvres en méthionine et carnitine, les céréales, graines et fruits oléagineux sont pauvres en lysine.
Quant aux glucides, les jus végétaux en contiennent soit plus (10 g/100 ml pour le jus de riz versus 7,5 g/100 ml pour le lait maternel), soit nettement moins (3 g/100 ml pour le jus d’amande). Concernant les lipides, les jus végétaux en contiennent deux à trois fois moins : le jus d’amande en renferme 2 g/100 ml contre 4,5 g/100 ml pour le lait maternel.
Enfin, dans tous les jus végétaux, il y a très peu ou pas de calcium (seulement 2 g de calcium dans le lait de riz) et quasiment pas de fer (0,02 g de fer dans le jus d’avoine). « De plus, ajoute Patrick Tounian, ils sont sous forme native et, de ce fait, très mal absorbés ».
En résumé, « en dehors du lait maternel et des laits infantiles dont la composition a été modifiée pour couvrir les besoins nutritionnels du nourrisson et qui suivent une législation très précise, fait remarquer Danièle Holtzer, diététicienne (CHU de Besançon), les autres « laits » ne leur conviennent pas du fait de leur composition nutritionnelle non adaptée ».

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Laetitia Vergnac
D’après une communication du Pr Patrick Tounian 
Congrès des Sociétés de Pédiatrie (24-26 mai 2018)

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