L’obésité infantile: ne plus stigmatiser mais user d’outils pour la prévention avec le respect des habitudes et les souhaits du jeune

Le surpoids fait le lit de l’obésité. Surveiller l’IMC (index de masse corporelle) ne suffit pas toujours pour agir en amont chez un nourrisson ou un jeune enfant dont on sait déjà que dans les années à venir il aura un problème de surcharge.

De nombreuses campagnes « contre » l’obésité ont été organisées depuis des années, toutes vouées à l’échec puisque ce « syndrome maladie » ne va qu’en augmentant.

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Maladie? Oui et alors?

C’est compliqué, car plein d’éléments entrent en jeu, qui sont déterminants pour le devenir de l’enfant et de l’adolescent:

  • il n’y a aucune égalité en ce qui concerne le métabolisme de chacun: d’aucuns mangent comme quatre et ne prennent pas un gramme, d’autres collectionnent les kilos en faisant un petit écart: injustice, donc, mais c’est ainsi; il y a un « code barre » dans chacune de nos cellules et donc des limites à la gestion du poids « idéal ».
  • l’entourage familial: rien ne sert de donner mille conseils à un enfant si personne ne fait comme lui au sein de la famille: il ne comprendra pas pourquoi lui doit faire des efforts, alors que le petit frère prend des barres chocolatées chez grand-mère… et « lui on lui dit rien! »: sentiment d’injustice
  • lieu de vie: si l’accès à la cuisine et au contenu des placards est facile, surtout si le jeune est parfois livré à lui même (en fin de journée, les deux parents pas encore rentrés du boulot)= perte de chance, il va « se gaver » devant l’écran.
  • mode de vie: TV, écran, grignotage, le trio maudit
  • problème au sein de la famille: un décès? un divorce qui ne passe pas bien? L’enfant va compenser en « mangeant ». Pas toujours, mais c’est un facteur favorisant. L’aider à en parler avec le pédiatre ou un(e) psychologue, l’accompagner, c’est important.
  • conviction des parents: « dans la famille, vous savez on a tous ce problème ». Sortir de cette passivité, motiver l’entourage reste ce qu’il y a de plus difficile
  • petit déjeuner: si celui-ci est pris à l’arrache, la cause est quasi perdue.  Dès 10/11h du matin le cerveau va être en état de « manque » en terme de bonnes calories et l’enfant/ado va se mettre à grignoter sans vrai rythme= pas bon
  • dîner: autrefois on parlait de souper, c’était mieux. Ça rimait avec « léger ». Désormais, ce rendez-vous quotidien est le seul qui soit convivial, tout le monde y passe plus de temps que pour le petit-déjeuner. Du coup, on s’éternise, parfois même devant l’écran, on mange bien et on se ressert. Fatal. Pas besoin de faire un dessin pour comprendre que tout ce surplus va s’accumuler pendant la nuit. Donc réduire la voilure le soir au dîner, de moitié, c’est encore bien suffisant. L’idée: avoir un peu faim en sortant de table. Mais tout le monde doit faire pareil, sinon ça ne marche pas.
  • les goûters riches en sucres: facile d’utilisation, pas chers, pratiques à fourrer dans le cartable, mais pas bon pour l’organisme. À remplacer par un fruit et à laisser dans le magasin.
  • boire de l’eau, davantage
  • pratiquer du sport, au moins un peu: ne pas prendre l’ascenseur, marcher assez vite plutôt que faire du vélo, 1/2h de marche rapide par jour, à faire en famille le week-end, rien de tel.

Mais tout cela ne suffit pas toujours, on le sait bien!

Certains outils comme le site web www.ledietkids.fr peuvent aider pour la prise en charge de l’obésité infantile et surtout la prévention, fondé sur l’individualisation, le respect des habitudes et souhaits du jeune patient. Et pour éviter également de dramatiser, on tombe dans la psychose. L’obésité est une maladie, certes, mais ne faut plus montrer du doigt celui qui est « gros ». Et il reste beaucoup de chemin à parcourir, surtout à l’école. Le jeune ou la jeune ado qui met des vêtements amples sur lui (sur elle) pour cacher sa honte, ou qui ne veut pas aller aux séances de piscine, ou encore qui se fait traiter de « gros » dans la cour: quel drame et quelles traces cela va laisser pour toute la vie parfois.

Apprendre aux autres le mieux vivre ensemble et le respect mutuel.

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