Le « Binge drinking ou la biture express », qu’est-ce que c’est?

Un comportement à repérer

Binge Drinking, c’est boire beaucoup et rapidement. Cela peut hélas se voir parfois lors d’une grossesse qui n’est peut-être pas encore repérée chez la future maman. Le danger est énorme pour le foetus.

Et pour les adolescents, une sérieuse mise en danger: coma éthylique, accidents de la circulation, troubles hépatiques, traumatisme crânien, etc.

L’objectif est d’atteindre rapidement l’ivresse. On parle d’API (Alcoolisation Ponctuelle Importante).

Les jeunes de 17 ans

Une enquête montre que dans cette tranche d’âge, 17% d’entre eux ont eu entre un à trois API en 2017, ce qui est un chiffre important.

3% déclarent avoir été complètement ivres au point de vomir et d’avoir tout oublié.

L’OMS parle de Binge drinking au delà de 4 verres par occasion, chez les filles et 5 verres chez les garçons.

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0,80g/l d’alcoolémie en deux heures

L’alcoolémie atteint 0,80g/l après seulement 2 heures, ce qui correspond à la consommation de 4 à 7 verres.

Mais hélas certains jeunes vont bien au delà de 10 verres, parfois en une heure. Ils se surnomment les « Binge Drinkers extrêmes » ou encore BD à haute intensité.

Pourquoi font-ils ?

Ce comportement s’inscrit dans la recherche de sensation au travers des effets d’intoxication alcoolique, mais pour d’autres c’est le besoin de stratégie de coping, pour échapper ou faire face à certaines difficultés qu’ils éprouvent.

Désinhibition qui pour certains va les aider, en particulier les garçons, à aller vers les filles, ou à laisser s’exprimer leur sexualité parfois encore incertaine pour certains.

D’autres conséquences?

On observe une augmentation des prises de risque, en particulier sur la voie publique. Mais aussi un risque accru de viol (pour les autres mais aussi pour eux), une perte de mémoire, et une augmentation des relations sexuelles non protégées.

Et les drogues?

Naturellement, les drogues ( tabac, cannabis) font partie du panel chez un certain nombre, accentuant les risques.

Des conséquences sur le cerveau?

Des études grâce à l’imagerie (IRM) montrent en effet ce que nous appelons des patterns spécifiques qui vont concerner les processus exécutifs, mnésiques (la mémoire) et de cognition sociale. Et qui sont en plus dépendants du sexe.

Plus il y a d’épisodes de BD plus il y a échec scolaire, échec universitaire, perte de confiance en soi et difficultés pour la socialisation. Le BD devient hélas un facteur prédictif pour les médecins.

Des facteurs favorisants?

Des facteurs individuels, bien entendu: la génétique familiale, les histoires familiales de trouble de l’usage d’alcool, une sensibilité à la récompense, une impulsivité. 

Des facteurs environnementaux aussi: stress, publicité

Et socio-culturels: pression des pairs, c’est à dire les autres jeunes influenceurs. Celui ou celle à qui le jeune veut ressembler. Il veut faire partie du groupe. Il pense que le BD va l’y aider.

Vigilance dès l’âge de 12 ans

A cet âge se passe une bascule si l’accompagnement n’est pas bien fait et la vigilance absente. La pression de ces fameux pairs va prendre le dessus. Le jeune se soumet sans s’en rendre compte. Une sorte d’allégeance au groupe pour en faire partie.

L’exposition à l’alcool dans les films et les réseaux sociaux est une marque de fabrique qui incite hélas au BD.

Sexe féminin plus vulnérable

Les femmes constituent à elles seules un facteur de vulnérabilité. En effet, les études d’imagerie cérébrale ont montré des atteintes de la mémoire du travail visuo-spatiale plus spécifiques chez les filles.

Que faire?

Etre attentif à ce que fait son ado, anticiper, s’intéresser à ce qu’il fait et non le stigmatiser, ce qui alors ne fera que renforcer son besoin de tomber dans le BD.

Le dialogue, toujours le dialogue. Valoriser le jeune, et ne pas faire référence à ce que vous même avez connu, ça ne l’intéresserait pas, ce qui compte c’est lui, sa propre expérience. Le monde lui appartient, ne l’oubliez pas, donc de votre temps quand vous étiez jeune, forcément ce n’était pas pareil. Donc vous ne pouvez pas comprendre…etc…

Si vous bloquez, faites-en sorte que votre ado ait un référent en qui il a confiance: un frère, une soeur plus âgée? Un oncle, un grand parent? Un prof? Le pédiatre?

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