Avant 4 ans, attention à l’impact des écrans chez les petits enfants

Le Dr Anne-Lise Ducanda, médecin de protection materno-infantile, alerte avec ce film l’opinion publique sur les effets graves d’une surexposition massive et précoce aux écrans

Que penser des tableaux cliniques spectaculaires décrits par certains médecins ?

« Depuis un petit nombre d’années, tous les professionnels de la petite enfance, médecins pédiatres ou pédopsychiatres, mais aussi psychologues, enseignants de maternelle, personnel de crèche… constatent l’apparition de comportements inquiétants avec une fréquence croissante ».

Les signes sont nombreux

 « Retard de communication et de langage devenant patent vers 18-30 mois, prosodie particulière, centrage d’intérêt de plus en plus exclusif sur les écrans, difficulté de contact avec les autres enfants, conduites d’allure agressive, agitation et instabilité d’attention, manque d’intérêt pour les jeux habituels… Ces troubles ont été très bien résumés dans une vidéo postée sur YouTube en 2017 par les docteurs Terrasse et Ducanda, médecins de PMI ». (voir le film ci dessus)

On le sait, on en parle de plus en plus, la multiplication des écrans de toutes sortes, parfois une dizaine dans un même foyer, provoque une banalisation aboutissant à une modification des comportements de chacun autour de la table du déjeuner, dans le salon, dans les chambres, partout. 

Le jeune enfant de moins de 4 ans, en particulier avant 2 ans, va être la première victime de cette profusion et les interactions indispensables pour son développement, pas seulement cognitif, ne seront pas au rendez-vous. Et peu à peu il va montrer des défaillances, qui seront très visibles à son entrée à l’école: énervement, troubles de la concentration, irritabilité, fatigue, mauvaise compréhension de ce que l’enseignant cherche à lui transmettre, etc.

Si vous avez regardé ce film ci dessus jusqu’au bout, vous comprendrez mieux ce qui se passe, vous serez probablement plus attentifs dans l’avenir, vous n’aborderez plus le sujet des écrans auprès des enfants de la même manière. Vous serez sensibilisés et vous pourrez en parler autour de vous, avec d’autre parents, mais aussi avec tous les professionnels de l’enfance que vous aurez l’occasion de rencontrer.

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Trop d’écran n’est pas cause de l’autisme, ne pas confondre

Cependant, attention à ne pas faire d’amalgame. Trop d’écran chez un tout petit ne fait pas le lit de « l’autisme » comme on pourrait le croire après avoir visionné le film.

Voyez ci dessous des extraits de l’interview du pédopsychiatre-psychiatre, Daniel Marcelli, publié dans le Monde du 30 avril 2018Président de la Société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et disciplines associées (Sfpeada), professeur émérite de pédopsychiatrie, il s’est engagé aux côtés du Collectif Surexpositions écrans, dont fait partie le Dr Anne-Lise Ducanda (une des fondatrices) , médecin de protection materno-infantile, qui alerte avec son film l’opinion publique sur les effets graves d’une surexposition massive et précoce aux écrans.

Voilà vingt ans que les effets délétères de la surexposition des enfants et adolescents à la télévision ont été démontrés. Pourquoi cette nouvelle polémique chez les tout-petits ?

« Chez les moins de 3-4 ans, c’est un phénomène nouveau, datant d’une dizaine d’années. L’exposition s’est rapidement et massivement amplifiée du fait de la multiplication des écrans (console de jeux, smartphone, tablette, télévision, etc.) qui sont proposés comme jeux mais aussi prêtés par les parents ou la fratrie. Ils sont présents à tout moment dans la vie quotidienne : dans les magasins, les salles d’attente, les transports et même lors du repas ou de l’endormissement. Pour certains, l’écran devient un « compagnon de vie ».

Ces observations concernent toutes les couches de la population, mais le risque est sans doute plus important dans les familles vulnérables où un écran est offert aux enfants très jeunes avec l’espoir de stimuler son développement, faciliter les apprentissages… »

En quoi ce « compagnon de vie » peut-il affecter le développement ?

« Une évidence doit être rappelée : tous les écrans exercent une puissante attractivité qui entraîne une captation/fascination du regard chez le tout-petit. Devant la tablette, son corps est immobile, ses yeux grand ouverts et son visage souvent inexpressif, voire figé ! Ce pouvoir hypnotique s’explique par le fait que, dès la naissance, l’œil est attiré par le mouvement. Or, les vidéos programmées pour les enfants offrent un mouvement permanent.

Entre 6 et 18 mois, cette captation s’effectue au détriment de l’exploration manuelle, sensorielle, sensuelle, buccale si importante à cet âge pour mieux appréhender les objets du monde. Par la suite, la même surexposition ampute le besoin vital d’interaction avec les proches, rompant l’échange parent-enfant et sa remarquable synchronie relationnelle bien décrite par les scientifiques.

Cette période, dite de référence sociale, est essentielle à l’enfant pour comprendre « le sens du monde » dans un climat d’interaction partagée. L’écran vient perturber ce besoin, celui du petit enfant comme celui du parent affairé à une autre tâche ou capté lui-même par son smartphone, satisfait de voir l’enfant tranquille ! Cette privation interactive doit être différenciée de la carence affective ou de soin qui ne donne pas exactement les mêmes symptômes et n’entrave pas le développement de la même façon ».

Une EPEE de Damoclès? Une nouvelle pathologie?

« Un faisceau d’arguments cliniques plaide en faveur de la description d’un trouble neuro-développemental nouveau : l’exposition précoce et excessive aux écrans (EPEE), lié à un perturbateur environnemental (l’écran sous toutes ses formes) qui interfère dans les besoins développementaux du tout-petit.

Ce syndrome associe un retard de communication qui devient évident à partir de 2-3 ans, un intérêt devenant exclusif, une agitation et des troubles du comportement, une instabilité d’attention, etc. Il est susceptible de provoquer des confusions de diagnostic en particulier avec les troubles du spectre autistique (TSA) dont il doit être distingué. Contrairement aux enfants autistes, les enfants atteints d’EPEE ne détournent pas les yeux, du moins les plus jeunes, et surtout, la suppression totale des écrans s’accompagne rapidement d’une amélioration comportementale ».

Lire la suite de l’article dans Le Monde en cliquant ICI

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