Le baby blues, qu’est-ce que c’est?

C’est une période qui suit la phase d’accouchement, parfois dès le troisième jour, où nombre de femmes ressentent comme une perte d’énergie, une sorte de lassitude, avec sentiment de solitude, sautes d’humeur, des pleurs qui viennent pour rien. Parfois s’y rajoutent des troubles de l’appétit ou du sommeil. Ça ne dépasse pas les 8 jours en général. 50% des femmes peuvent être touchées. C’est le stade le plus léger de la dépression du post-partum (post= après et partum= mise bas) voir article 29

Tant de changements se sont passés depuis le début de la grossesse:

1/         L’arrivée de bébé, c’est la concrétisation d’une longue période de construction qui a commencé pour chaque femme dans la petite enfance, quand elle a pris conscience qu’elle était « programmée en quelque sorte » pour transmettre la vie. Depuis cette période de 6 à 7 ans où une fillette réalise qu’elle a un utérus, en passant par la puberté avec toutes les transformations du corps, l’arrivée de votre bébé est une étape plus que concrète, voire un aboutissement. Pas étonnant alors qu’après l’accouchement vous ressentiez comme une perte de repère, transitoire certes, mais bien palpable.

2/         Le poids des hormones est patent: cette imprégnation (ocytocine, endorphines) qui s’est faite progressivement au cours des mois, vous ne l’avez pas vue venir, et brusquement, maintenant que votre bébé est là, des transformations dans « l’autre sens » vont s’effectuer à grande vitesse.

3/         Du jour au lendemain, vous vous sentez responsable de votre bébé, conçu dans l’amour de l’autre et dans ce désir de transmettre la vie. Quoi de plus beau, mais aussi quoi de plus « flippant » parfois. Vous allez peut-être croire que vous n’y arriverez pas. Ça passera, vous serez entourée. Aimée par votre conjoint, votre compagne. Et votre bébé va vous le rendre au centuple.

4/         Le poids de la famille est indéniable: la crainte de ne pas être à la hauteur vous habite de manière inconsciente. N’écoutez pas tous les « bons? mauvais? » conseils que vous recevrez ici et là. S’ils partent bien sûr d’un bon sentiment, ils sont parfois générateurs de stress, car vous aurez l’impression que vous ne faites pas comme les autres. Mais vous êtes unique, votre bébé aussi. Et cette toute nouvelle relation qui va s’établir entre vous et lui est unique elle aussi. Vous vous découvrez l’un l’autre. Ne les laissez pas les autres s’approprier ces instants privilégiés.

5/         Vous ne vous sentez pas mère? Et alors ! Il n’y a rien d’inné dans l’amour qu’on éprouve pour un enfant. Chaque femme a son propre parcours de vie, avec tant de choses enfouies depuis si longtemps. Et tout d’un coup, voilà un bébé qui déboule; ne culpabilisez pas si ça ne vient pas tout de suite et que vous vous surprenez à regarder votre bébé en vous demandant ce qui vous arrive. Peut-être même en vous sentant incapable de l’aimer. Ça arrive, il n’y a pas de honte. Chaque nouvelle maman va vivre ce moment différemment. Ne vous comparez pas à d’autres femmes. Laissez le temps agir.

6/         Peut-être vous demandez-vous pourquoi vous avez voulu cet enfant? C’est une crise identitaire que nombre de femmes ont connue. N’oubliez pas: vous êtes l’origine du monde. Ce n’est pas rien.

 

Parlez-en autour de vous. Dans chaque maternité, il y a une équipe disponible. Ne cachez pas vos pleurs, c’est naturel, ça fait du bien. Des psychologues sont là, ou des psychiatres. Les sages-femmes sont habituées, elles sauront prendre le temps pour vous écouter, vous aider, vous apporter des réponses.

Pour comprendre:         le baby-blues, ça dure en général quelques jours. Et puis ça passe.

Un conseil: n’écoutez pas trop les conseils et laissez vivre votre bon sens, votre 6è sens, en particulier laissez vivre cet amour naissant pour votre nouveau-né.

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