La vision et l’ordinateur…chez les enfants

Deux millions de postes de travail avec écran en 1980, quatre fois plus en 1990. Et, en 1998, trois millions huit cent mille ordinateurs vendus. Que dire en 2015!  Tout le monde devant des écrans! 80 % de la population active utilise désormais l’ordinateur plusieurs heures d’affilée chaque jour, cinq jours sur sept et plus de trois cents jours par an ! Pas de surprise, à ce niveau, d’entendre les uns et les autres accuser ce fruit du progrès de leur abîmer la vue. L’ordinateur a bon dos : brûlures, picotements, démangeaisons des paupières ? C’est sa faute. Rougeurs et larmoiements ? Encore lui. Vision floue, sensation de voile ? Le coupable, c’est l’écran. Céphalées et sensations de vertige ? Encore et toujours le même responsable : l’ordinateur !

On le sait aujourd’hui : l’usage généralisé de l’ordinateur ne présente pas de risque majeur pour les yeux, que l’on soit adulte, enfant ou adolescent. En revanche, il met en évidence certaines anomalies visuelles, souvent ignorées, quand elles sont très faibles, par les propres intéressés : astigmatisme et hypermétropie latents, défaut de coordination des yeux (« strabisme caché », par exemple) si la distance de travail entre utilisateur et ordinateur n’est pas suffisante. Des conjonctivites lices à la sécheresse oculaire peuvent aussi être mises en évidence. L’œil fixé sur l’écran cligne moins qu’à la normale (10 à 15 fois/min), ce qui, en cas de sécrétion lacrymale initialement basse, s’accentue de façon très sensible. Mais on accuse à tort l’ordinateur de tous les maux, même des plus graves.

Pour celle qui fait du traitement de texte ou pour le spécialiste en saisie de données, ce sont les allées et venues constantes des yeux entre le document, l’écran, et le clavier qui entraînent une fatigue oculaire et nerveuse, même si, aujourd’hui, les écrans sont de plus en plus élaborés : antistatiques, filtre… Une fatigue d’autant plus prononcée que les recommandations des ergonomes et des spécialistes de la vue sont souvent ignorées : on est mal assis, les documents sont mal placés, la lumière inadéquate, et l’indispensable pause écran de cinq minutes tous les trois quarts d’heure n’existe guère que dans les livres. »Je m’imagine mal répondre à mon patron que je suis en pause écran au moment où il me réclame un travail urgent », explique Sylvie, une secrétaire de 29 ans. Elle a peut-être tort car la pause écran ne doit jamais être négligée et représente un gain de temps substantiel car elle diminue la fatigue oculaire.

De leur côté, les mères de famille s’inquiètent en voyant leurs enfants les yeux rivés des heures durant sur leur écran pour s’adonner à leur passion : les jeux vidéo. Courent-ils un risque de s’abîmer la vue ? « Aucun, répondent les spécialistes, si ce n’est celui, non négligeable, de les voir basculer dans un monde virtuel alors que, à leur âge, ils ont davantage besoin de s’exprimer autrement, de se dépenser physiquement. »

Il est important de respecter ces recommandations :

  • Positionner l’écran perpendiculairement, éloigné des fenêtres pour éviter des reflets parasites et les trop violents contrastes entre la lumière derrière l’écran (donc face à l’œil) et celle de l’écran lui-même. Régler la luminosité pour obtenir un bon contraste entre le fond et les caractères.
  • Le regard se dirigeant naturellement entre 20 ° et 30 ° vers le bas par rapport à l’horizontale, I’écran doit être installé en conséquence.
  • Les distances oeil-écran, oeil-clavier, oeil-document doivent être sensiblement égales (entre 40 et 60 centimètres des yeux).
  • Utiliser un lutrin (c’est-à-dire un pupitre) à côté de l’écran et à la même distance des yeux que l’écran (40 à 60 cm) pour y poser ses documents.
  • Le siège doit être réglable, les genoux pliés à angle droit, les pieds bien à plat sur le sol, et le dossier à inclinaison variable.
  • Les poignets et les mains le plus proche possible de l’horizontale sans cassure au niveau des poignets, coudes à angle droit, sans étirer les bras.
  • Proscrire les surfaces brillantes (sous-main par exemple).
  • éviter de mettre le rétro éclairage de l’écran trop puissant par commodité: gare à la DMLA ou aux néovaisseaux qui saignent sur la rétine quelques décennies plus tard!!
  • Pas de fond d’écran trop coloré (cela sollicite trop l’accommodation de l’œil).
  • Disposer d’une source lumineuse ponctuelle – choisir une lampe à incandescence, de type architecte, de préférence à une lampe halogène – et d’une source lumineuse globale, un plafonnier par exemple.
  • Installer un humidificateur (ou un récipient rempli d’eau) dans la pièce, notamment si l’on porte des lentilles de contact.
  • Respecter une pause régulière en cas d’utilisation intensive.

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