Corps étrangers respiratoires

A l’occasion du congrès de 1′ERS qui se tient actuellement à Madrid, un inquiétant bilan a été dressé : environ 7 % des décès d’enfants de moins de 4 ans sont imputables à l’inhalation de corps étrangers, par asphyxie fatale. La cacahuète est en cause une fois sur deux. Or, il suffirait que, sur l’emballage, une notice déconseille clairement de laisser ces produits à la portée des tout-petits.

Une cacahuète, un trombone, une noix, des céréales, un capuchon de stylo, des épingles, du saucisson, des petits jouets, voire un simple brin d’herbe… Un catalogue qui ne doit rien à Prévert, mais qui recense différents objets que le pneumologue est susceptible de trouver dans les bronches d’un jeune enfant.

Syndrome de pénétration
Quelle est la conduite à tenir chez un enfant ayant présenté un syndrome de pénétration, caractérisé par une asphyxie ou des suffocations qui alertent l’entourage ? Lorsqu’on a cette notion de syndrome de pénétration, il ne faut pas oublier que, dans environ la moitié des cas, le corps étranger reste à demeure après disparition des symptômes, même si, dans l’autre moitié des cas, il est recraché.

IL peut se passer trois semaines avant qu’une symptomatologie apparaisse (signes d’infection, dyspnée…). IL importe donc de pratiquer une exploration dans les plus brefs délais. La fibroscopie exploratrice s’impose, explique le Dr Charles-Hugo Marquette (centre hospitalier de Lille). Si l’existence du corps est prouvée, on réalise alors une bronchoscopie, examen plus traumatisant, mais plus efficace pour retirer l’objet. La fibroscopie se pratique sous anesthésie locale, est moins invasive, mais peu de place est laissé aux instruments de préhension miniaturisés; l’extraction du corps étranger est donc plus difficile.

La bronchoscopie nécessite une anesthésie générale, mais l’extraction peut être réalisée à moindre risque, car l’enfant respire à travers le bronchoscope rigide au travers duquel les pinces préhensibles peuvent facilement transiter. Le spécialiste lillois déplore qu’il n’existe aucune campagne de sensibilisation ou de prévention concernant ce problème.

Dans environ un cas sur deux, la cacahuète est en cause. « 11 suffirait d’une notice sur les emballages qui déconseille clairement de laisser ces produits à la portée des tout-petits », explique le Dr Marquette. Sans omettre que le danger peut venir d’ailleurs : un praticien croate (Dr Neven Pavlov, hôpital universitaire de Split) rapporte le cas d’un garçon de 10 ans qui a présenté un emphysème et un pneumothorax partiels après inhalation d’un brin d’herbe. Les enfants introduisent les petits objets dans la bouche, mais aussi dans les narines et les enfants en bas âge mastiquent incomplètement. Dr Béatrice VUAILLE

Communication au congrès de l’ERS (European Respiratory Society), Madrid
Dans certains cas, le diagnostic de corps étranger n’est pas fait immédiatement. Le diagnostic de «corps étranger ancien » est : alors envisagé plus tard en cas de toux chronique, d’hémoptysie, de syrnptomatologie asthmatique, de signes radiologiques persistants ou récidivants dans le même territoire (PneumoPathie, dilatation de bronches), d’abcès du poumon et de pleurésie.

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